Semaine du 21 au 27 février 2018 - Numéro 1213
Le terrorisme à l’agonie dans le Sinaï
  L’opération militaire antiterroriste « Sinaï 2018 » se poursuit. Les forces armées font état de la liquidation de plusieurs dizaines de terroristes, et annoncent des mesures pour protéger la population civile.
Le terrorisme à l’agonie dans le Sinaï
Ahmad Eleiba21-02-2018

« Le facteur temps n’est pas le plus important, ce qui importe c’est la réalisation des objectifs que nous nous étions fixés avant l’opération. Cela dit, la fin de l’offensive ne signifiera pas la fin des opérations militaires, parce qu’il faudra bien consolider ce qui a été achevé en matière de lutte antiterroriste », affirme une source militaire, en référence à l’opération antiterroriste « Sinaï 2018 » lancée dans le Sinaï il y a 10 jours.

D’après les communiqués militaires qui se sont succédé depuis le début de l’opération, celle-ci a abouti jusqu’ici à la destruction de 158 cibles par l’aviation et de 234 autres cibles par l’artillerie. 67 terroristes ont été tués dans des affrontements directs lors de descentes de l’armée, dont 3 qui étaient recherchés par la police pour des attaques contre les forces de sécurité. L’une des vidéos diffusées par l’armée sur les réseaux sociaux montre une descente de l’armée dans un village déserté. De même, 306 engins explosifs, dont 10 mines antichars, plantés sur les routes fréquentées par les soldats, ont été désamorcés par les démineurs du génie militaire. 20 repaires terroristes, dont un atelier de fabrication d’engins explosifs, ont été détruits, ainsi que 3 centres d’information et de communication et 909 caches d’armes. On signale également la destruction ou la saisie de 60 véhicules et 242 motos utilisés par les terroristes. En outre, 1 728 personnes ont été arrêtées, dont des terroristes suspectés d’avoir commis des attentats, et d’autres accusées d’avoir fourni une aide logistique aux terroristes. D’après le porte-parole de l’armée, le colonel Tamer Al-Réfaï, un certain nombre de personnes arrêtées ont déjà été remises en liberté. Enfin, 2 tunnels utilisés par les terroristes et 35 bouches de tunnel ont été détruits. En termes de pertes dans les rangs de l’armée, le porte-parole militaire a confirmé le décès de 2 soldats et d’un officier au cours des opérations et d’un nombre indéterminé de blessés.

Les manoeuvres et les opérations de ratissage maritime se sont poursuivies en concert avec l’armée de l’air et les forces terrestres. La marine avait lancé une série de missiles en direction de la frontière maritime égyptienne, « une réplique aux convoitises de la Turquie », selon l’expert militaire et ex-général, Mohamad Kachkouch. « L’Egypte entend faire savoir qu’elle est capable de protéger ses eaux territoriales et ses intérêts économiques, notamment le gisement gazier Zohr », dit-il. Le commandant des opérations de la marine, Walid Attiya, a affirmé que des bâtiments, dont des porte-hélicoptères, ont été déployés au large du Sinaï et à l’embouchure du Canal de Suez pour assurer la sécurité de cette voie maritime. Des commandos ont débarqué au Sinaï avec pour mission de ratisser le littoral entre Port-Saïd et Rafah, de bloquer les lignes de ravitaillement des terroristes et d’empêcher toute infiltration terroriste depuis ou vers la péninsule du Sinaï, en coordination avec l’aviation et les gardes-côtes.

Parallèlement à cela et avec la contribution de la marine à l’opération « Sinaï 2018 », les forces armées ont annoncé le lancement, le 20 février, de manoeuvres conjointes des marines égyptienne et française baptisées « Cléopâtre 2018 » dans les eaux de la mer Rouge.

Protection des citoyens civils

Lors d’une rencontre avec les correspondants militaires, le général Yasser Abdel-Aziz a affirmé que l’armée s’est imposé un ensemble de règles et de principes dans la gestion de cette opération antiterroriste d’envergure. Il s’agit notamment de respecter les normes internationales des droits de l’homme et de la protection des citoyens civils dans les zones de combats et lors des affrontements avec les terroristes. Et ce, conformément aux directives du président de la République.

C’est dans ce cadre que les commissions parlementaires de la défense et des relations étrangères ont critiqué un rapport publié par Amnesty International qui fait état de violations des droits de l’homme contre les habitants du Sinaï. « C’est un rapport tendancieux qui regorge de mensonges », accuse le général Kamal Amer, président de la commission de la défense et de la sécurité nationale. « Les forces armées ne commettent aucune violation à l’encontre des habitants et leur souci de respecter les droits de l’homme est évident dans l’opération antiterroriste en cours », renchérit Salah Salem, membre du Conseil national des droits de l’homme, lui-même originaire d’Al-Arich.

Les députés parlementaires du gouvernorat du Nord-Sinaï se sont récemment réunis avec l’adjoint du président de la République, Ibrahim Mahlab. Celui-ci leur a assuré que des sommes ont été allouées au développement de leur gouvernorat et qu’un nombre de projets y sera lancé dès la fin des opérations militaires. Le député Hossam Al-Réfaï a affirmé que le parlement avait relayé les demandes des habitants du Sinaï qui se plaignent notamment de la pénurie d’essence et des restrictions imposées à la libre circulation et qui affectent surtout les étudiants et les personnes malades. « La pénurie d’essence et des combustibles pèse lourdement sur les habitants du Sinaï, notamment à Al-Arich », affirme Al-Réfaï. Si les restrictions imposées à la vente des combustibles sont destinées à en priver les terroristes, l’armée a promis, en revanche, une levée imminente des restrictions imposées à la circulation. Sur le volet politique, le ministre de la Défense, Sedqi Sobhi, a accueilli cette semaine le chef du commandement central américain, le général Joseph Votel, qui a affirmé que son pays soutenait l’Egypte dans sa guerre contre le terrorisme, et a salué les succès de l’armée égyptienne dans l’opération en cours dans le Sinaï l

Ahmad Eleiba


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