Semaine du 13 au 19 décembre 2017 - Numéro 1204
Deux nouvelles tombes à Draa Aboul-Naga
  A Louqsor, des archéologues égyptiens ont exploré deux tombes découvertes dans les années 1990. Dans l’une d’elles, une momie « d’un haut responsable » a été découverte.
Deux nouvelles tombes à Draa Aboul-Naga
Bien que les deux tombes explorées contiennent des centaines de pièces, elles restent encore non identifiées. (Photo : Mohamad Hassanein)
Rana Gohar13-12-2017
Louqsor,

De notre envoyée spéciale —

Le samedi 11 décembre, le monde entier avait les yeux braqués sur la majestueuse ville de Louqsor où le ministre des Antiquités, Khaled Al-Anani, a annoncé, lors d’une conférence de presse, deux décou­vertes remontant à l’époque du Nouvel Empire.

Les tombes sont situées dans la nécropole de Draa Aboul-Naga sur la rive ouest à Louqsor, une zone classée patrimoine mondial par l’Unesco. Le ministre des Antiquités a considéré que l’année 2017 avait été une année exceptionnelle en matière de découvertes archéolo­giques uniques en Egypte. « Comme si nos ancêtres nous tendaient la main pour donner un élan à notre économie », a-t-il ajouté.

Al-Anani a souligné que le mérite de cette découverte revenait à la mission égyptienne, qui a travaillé sous la houlette de Moustapha Waziri, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités.

A l’intérieur de ces tombes, les archéologues ont découvert une momie enveloppée dans un tissu de lin, près de 500 statuettes funéraires (ouchebtis), une centaine de sceaux funéraires, une quarantaine de meubles funéraires, ainsi qu’un nombre de sarcophages et une col­lection de masques et de pots colo­rés.

Les études préliminaires indiquent qu’il s’agirait des possessions d’une personne prestigieuse, alors que l’équipe de travail poursuit ses recherches en vue de l’identifier.

Pour sa part, Moustapha Waziri a révélé que les deux tombes décou­vertes portent les noms de Kampp 150 et Kampp 161, des appellations qu’elles doivent à l’archéologue allemande Frederica Kampp qui avait atteint leurs portes dans les années 1990, « mais n’y était jamais entrée », a-t-il précisé.

A propos de la tombe Kampp 161, Waziri estime qu’elle remontait à la période entre Amenhotep II et Thoutmosis IV, une estimation éta­blie par la méthode traditionnelle qui consiste à comparer les inscriptions gravées sur les tombes de la nécro­pole de Thèbes. Cependant, les recherches n’ont pas permis d’iden­tifier le propriétaire de la momie.

L’entrée de cette tombe, toujours selon Waziri, est formée d’une cour entourée d’un mur de pierres et de terre cuite. Au sud gît un puits pro­fond de 6 mètres lequel débouche sur 4 chambres latérales. L’entrée de la tombe se trouve à l’est, elle est faite de pierre sablonneuse et déco­rée d’une façade dénuée d’inscrip­tions. Elle mène à une salle latérale à la fin de laquelle se trouve une niche. Les experts croient que cette tombe avait été réutilisée dans des époques ultérieures vu que la niche est cassée et qu’il existe des installations pour des constructions jamais achevées.

La mission archéologique a fait savoir que toutes les sculptures de la tombe se trouvent sur le côté sud-ouest du mur. Elles représentent des scènes cérémoniales et festives avec le dessin d’une personne faisant des offrandes et présentant des fleurs au défunt et à son épouse. Au-dessus de cette scène, on peut observer un texte inachevé en plus de trois ini­tiales sn.f qui signifient « frère ». Il est donc probable que le dessin appartient au frère du défunt. Une scène plus éloignée montre 4 ran­gées d’invités dont l’une réunissant trois hommes et l’autre trois femmes, ainsi qu’une autre inscription « sn.f iry » signifiant le gardien de la salle.

Plusieurs hypothèses

Deux nouvelles tombes à Draa Aboul-Naga
Bien que les deux tombes explorées contiennent des centaines de pièces, elles restent encore non identifiées. (Photo : Mohamad Hassanein)

Quant à la tombe Kampp 150, Waziri a expliqué qu’elle remontait à la XVIIe dynastie et le début de la XVIIIe. C’est un cartouche portant le nom de Thoutmosis 1er, gravé sur le plafond de la salle rectangulaire de la tombe, qui a permis de situer l’époque à laquelle celle-ci appar­tient. Là non plus, l’identité du pro­priétaire n’a pas été précisée. Selon une hypothèse, il pourrait s’agir d’une personne nommée « Djehouti Mes », dont le nom est inscrit sur l’un des murs à l’entrée de la salle rectangulaire de la tombe. Mais la tombe pourrait aussi appartenir au « scribe Maati », dont le nom ainsi que celui de sa femme « Mehi » apparaissent sur des dizaines d’ob­jets funéraires trouvés dans la sépul­ture, toujours selon la même source.

Le chef de la mission a fait savoir qu’à proximité du puits sud de la tombe existait une chambre funé­raire d’une femme appelée « Isis Nefret » qui, selon toute probabilité, est celle de la mère de l’occupant de la tombe.

La mission de la fouille a rapporté que la tombe était dépourvue aussi bien de sculptures que de dessins, à part quelques bribes de dessins sur l’une des colonnes du côté nord illustrant un homme assis donnant à manger à des taureaux. Un dessin sur une autre colonne dépeint 5 per­sonnes en train de confectionner le bois funéraire, alors qu’à l’entrée de la salle, on distingue des inscriptions hiéroglyphiques à moitié effacées.

La nécropole Draa Aboul-Naga

Il s’agit de la nécropole la plus importante de la rive ouest de Louqsor. Remontant à la XVIIe dynastie, elle abrite des tombes appartenant aux hauts responsables de cette époque moderne.

Cette récente découverte est la troisième au cours des 8 derniers mois. Les deux premières concer­naient le lieu de sépulture d’Ouserha et celui du fabricant d’or du dieu « Amon », mis au jour en septembre dernier.

Une cinquantaine de tombes ont été découvertes dans cette région et les fouilles se poursuivent dans cette zone située au nord de la vallée d’Al-Assassif.




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