Semaine du 28 février au 6 mars 2018 - Numéro 1214
Exemple de deux pays au bord de la famine
Sabah Sabet avec agences28-02-2018
 
  Les conflits sont l'une des causes principales des crises alimentaires qui sévissent en Afrique. Exemple de deux pays au bord de la famine, le Soudan du Sud et la Somalie.

Soudan du Sud, une guerre civile qui menace de famine la moitié de la population

Depuis 2011, date de la création du Soudan du Sud après sa séparation du Soudan, ce plus jeune Etat du monde est en guerre civile perpétuelle qui a fait plusieurs milliers de morts et donné lieu à une catastrophe humanitaire. La guerre civile meurtrière a notamment fait rage en 2013. A l’origine, une rivalité politique entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar sur fond de conflit ethnique.

Dans ce conflit, la faim est utilisée comme une arme, ce qui a entraîné la population dans une grave insécurité alimentaire. En février 2017, une partie du pays a été officiellement déclarée en famine, menaçant jusqu’à cinq millions de personnes. Selon l’Onu, 42% de la population, soit 4,9 millions de Sud-Soudanais, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Une situation liée directement au comportement de Juba. « Les éléments suggèrent que la famine (…) est le résultat du conflit prolongé, et en particulier, du tribut cumulé des opérations militaires menées par le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM/A) au gouvernement (…), du déni d’accès à l’aide humanitaire, principalement par le SPLM/A au gouvernement et des déplacementsde populations liés à la guerre », selon le dernier rapport du Conseil de sécurité, daté de mars 2017.

Cette situation a donné lieu à une autre catastrophe humanitaire avec un important déplacement de population. Selon le Haut-Commissariat de l’Onu pour les Réfugiés (HCR), des milliers de Sud-Soudanais, dont 80% des femmes et des enfants, ont trouvé refuge au Soudan. La plupart d’entre eux sont des fermiers et des éleveurs, pillés par des groupes armés, qui ont perdu leur bétail et n’ont eu aucune récolte lors des trois dernières saisons de moisson.

La Somalie, une instabilité chronique et des famines à répétition

En constante instabilité politique depuis plus de deux décennies, la Somalie a déjà souffert de famine deux fois en 25 ans. Et elle est à nouveau menacée. D’abord, à cause d’une énième sécheresse qui ravage l’est de l’Afrique. Au cours de ces trois dernières années, les sécheresses ont privé les populations de nourriture à tel point que la moitié du pays est aujourd’hui dans l’attente d’une aide alimentaire d’urgence. Les Nations-Unies tirent donc la sonnette d’alarme. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que plus de 6,2 millions de Somaliens— soit la moitié de la population— ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, dont près de 3 millions souffrant de la faim.

Si la sécheresse est le premier facteur du manque de nourriture, la guerre civile a aussi ses effets catastrophiques. Les nouvelles autorités de ce pays, rongé par deux décennies de guerre et de crises humanitaires à répétition, ont décrété fin février 2017 l’état de « catastrophe nationale ». Les militants Shebab, affiliés à Al-Qaëda et qui contrôlent la majeure partie du sud somalien, refusent de laisser les humanitaires venir au secours des populations.

En mars 2017, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a appelé la communauté internationale à se mobiliser massivement pour éviter le pire. « C’est la situation dramatique dans laquelle se trouvent des pays tels que la Somalie qui produit le terrorisme ». Rien n’a pourtant été fait depuis. En 2011, une crise alimentaire semblable avait fait260000 morts dans une indifférence quasi générale.




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