Semaine du 11 au 17 avril 2018 - Numéro 1220
Sherif El-Razzaz : La musique contemporaine fait partie de la culture égyptienne
  3 questions à Sherif El-Razzaz, clarinettiste et fondateur de la Société égypto-européenne de musique contemporaine.
Sherif El-Razzaz
Névine Lameï11-04-2018

Al-Ahram Hebdo : Pouvez-vous nous parler de la Société égypto-européenne de musique contemporaine, de son histoire et de ses objectifs ?

Sherif El-Razzaz : La Société égyptoeuropéenne de musique contemporaine (European-Egyptian Contemporary Music Society, EECMS, ndlr) est une association à but non lucratif, dont le siège se trouve en Allemagne. Nous avons organisé, en 2009, une première biennale à la Bibliothèque d’Alexandrie, sur la musique contemporaine. Et ce, dans le but de créer en Egypte une plateforme solide au profit de cette scène musicale naissante. En 2011, au lendemain de la révolution, la deuxième biennale de l’EECMS a été annulée.

En ces temps de stagnation qu’a connus l’Egypte, l’EECMS n’a jamais fermé ses portes. Puis nous avons remplacé la biennale par la tenue de journées de musique contemporaine, toujours en collaboration avec la Bibliothèque d’Alexandrie. Ensuite, nous avons travaillé en coopération avec l’Université américaine du Caire, notamment le département d’art visuel, afin d’organiser ces journées musicales, de 2010 jusqu’à présent. C’est justement en 2010 qu’est né l’Ensemble égyptien de musique contemporaine (The Egyptian Contemporary Music Ensemble, ECME, ndlr), dans le but de soutenir financièrement les jeunes compositeurs égyptiens et les aider à produire leurs créations musicales.

L’EECMS coopère aujourd’hui avec plus de quarante organisations culturelles de par le monde. Son intérêt est de contribuer à confirmer l’identité égyptienne à travers des concerts annuels, soutenus par l’AUC et par le Conservatoire du Caire. Ensemble engagé, l’ECME est l’unique membre représentatif du monde arabe et de l’Afrique du Nord au sein de la Société internationale pour la musique contemporaine (International Society for Contemporay Music, ISCM, ndlr). Je crois que la musique contemporaine fait partie de la culture égyptienne.

— L’EECMS est accueilli, au cours de cette année, dans divers espaces culturels cairotes, ainsi que des galeries ouverts gratuitement à tous les publics. Quoi d’autre de nouveau ?

Pour la première fois, une série de discussions musicales se déroulera dans des galeries cairotes, et ce, dans le but de marier musique et arts plastiques. Les discussions traiteront, en général, du marché de la musique, notamment des droits d’auteur ou de la sociologie de l’art. Les journées de l’EECMS invitent, cette année, l’Allemand Arne Vierk, qui sera le 19 avril à l’Université américaine du Caire. Il s’agit d’un spécialiste en live electronic music, qui parlera de ce genre de musique, qui peine à se développer en Egypte, étant donné l’absence de studios spécialisés.

La liste des spécialistes invités est longue. D’Espagne, il y a le percussionniste Luis Tabuenca, le 15 avril, également à l’Université américaine, de Palestine, la luthiste Kamilya Jubran, le 26 avril à la galerie ArtTalks, d’Allemagne, le compositeur Hannes Seidl, le 22 avril à la galerie Machrabiya et le 24 avril à l’Université allemande du Caire, d’Angleterre, Cathy Graham, directrice musicale du British Council, le 22 avril au Centre des arts). Et de Cologne, le fameux saxophoniste compositeur Oliver Schneller, un spécialiste en medium électronique et acoustique, qui travaille sur les questions de spatialisation. Il est le 22 avril au Conservatoire du Caire.

— Qu’en est-il de l’événement Soti Sotak Sotna (ma voix, ta voix, notre voix), qui va clôturer les Journées de la musique contemporaine au théâtre Al-Hanaguer le 29 avril ?

Soti Sotak Sotna est un projet musical collectif et unique en son genre, visant à organiser plusieurs rencontres et ateliers créatifs, dirigés par le compositeur égyptien Khaled Dagher. Le projet réunit des compositeurs arabes et allemands, fort présents sur la scène musicale contemporaine. A savoir Khaled Kaddal, Hannes Seidl, Brigitta Muntendorf, Kamilya Jubran, Jacqueline George, Ola Saad et Bahaa Al-Ansari.

Ensemble, ils sont à la recherche de nouvelles perspectives et le résultat de leur travail d’atelier sera joué le 29 avril, pendant une heure et demie, par l’Ensemble égyptien de musique contemporaine. La soirée du 29 offre des univers sonores et musicaux variés qui reflètent la personnalité de chacun des compositeurs ainsi que leurs expériences. Le projet sera ouvert, durant l’année 2019-2020, à d’autres artistes qui souhaitent y participer.

Voir page Calendrier pour le programme détaillé.




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