Semaine du 11 au 17 avril 2018 - Numéro 1220
Trump et la question syrienne
Al-Ahram Hebdo11-04-2018
 
 

Les Etats-unis se retireront-ils de la Syrie ? Dans des déclarations cette semaine, le chef des renseignements américain, Dan Coats, a déclaré que l’Administration américaine avait pris une décision sur l’avenir de la présence militaire des Etats-Unis en Syrie et l’annoncerait « bientôt ». Il n’a toutefois précisé ni la teneur de la décision, ni le moment précis de son annonce prochaine. Donald Trump avait exprimé à plusieurs reprises ces derniers jours son souhait d’un retrait rapide des quelques 2 000 soldats américains déployés dans ce pays pour lutter contre les djihadistes de Daech.

« Nous avons largement réussi face à Daech, mais parfois, il est temps de rentrer à la maison. Et nous pensons à ça très sérieusement », avait déclaré le chef de l’exécutif américain. Et d’ajouter : « Je veux ramener nos troupes à la maison », promettant de prendre une décision très rapidement, en coordination notamment avec les alliés des Etats-Unis. En dépit de ces déclarations du président américain, un retrait rapide des troupes américaines de Syrie paraît peu probable. Trump est déjà en conflit avec les responsables de son administration sur la question syrienne. L’ancien secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, avait laissé entendre que les Etats-Unis resteraient en Syrie « jusqu’à ce que la stabilité y soit rétablie ».

« Les Etats-Unis ne répèteront pas l’erreur d’Obama en 2011 lorsqu’il a retiré les troupes américaines d’Iraq, alors que le pays était instable », avait déclaré Tillerson. Interrogé cette semaine par le Congrès, le général Votel, chef du commandement central américain, a également laissé entendre qu’il était préférable que l’armée américaine « reste quelque temps encore en Syrie ». Trump lui-même n’a donné aucune date précise à un départ américain de Syrie. Après tout, le chef de la Maison Blanche pourrait facilement se rétracter. N’avait-il pas auparavant prôné un départ d’Afghanistan avant de revenir sur sa décision et d'ordonner finalement une augmentation des troupes américaines dans ce pays ?

D’un point de vue américain, un désengagement de Syrie signifierait une extension de l’influence iranienne dans ce pays. Un fait qui pourrait inquiéter grandement les alliés des Etats-unis dans la région, notamment Israël. En outre, si Daech a été défait, un départ prématuré des troupes américaines pourrait favoriser un retour du groupe intégriste, ce que les Américains ne veulent évidemment pas. Ainsi, pour les responsables américains, il est impossible de quitter la Syrie avant de stabiliser totalement les zones libérées de l’emprise de Daech.

Enfin, quitter prématurément la Syrie reviendrait, du point de vue américain, à laisser le champ libre à la Russie, qui soutient militairement le régime de Bachar Al-Assad depuis 2015. Trump fait donc preuve d’un optimisme démesuré, estiment les responsables de son administration .



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