Semaine du 18 au 24 avril 2018 - Numéro 1221
Rania Al-Machat : Les perspectives du tourisme sont très prometteuses en Egypte 
  Rania Al-Machat, ministre du Tourisme, explique le plan de travail du ministère pour développer le secteur, augmenter le nombre de touristes et améliorer les recettes de cette industrie cruciale pour l’économie égyptienne.
Rania Al-Machat : Les perspectives du tourisme sont très prometteuses en Egypte
Dalia Farouq18-04-2018

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont les priorités du ministère afin de déve­lopper le tourisme en Egypte ?

Rania Al-Machat : La formation du personnel et l’amélioration des services touristiques offerts en Egypte sont les priorités du minis­tère à l’heure actuelle. Notre objec­tif est de redorer l’image de l’Egypte et d’attirer à nouveau les touristes des 4 coins du monde. En outre, nous travaillons pour hono­rer nos obligations financières envers nos partenaires à l’étranger, qu’il s’agisse de compagnies aériennes ou de tour-opérateurs avec lesquels nous organisons des campagnes de marke­ting, afin deredonner confiance à nos parte­naires à l’étranger.

— Quels sont les pro­grammes de formation que vous comptez mettre en place ?

— En fait, les pro­grammes de formation sont gelés depuis 2011 à cause des problèmes financiers qu’a affrontés le secteur. La majeure partie du personnel bien formé et expérimenté a quitté le secteur pour d’autres métiers en raison des reve­nues maigres engendrés par la chute du nombre de touristes. Ainsi, nous avons mis en place des programmes de formation en coopération avec l’Union des chambres de tourisme ou avec les gouvernorats touris­tiques. Le but est de former 50 000 personnes qui pourront servir 250 000 chambres actuellement en Egypte.

— Comment entendez-vous améliorer les services présentés dans les établissements touris­tiques ?

— Je pense qu’il est temps de reprendre le programme Nouvelles Normes (New Norms) de réévalua­tion des hôtels. Ce programme a été lui aussi retardé à cause du déficit budgétaire dont souffraient les hôtels. Ce nouveau système exige des critères plus fermes en ce qui concerne les infrastructures, les équipements, le respect des normes écologiques et sanitaires, ainsi que les services présentés pour évaluer le nombre d’étoiles que mérite chaque hôtel. Egalement, nous voulons intensifier les campagnes d’inspection sur les établissements touristiques, afin de nous assurer de la qualité des services.

— Mais les établissements tou­ristiques sont en mauvais état depuis plusieurs années, com­ment peuvent-ils respecter ces nouvelles normes ?

— Nous voulons relancer le fonds Papyrus qui a été créé en coopéra­tion avec la caisse du tourisme et la caisse Ayadi, afin d’aider les hôtels financièrement à se restructurer et à améliorer leurs infrastructures et leurs services. Cette caisse ne ren­ferme que 50 millions de L.E., ce qui est insuffisant à l’heure actuelle, et l’on cherche à lui trouver d’autres sources de financement. En outre, on étudie également les moyens de relancer l’initiative de la Banque Centrale lancée l’année dernière et qui a aussi pour objectif de financer les hôtels qui ont des problèmes financiers.

— Quelles sont les perspectives de développement du tourisme ?

— Les perspectives sont promet­teuses, surtout avec les recettes positives du premier trimestre de cette année. En fait, le secteur du tourisme témoigne d’un certain rétablissement depuis l’année der­nière avec 8,3 millions de touristes en 2017, soit 53,7% de hausse en comparaison avec l’année 2016. En outre, selon le rapport de l’Organi­sation Mondiale du Tourisme (OMT), l’Egypte a été en 2017 la deuxième destination touristique en voie de développement, et cela devrait continuer. En plus, nos bureaux de pro­motion touristique à l’étranger affirment que l’image de l’Egypte a beaucoup changé au cours des derniers mois, et que la demande sur les séjours touristiques en Egypte est en hausse.

— Quels seront vos outils de promotion pour la saison 2018-2019 ?

— En fait, le dossier de la promo­tion du tourisme a été l’axe principal de mon entretien avec le président Abdel-Fattah Al-Sissi il y a quelques semaines. Pendant 4 heures, j’ai expliqué au président la nouvelle stratégie de promotion du tourisme qui sera basée sur la création d’une marque commerciale déposée pour le tourisme égyptien ainsi que sur l’orientation vers de nouveaux mar­chés émergents en matière de tou­risme, notamment les marchés asia­tiques, comme la Chine et l’Inde, et ceux d’Amérique latine, comme le Brésil et l’Argentine, ou les marchés de l’Europe de l’Est, comme la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, en plus de l’Ukraine et de l’Azerbaïdjan. On accorde aussi beaucoup d’intérêt à la promotion du tourisme par les moyens technolo­giques modernes, comme les réseaux sociaux et les applications mobiles.

Rania Al-Machat : Les perspectives du tourisme sont très prometteuses en Egypte
Le gouvernement entend développer les stations balnéaires de la mer Rouge.

Dans ce cadre, on vient de signer un protocole avec la compagnie de por­tables Huawei, qui est la compagnie de portable numéro 1 sur le marché chinois, afin de faire la promotion du tourisme égyptien sur leurs por­tables. En outre, nous allons pour­suivre les campagnes de promotion lancées sur les marchés européens. Celles-ci ont eu un bon écho. Nous continuerons à subventionner aussi des vols charters vers les destinations qui souffrent d’un déficit, et nous lançons des cam­pagnes de co-marketing avec les grands tour-opérateurs de par le monde.

— Mais les marchés émergents ont tou­jours été confrontés au problème du transport aérien, surtout les marchés lointains, comme la Chine ?

— C’est vrai, mais nous travaillons sur ce dossier en coopération étroite avec le ministère de l’Aviation qui éprouve une grande compréhension à cet égard. Nous avons environ 3 vols vers la Chine par semaine, soit Pékin, Shanghai et Ganzhou, et ils peuvent augmenter si la demande augmente.

— Les prix très bas des séjours en Egypte affectent les recettes. Comment peut-on revenir à des prix convenables ?

— C’est vrai que les prix des offres touristiques en Egypte sont très bas en comparaison avec les atouts tou­ristiques. Mais le tourisme est un business qui est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Je pense que lorsque la demande reprendra, les professionnels du tourisme pour­ront rehausser les prix. Et lorsque les inspections sur les services seront fermes et que les cadres bien formés retrouveront leurs places dans le sec­teur, les frais de fonctionnement des établissements touristiques vont aug­menter, et les prix des séjours aug­menteront par la suite.

— Qu’en est-il de la Coopération avec l’OMT ?

— L’OMT va tenir sa 44e réunion pour le Moyen-Orient en Egypte les 8 et 9 avril prochains à Charm Al-Cheikh. En outre, l’OMT avait publié un bulletin très important concernant les efforts du gouverne­ment égyptien pour relancer le tourisme. En outre, le secrétaire général de l’Organisa­tion Zurab Pololikashvili a aussi proposé d’accorder une aide technique à l’Egypte, afin de réali­ser la stratégie de déve­loppement du tourisme durable selon la vision de l’Egypte 2030.

— Qu’en est-il des investisse­ments touristiques en Egypte à l’heure actuelle ?

— Il existe en Egypte plusieurs régions qui sont aptes à recevoir des investissements touristiques, comme la région d’Al-Alamein sur la Côte- Nord à l’ouest, ou la région d’Al-Galala, près de Suez à l’est. A noter que l’Egypte possède encore des régions touristiques vierges qui pour­raient recevoir de tels investisse­ments, mais ce dossier va attendre un peu, et nous nous concentrons actuel­lement sur le bon fonctionnement et l’efficacité des sites touristiques actuels du point de vue des infras­tructures et des services présentés.

— Quel est le rôle du ministère du Tourisme dans le méga-projet NEOM que l’Egypte va réaliser en coopération avec l’Arabie saou­dite ?

— Ce projet est encore entre les mains du ministère de l’Investisse­ment. C’est un projet à long terme qui aidera sans doute à développer le tourisme dans les stations balnéaires de la mer Rouge. Mais on ne va pas attendre le début du projet et l’on va commencer à développer nos sta­tions balnéaires, notamment Charm Al-Cheikh et Hurghada.




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