Semaine du 3 au 9 janvier 2018 - Numéro 1206
Madagascar : Des doutes sur la tenue de la présidentielle
Abir Taleb avec agences03-01-2018
 
  Plusieurs élections cruciales sont prévues en 2018 dans différents pays africains. Mais leur tenue reste tributaire à des conditions essentielles: régler les questions de financement et d’organisation, mettre fin à l'instabilité politique et juguler les problèmes d'insécurité.

Aucune date n’a pour l’heure été avancée, bien que le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, ait rassuré sur la tenue de la présidentielle fin 2018, avant les législatives. Lors d’une rencontre avec l’ambassadeur de l’UE à Antananarivo, le 18 décembre dernier, le président malgache a voulu apaiser les tensions. Et pour cause, ces derniers mois, la classe politique fait part de son inquiétude concernant la tenue effective du scrutin présidentiel en 2018, et ce, après des déclarations du président qui s’est dit favorable à une modification de la Constitution. Sans écarter une possible retouche de la loi fondamentale. Selon cette loi, l’organisation du scrutin présidentiel est prévue entre le 24 novembre et le 24 décembre 2018. Et le président n’a pas caché en même temps qu’il promettait sa tenue, que le délai était trop court pour l’organiser.

Fin novembre 2017, 35 partis politiques, toutes tendances confondues, s’étaient unis pour exiger un processus électoral transparent, appelant le pouvoir « à ne pas prendre de mesures unilatérales » concernant l’élaboration des nouvelles lois électorales. « Une situation qui porte atteinte à la stabilité politique », selon eux. Ils ont aussi interpellé la communauté internationale. Cette dernière suit de près la situation à Madagascar, un pays qui a traversé une grave crise entre 2009 et 2013, frôlant la guerre civile. Et l’UE a réitéré son soutien à Madagascar pour la mise en place d’élections libres, transparentes et inclusives, se disant prête à soutenir ces élections à hauteur de 3,7 millions d’euros.

Elu en 2013 après avoir été ministre des Finances pendant la transition (2009-2013), soutenu par la communauté internationale, Hery Rajaonarimampianina suscitait un grand espoir. Cinq ans plus tard, l’heure est à la déception. En même temps, estiment les observateurs, l’élection de 2018, si elle a lieu, n’offre pas beaucoup d’espoirs aux Malgaches, qui auront à choisir entre Hery Rajaonarimampianina, qui compte briguer un second mandat malgré un bilan peu reluisant, et Marc Ravalomanana, qui a annoncé sa candidature une décennie après avoir démissionné et fui le pays. C’est dans ce contexte que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a réaffirmé sa volonté d’organiser des élections crédibles pour Madagascar en 2018, son président réitérant son appel aux tenants du pouvoir et à la société politique en général à « considérer l’intérêt supérieur de la Nation, notamment à travers la mise en place du cadre légal des élections le plus rapidement possible; ceci afin que le calendrier électoral puisse être déterminé définitivement, surtout en ce qui concerne les dates des prochaines élections ».



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