Semaine du 6 au 12 décembre 2017 - Numéro 1203
Le grand connaisseur du centre-ville n’est plus
Rasha Hanafy06-12-2017
 
  Ecrivain et romancier égyptien, Mekkawi Saïd est décédé dans la matinée du samedi 2 décembre, à l'âge de 61 ans. Un choc pour le monde du roman égyptien.

« Il y a beaucoup d’autres histoires Mickey … », « C’est une grande perte », « Tu nous as quittés trop tôt, cher ami … ! ». Le sentiment de choc domine en ce matin du samedi 2 décembre. Situé au centreville, près de la place Tahrir, le café Al-Bostan est plein d’amis de Mekkawi Saïd, incrédules devant la nouvelle de son décès. Le romancier égyptien, surnommé « le grand connaisseur du centreville », avait l’habitude d’y aller tous les matins pour rencontrer d’autres intellectuels, romanciers et de jeunes écrivains. C’est brusquement et en silence qu’il est parti dans la matinée du samedi. Son dernier roman est intitulé Min Ajl An Tohebak Jihane (pour que Jihane t’aime).

Mekkawi Saïd est né au Caire en 1956. Il a travaillé comme éditeur, scénariste et écrivain pour enfants à ses début. Il rédige ensuite des scénarios de documentaires et de courts-métrages, avant de se diriger vers l’écriture littéraire, et surtout romancière à partir de 1981. Dans ses oeuvres, qui vont du roman au recueil de nouvelles, il s’attarde sur les histoires et l’ambiance des habitants et habitués du centre-ville du Caire, notamment dans son roman Taghridet Al-Bagaa (le chant du cygne), sorti en 2006 aux éditions Al-Dar. Celui-ci a figuré parmi les six finalistes du Prix de la fiction arabe en 2008 et a été traduit en anglais sous le titre Cairo Swan Song (AUC Press, 2009).

Le chefd’oeuvre de Mekkawi Saïd est Moqtanayat West Al-Balad, Wogouh Wa Hékayat Min Al-Qahéra (les trésors du centre-ville. Des visages et des histoires du Caire), avec des dessins de Amr Al- Kafrawy, sorti en 2010 aux éditions Shorouk. Puis citons Karrasset Al-Tahrir, Hékayat Wa Amkéna (le cahier de Tahrir, des contes et des lieux), aux éditions Al-Masriya Al-Lobnaniya, en 2013. En voie d’impression, Al-Qahéra Wa Ma Fiha (Le Caire et ce qu’il possède) relate les histoires d’artistes et de politiciens depuis l’époque d’Ismaïl jusqu’aux années 1970. Le dernier entretien que l’Hebdo a réalisé avec le défunt romancier remonte au mois de septembre, dans le cadre d’un dossier consacré au Caire khédivial, dont Mekkawi Saïd était un grand connaisseur.


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