Semaine du 8 au 14 novembre 2017 - Numéro 1199
Ahli manque la neuvième étoile
  Le Wydad a exploité la défense fébrile d’Ahli pour s’imposer 1-0 à Casablanca, en finale retour de la Ligue d’Afrique (2-1 sur l’ensemble des deux matchs), et décrocher son deuxième titre dans la compétition phare du continent.
Ahli manque la neuvième étoile
La défense d'Ahli a été totalement bousculée par le talentueux marocain Achraf Bencharki. (Photo : AFP)
Karim Farouk08-11-2017

« L’attaque gagne des matchs, mais la défense vous offre des titres ». Un dicton éternel dans le monde du football, qui s’est encore une fois confirmé avec la défaite d’Ahli en finale de la Ligue d’Afrique, samedi 4 novembre. Les Rouges, qui rêvaient de remporter le titre pour la neuvième fois, se sont heurtés à la « muraille marocaine » du Wydad de Casablanca pour s’incliner 1-0 au stade de Mohamad V (2-1 sur l’ensemble des deux matchs). Malgré une forte domination au niveau de la possession du ballon, les attaquants d’Ahli — le Nigérian Junior Ajayi, le Marocain Walid Azaro et les internationaux des Pharaons Abdallah Al-Saïd et Moëmen Zakariya — ont été étouffés par les défenseurs marocains et n’ont pas réussi à trouver les ouvertures nécessaires pour percer les filets du gardien Zouheir Laaroubi. Les rares chances qui se sont présentées ont été perdues par manque d’efficacité des avant-centres.

Par contre, Walid Al-Karti a su exploiter l’une des rares chances du Wydad pour décrocher la victoire et le titre. « On savait qu’Ahli allait foncer à l’attaque. Ils n’avaient rien à perdre et devaient absolument marquer des buts. L’essentiel, pour nous, était de ne rien concéder. Nous avons mal débuté la partie, mais après 15 minutes, nous avons commencé à bien gérer le jeu et avons pu réaliser notre objectif. Je remercie le public, dont le soutien a été énorme, et lui dédie ce titre, qui nous revient après 25 ans », a déclaré l’attaquant du Wydad, Ismaïl Al-Haddad, après le match.

De son côté, l’entraîneur d’Ahli Hossam Al-Badri a vivement critiqué l’arbitre gambien de la rencontre, Bakary Gassama, l’accusant d’être la cause de la défaite. « J’ai dit plusieurs fois que les arbitres africains influençaient les matchs. Nous aurions dû avoir un penalty, mais ça n’a pas été sifflé. Cela devient frustrant, car les arbitres peuvent détruire le travail de toute une année », s’est-il exclamé. Mais que Gassama ait commis des erreurs ou influencé le cours du match ou non, il est évident qu’Ahli a présenté des faiblesses, qui sont les principales raisons de cette amère défaite.

Considérés à de précédentes périodes comme une forteresse défensive presque imprenable, les Rouges souffrent de graves lacunes dans ce domaine, qui était jadis l’une des clés de leur succès. La saison passée, les hommes de Hossam Al-Badri ont terminé en tant que meilleure défense du championnat, avec 14 buts encaissés en 34 matchs, et avaient accédé aux quarts de finale de la Ligue d’Afrique en n’ayant pris que 3 buts en 8 rencontres. Mais lors des phases finales, le ténor cairote a encaissé 9 buts en 6 rencontres. Que s’est-il passé ? Le départ du défenseur international Ahmad Hégazi en destination de la Premier League anglaise, West Bromwich Albion, a fortement affecté la solidité de la défense d’Ahli. Fort de son gabarit de 1,95 m pour 85 kg, Hégazi était un défenseur imposant et dominant dans le jeu aérien. Son départ a laissé un trou dans la charnière défensive, que la paire Saad Samir et Rami Rabia n’a pas pu combler. La tête d’Al-Karti en finale sur un centre de Bencharki a laissé une impression de déjà-vu. En effet, 5 des 9 buts encaissés par Ahli l’ont été sur des balles aériennes, que ce soit des coups francs ou des centres. Le gardien international Chérif Ekrami porte lui aussi sa part de responsabilité en ne se hissant pas au niveau des attentes et parfois même pour des erreurs naïves, qui ont coûté cher à son équipe.

Bien que l’efficacité des attaquants laisse à désirer, la bande d’Al-Saïd avait pu compenser ce déficit à plusieurs reprises grâce à l’abondance des chances qu’elle créait. Ce n’était pas le cas en finale, face à une équipe qui défendait en masse et lors de laquelle ce sont les détails qui ont fait la différence.

Palmarès de la Ligue d'Afrique

1965- Oryx Douala (Cameroun)

1966 - Stade Abidjan (Côte d’Ivoire)

1967 - TP Englebert (Congo)

1968 - TP Englebert (Congo)

1969 - Ismaïli (Egypte)

1970 - Asante Kotoko (Ghana)

1971 - Canon Yaoundé (Cameroun)

1972 - Hafia Conakry (Guinée)

1973 - Vita Club (Zaïre)

1974 - CARA Brazzaville (Congo)

1975 - Hafia Conakry (Guinée)

1976 - Mouloudia d’Alger (Algérie)

1977 - Hafia Conakry (Guinée)

1978 - Canon Yaoundé (Cameroun)

1979 - Union Douala (Cameroun)

1980 - Canon Yaoundé (Cameroun)

1981 - JE Tizi Ouzou (Algérie)

1982 - Ahli (Egypte)

1983 - Asante Kotoko (Ghana)

1984 - Zamalek (Egypte)

1985 - FAR de Rabat (Maroc)

1986 - Zamalek (Egypte)

1987 - Ahli (Egypte)

1988 - Entente de Sétif (Algérie)

1989 - Raja Casablanca (Maroc)

1990 - JS Kabylie (Algérie)

1991 - Club Africain (Tunisie)

1992 - Wydad Casablanca (Maroc)

1993 - Zamalek (Egypte)

1994 - Espérance (Tunisie)

1995 - Orlando Pirates (Afrique du Sud)

1996 - Zamalek (Egypte)

1997 - Raja Casablanca (Maroc)

1998 - ASEC Abidjan (Côte d’Ivoire)

1999 - Raja Casablanca (Maroc)

2000 - Hearts of Oak (Ghana)

2001 - Ahli (Egypte)

2002 - Zamalek (Egypte)

2003 - Enyimba (Nigeria)

2004 - Enyimba (Nigeria)

2005 - Ahli (Egypte)

2006 - Ahli (Egypte)

2007 - Etoile du Sahel (Tunisie)

2008 - Ahli (Egypte)

2009 - TP Mazembe (RD Congo)

2010 - TP Mazembe (RD Congo)

2011 - Espérance (Tunisie)

2012 - Ahli (Egypte)

2013 - Ahli (Egypte)

2014 - Entente de Sétif (Algérie)

2015 - TP Mazembe (RD Congo)

2016 - Mamelodi Sundowns (Afrique du Sud)

2017 - Wydad Casablanca (Maroc)

La compétition était nommée Coupe d’Afrique des clubs champions jusqu’en 1997.




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