Semaine du 11 au 17 avril 2018 - Numéro 1220
Subitement père
  Dans son premier long métrage, Ali Baba, le jeune réalisateur Walid Al-Halafawi baigne dans le socio-comique classique. Une oeuvre commerciale et simpliste dans l’ensemble.
Subitement père
Une comédie peu réussie à la sauce commerciale.
Yasser Moheb11-04-2018

Que faire lorsqu’on découvre du jour au lendemain qu’on est devenu père, malgré soi et que l’on doit désormais prendre soin d’une fille ? Est-ce qu’il faut dire adieu à la liberté ? Ce sont les questions soulevées par la nouvelle comédie Ali Baba (papa Ali), écrite et jouée par Karim Fahmi, réalisée par Walid Al-Halafawi.

C’est l’histoire d’un jeune homme d’affaires, un célibataire endurci, Ali Al-Qalla, interprété par Karim Fahmi. Entouré par un ami/assistant, planeur de toutes ses aventures sensationnelles et d’un avocat conservateur, il mène une vie de fêtard. Puis d’un coup, son existence chamboule, découvrant qu’il est le père d’une jeune femme dans la trentaine qui travaille comme danseuse orientale (la comédienne Ayten Amer). La mère de cette dernière était en fait une servante qui a travaillé pour ses parents à un moment donné, avec qui, adolescent, il avait eu une relation sexuelle.

Du coup, outre ses problèmes financiers, il doit concilier ses cocktails de VIP, ses rendez-vous amoureux, les cours de danse de sa fille et les bagarres avec les intrigants qui l’entourent. Malgré tant de mésaventures, Ali découvre que l’argent et les hordes d’amantes ne font pas le bonheur. Le scénario comporte de nombreuses coïncidences peu crédibles et incohérentes, qui engendrent des situations troublantes et des rapports suspects.

La dernière demi-heure du film reste la plus posée, vu qu’elle éclaire enfin le spectateur sur la vraie nature des protagonistes et de leurs philosophies de vie. Ali Baba surfe une fois de plus sur l’éternel thème du conflit entre la vie du célibat et celle de famille. Le père et la fille se trouvent contraints de vivre ensemble. La ficelle est bien connue et, comme toujours, grossie à l’extrême : le père, souvent égocentrique et superficiel, n’a pas le profil du papa gâteau tandis que la fille, assez manipulatrice, est à mille lieux de l’ingénue.

Jeu sans bémols

Si l’histoire n’a pas, dans sa base, la capacité de surprendre ni par son originalité ni par sa crédibilité, elle parvient toutefois à faire bonne figure, en restituant un récit somme toute réussi. Mêlant compétition amoureuse, situations parentales cocasses et rivalité générationnelle, elle dispose d’une dynamique qui place au coeur de l’oeuvre la relation humaine, berçant sans cesse entre comédie légère et dramatique.

L’émotion provient essentiellement de deux personnages principaux. La lente évolution de la relation qui les conduit tout droit vers l’amour filial est, en effet, bien traitée par deux acteurs donnant irréprochablement ce qui leur est demandé. Mais même si les acteurs jouent bien ou au moins sans bémols, les situations préfabriquées manquent d’humour crédible. Mohamad Sarwat, Ahmad Fathi, Sabri Fawwaz, Ayten Amer et même Haïdi Karam, tous s’avèrent irréprochables dans leurs rôles. Bref, il s’agit d’un énième film commercial, produit par la famille Al-Sobki. Une trame creuse et répétitive, pour un public d’adolescents .




Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire