Semaine du 14 au 20 mars 2018 - Numéro 1216
Le général Khaled Okacha : Les opérations doivent se poursuivre jusqu’à ce que le pays soit débarrassé des terroristes 
  Le général Khaled Okacha, membre du Conseil national de la lutte antiterroriste, revient sur les avancées de l’opération Sinaï 2018 et explique pourquoi il s’agit de la plus vaste campagne antiterroriste, tant sur le plan opérationnel que géographique.
Khaled Okacha
May Atta14-03-2018

Al-Ahram Hebdo : Comment éva­luez-vous les résultats de l’opéra­tion Sinaï 2018 jusqu’à présent ?

Khaled Okacha: Jusqu’à présent, l’opération Sinaï 2018 est un grand succès. Les résultats sont très satisfaisants. Les forces de l’armée de l’air ont pu détruire des centaines de caches et d’abris, des centres de communi­cation et bien d’autres foyers terroristes. Sans compter les terroristes arrêtés ou abattus.

— Pensez-vous que les trois mois détermi­nés que doit durer l’opération Sinaï 2018 soient suffisants pour venir à bout du terro­risme dans le Sinaï ?

— Les opérations doivent se poursuivre jusqu’à ce que le pays soit débarrassé des ter­roristes. L’opération Sinaï 2018 diffère consi­dérablement des opérations antiterroristes pré­cédentes. Ces dernières étaient rapides, se focalisant sur des cibles précises. Mais l’opéra­tion Sinaï 2018 a pour but de détruire la tota­lité de l’infrastructure des terroristes. Elle a aussi pour objectif de contrôler les frontières. C’est une opération qui couvre en fait l’en­semble du territoire égyptien. Il ne s’agit pas seulement du Sinaï. C’est une vaste opération antiterroriste dont le théâtre est aussi bien le Sinaï que le Delta et les zones désertiques de l’ouest de la Vallée du Nil. Et pour réaliser l’objectif voulu, les forces armées ont besoin de plus de trois mois.

— Vous avez parlé de la différence entre Sinaï 2018 et les précédentes opérations antiterroristes en ce qui concerne son ampleur. Qu’en est-il des différences dans les techniques mêmes ?

— Après la défaite du groupe terroriste Daech en Iraq et Syrie, ses membres ont com­mencé à fuir ces deux pays et se sont dirigés vers d’autres, comme l’Egypte ou la Libye. La destruction de l’infrastructure des terroristes dans le Sinaï, au cours de cette opération, a révélé à quel point ces éléments terroristes avaient pénétré dans la région. Face à l’arrivée de ces terroristes, le but est de détruire leurs foyers et leurs centres logistiques afin de les éliminer. Cette fois-ci, les forces armées ont usé d’une force écrasante, avec le recours aux bombardements aériens et à l’artillerie. Grâce à cela, l’armée de l’air, en collaboration avec les gardes-frontières, est parvenue à imposer un contrôle total sur les régions frontalières ouest et sud. Les forces armées ont pu aussi pénétrer pour la première fois dans les foyers des groupes terroristes au Sinaï.

— Le porte-parole de l’armée a annoncé, jeudi 8 mars, que plus de 16 de ses membres avaient été tués. Est-ce un grand nombre quand il s’agit d’une opération d’une telle ampleur ?

— Non. Car Sinaï 2018 est une opération d’envergure. Cela dit, c’est avant tout une opé­ration militaire et il est naturel qu’il y ait des victimes au sein des forces armées. En outre, cela prouve que les membres des groupes ter­roristes sont nombreux et dangereux. Ils ne veulent pas abandonner leur but terroriste et ils tentent de riposter aux attaques des forces armées.

— Y a-t-il une collaboration entre les forces armées et les habitants du Sinaï ?

Les habitants coopèrent bien avec l’armée lors des opérations de fouille. Cette fois-ci, ils ont une grande volonté de mettre fin au terro­risme. Bien sûr, la vie est difficile au Sinaï dans un tel environnement. Le quotidien des gens est affecté par les opérations militaires, notamment en ce qui concerne la circulation et l’approvisionnement en produits alimentaires et en essence. Mais les habitants sont convain­cus que c’est le prix à payer, qu’il est normal de le payer, le but étant d’anéantir le terrorisme pour que la vie reprenne son cours naturel. Tout le monde a réalisé que le terrorisme ne faisait pas la différence entre militaires, poli­ciers ou civils. C’est peut-être à cause de cela que le soutien aux forces de l’ordre a aug­menté.

— Mais pourquoi a-t-il fallu attendre environ quatre ans avant de lancer Sinaï 2018 ?

— Cette longue préparation était nécessaire pour définir les objectifs précis de l’opération. Au début, un énorme effort a été fourni pour collecter les informations, recenser les cibles sur l’ensemble du territoire national et garantir la sécurité des sites d’importance vitale au cours des opérations de déploiement, d’affron­tement et de ratissage. A la différence des opérations précédentes Aigle ou Droit du mar­tyr, cette opération implique toutes les branches militaires : l’armée de l’air, l’armée de terre et la marine. Elle implique aussi la police et les gardes-frontières. C’est une mobilisation sans précédent dans l’histoire de la guerre antiterro­riste en Egypte.

— Quel message porte l’opération Sinaï 2018 à l’étranger ?

— Cette opération antiterroriste est porteuse de plusieurs messages. Elle porte un message pour tous les pays, comme la Turquie et autres, qui essaient de menacer la stabilité de l’Egypte. Elle donne la preuve que l’Egypte possède une armée capable de faire face au terrorisme et de l’éradiquer. Une armée également capable d’affronter n’importe quel pays qui penserait s’en prendre à l’Egypte.




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