Semaine du 7 au 13 février 2018 - Numéro 1211
Sotchi, toujours l’impasse
Al-Ahram Hebdo07-02-2018
 
 

Tandis que des combats se dérou­lent encore dans le nord de la Syrie entre le régime et les rebelles, et que l’offensive turque contre la localité kurde de Afrine bat son plein, les négociations intersyriennes de Sotchi, orchestrées par la Russie, se sont soldées par un échec. Le Comité National Syrien (CNS), qui repré­sente les principaux groupes d’oppo­sition au régime du président Al-Assad, a refusé de se rendre dans la station balnéaire russe justifiant ce refus par « l’absence de progrès dans les pourparlers de Vienne tenus les 25 et 26 janvier ». Les Kurdes syriens, qui dénoncent l’offensive turque à Afrine (lancée avec l’approbation de Moscou), étaient également absents de ces pourparlers, dont l’enjeu était d’élaborer une nouvelle Constitution en vue d’organiser des élections en Syrie. Enfin, les Occidentaux ont eux aussi boudé les pourparlers de Sotchi.

L’échec des pourparlers de Sotchi illustre une fois de plus les difficultés de parvenir à une solution en Syrie. Depuis le début de la guerre civile en 2011, de multiples initiatives ont été lancées pour trouver un règlement au conflit. Par la Ligue arabe tout d’abord, puis par les Occidentaux et par la Russie, mais aucune de ces initiatives n’a abouti à des résultats tangibles.

La complexité du conflit syrien et la multitude des acteurs impliqués ont été un facteur essentiel dans ses échecs répétitifs. L’intervention mili­taire russe, qui a permis d’éliminer la menace de Daechet de faire pen­cher la guerre en faveur du régime syrien, avait pourtant relancé les espoirs de voir ce conflit, qui a fait jusqu’à présent près de 400000 morts, prendre fin.

Mais au lieu de favoriser un règle­ment, le changement des rapports de force sur le terrain, qui a suivi l’inter­vention russe, a, au contraire, rendu difficile toute issue à la crise. Enhardi par l’intervention militaire russe, Bachar Al-Assad est aujourd’hui en position de force face à l’opposition. Et rien ne l’oblige à faire des conces­sions au profit de cette dernière. S’il prend part aux négociations, c’est principalement pour ménager son allié russe. Russes et Syriens ont cependant des objectifs différents. Si Moscou veut couronner ses deux années d’intervention militaire par un accord politique qui rétablit la stabi­lité en Syrie, le régime, lui, cherche à « terminer le travail » sur le terrain. Son objectif immédiat est de récupé­rer ce qui reste des territoires encore sous le contrôle des rebelles. Le déséquilibre des forces entre le régime et les rebelles n’a jamais été de nature à favoriser un compromis.

Mais il y a d’autres raisons à ces échecs répétitifs. Les rivalités entre Moscou, d’un côté, et les Occidentaux, de l’autre, pour parrainer les pour­parlers de paix, et les calculs des grandes puissances ont compliqué les efforts de règlement. Ainsi, on a assis­té au cours des dernières années à deux processus de négociations rivaux menés respectivement par les Occidentaux (processus de Genève) et les Russes (processus d’Astana) sans jamais parvenir à des résultats concrets. Car en fin de compte, il en va des intérêts des uns et des autres. Or, si l’on veut parvenir à un règle­ment c’est l’intérêt du peuple syrien uniquement qu’il faut privilégier .



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