Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2017 - Numéro 1202
Un roi, un lieu, une époque
  Le jubilé de diamant du musée Rokn Farouq, situé sur la corniche dans la banlieue de Hélouan, est célébré à travers l'exposition « La Vie d’un roi ». Tournée.
Un roi, un lieu, une époque
(Photo : Ministère des Antiquités)
Doaa Elhami29-11-2017

75 ans sont passés depuis l’inau­guration officielle du lieu de détente du roi Farouq, connue par Rokn Farouq (coin de Farouq) à Hélouan au sud du Caire. A cette occasion, la direction de ce « coin », devenu musée en 1976, a organisé une exposition à travers laquelle est retracée la vie du roi Farouq lui-même, voire l’histoire de la région de Hélouan. « L’exposition intitulée La Vie d’un roi — et qui se termine la première semaine du mois de décembre — se compose de trois pièces essentielles : un portrait du roi Farouq, une calligraphie et un tableau », explique Iman Ahmad, directrice du musée. Pour elle, cha­cune de ces pièces a une histoire dis­tinguée. La première représente le roi Farouq en tenue officielle. « Nous expliquons la vie du roi, depuis son enfance jusqu’à son décès », conti­nue-t-elle.

L’expo retrace donc la vie difficile de Farouq. Ce dernier, né en février 1920, est devenu roi d’Egypte sous la tutelle de son cousin l’émir Mohamad Ali, en 1936. En 1937, le jeune Farouq est coiffé officiellement de la couronne égyptienne. Et ce, suite à une fatwa présentée par le cheikh d'Al-Azhar à l’époque, Al-Maraghi, qui avait indiqué qu’il avait 17 ans, selon le calendrier hégirien, afin d’éviter cette tutelle. Le portrait du roi est orné d’un cadre décoré de signes hiéroglyphes. « Donc, ce por­trait regroupe à la fois l’histoire moderne d’Egypte représentée par le roi Farouq et son uniforme officiel et l’histoire pharaonique grâce à l’en­cadrement hiéroglyphe », continue la directrice.

L’exposition représente une deu­xième pièce considérée comme étant le chef-d’oeuvre de tout le musée. Il s’agit d’une calligraphie sur laquelle est écrit le verset coranique Al-Korsi, un verset protecteur. Au-dessous, une dédicace, suivie de la date de l’inau­guration du lieu de détente le 5 sep­tembre 1942. « C’est l’un des chefs-d’oeuvre de tout le musée. Il symbo­lise aussi la banlieue, Hélouan, et son histoire, rappelant aussi les raisons pour lesquelles le roi a choisi cet endroit pour édifier son lieu de détente », commente la directrice. Cette pièce a été offerte au roi lors de l’inauguration officielle de l’édifice, par Mohamad Abdel-Rahmane, chef des calligraphes et habitant de Hélouan à cette époque. Ce dernier avait inscrit à la main ce chef-d’oeuvre, redoublant en fait son importance.

L’histoire de Hélouan et de l’Egypte aussi

Grâce à cette pièce, le visiteur constate que l’histoire de Hélouan remonte à l’époque prédynastique jusqu’à nos jours en passant par l’époque islamique et la gouvernance de Abdel-Aziz Ibn Marwan et les tra­vaux urbains entamés par le khédive Ismaïl. En 1877, ce dernier avait ins­tallé le premier train pour relier Le Caire à Hélouan, qui est connue pour ses sources d’eau sulfurique. Grâce à l’histoire glorieuse de Hélouan, son calme et son écart de la résidence royale, le roi Farouq avait décidé d’y édifier cette installation.

Quant à la troisième et dernière pièce, c’est un tableau de cuir de gazelle qui regroupe plusieurs photos représentatives de diverses époques. Ce cadeau est offert au roi par Abbas Abdel-Rahmane, propriétaire d’une imprimerie, à l’occasion de la fête de son accession au trône égyptien le 6 mai 1947. « Cette date, 6 mai, est aussi celle du mariage royale du roi Farouq avec la reine Nariman », reprend la directrice Iman Ahmad. Rectangulaire qu’il soit, le tableau commémore l’accès du roi au trône. Il comprend en gros 8 photos : Les 4 de haut représentent des scènes pharao­niques dont deux sont colorées qui décrivent l’accès du pharaon au trône égyptien à cette époque lointaine. Au milieu du tableau, 3 photos du roi Farouq. Les deux photos latérales, surmontées du drapeau royal, mon­trent le roi embrassant le drapeau égyptien et le posant sur le toit de Qasr Al-Nil. Et ce, suite à l’évacua­tion de ce palais des troupes anglaises, qui l’avaient transformé en caserne pendant le protectorat britannique. « Mettre le drapeau égyptien sur Qasr Al-Nil symbolise la libération de l’Egypte et l’autonomie de son territoire sauf de la région du Canal de Suez », précise la directrice. Quant à la photo du centre, elle est encadrée d’une sorte de fausse porte dont le linteau est décoré du vautour, signe de protection en Egypte Ancienne. Au-dessous des photos royales, on remarque 4 autres photos qui décri­vent le Nil et le roi guerrier sur la charrette militaire. Le cadre du tableau est orné de la fleur de lotus, signe de la renaissance en Egypte Ancienne.

L’exposition est enrichie aussi de quelques produits de l’école muséolo­gique dirigée par Sara Al-Werdani. Devant les pièces exposées, on trouve des paniers qui comprennent des enveloppes et des cartes qui renfer­ment chacune une brève information, que ce soit sur le musée, son histoire, ou sur Hélouan ou encore sur le roi. Figure aussi une maquette du musée en forme de bateau, puisque le musée est riverain du Nil.




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