Semaine du 8 au 14 novembre 2017 - Numéro 1199
La parole est aux jeunes
  Initiées par le président Abdel-Fattah Al-Sissi, les conférences nationales de la jeunesse ont permis d'établir un dialogue constructif entre les institutions de l'Etat et la jeunesse.
La parole est aux jeunes
La simulation de l'Etat égyptien, l'une des activités les plus remarquables des conférences de la jeunesse.
Aliaa Al-Korachi08-11-2017

« Les jeunes d’Egypte ont été à la hauteur de la responsabilité. Ils sont venus à ce forum avec enthousiasme et esprit de défi », s’était félicité le président Abdel-Fattah Al-Sissi, lors de son discours de clôture de la première conférence nationale des jeunes, qui s’est tenue pendant trois jours à Charm Al-Cheikh, en octobre 2016, avec la participation de 3 000 jeunes de tous les horizons. A la tribune, les jeunes prenaient la parole, alors que dans la salle d’audience, entouré d’une jeune femme et d’un jeune homme, le président était à l’écoute et prenait des notes. Le gouvernement était également présent ainsi que des parlementaires, des intellectuels, des hommes de religion, des chefs de partis politiques et de syndicats. C’est au cours de cette conférence que le président a décidé de tenir des rencontres périodiques avec les jeunes. Sous l’emblème « Innovez … Démarrez », le Forum de Charm Al-Cheikh a été suivi par 4 autres éditions couvrant quatre gouvernorats : Le Caire, Assouan, Ismaïliya et Alexandrie.

Selon une étude publiée par la revue Al-Siyassa Al-Dawliya, environ 8 000 jeunes ont participé à ces 5 conférences. 68 % des interlocuteurs étaient des jeunes qui ont animé 106 séances de discussions et d’ateliers de travail. Les questions économiques ont été en tête des préoccupations des jeunes dans ces conférences. 24 % des sujets débattus avaient trait à l’économie, 21 % à la politique, 19 % à la culture et 13 % à l’éducation.

L’une des séances les plus animées de ces conférences est « Interrogez le président », durant laquelle le chef de l’Etat répond en toute franchise en direct aux questions parfois audacieuses qui lui sont adressées sur le site officiel de la conférence. Le « Marathon de la paix » est une autre séance où le président a pris la tête d’un peloton de coureurs à Charm Al-Cheikh pour émettre « un message de paix au monde entier ». Le modèle de la « simulation de l’Etat égyptien » a été aussi parmi les séances les plus remarquables de ces conférences. « La stratégie que nous visons par le modèle de simulation gouvernementale, composée d’un groupe de jeunes qui prend en charge l’expérience du pouvoir, est de préparer les cadres et les dirigeants à prendre la responsabilité de la direction de l’Egypte », a dit le président.

Une plateforme pour la jeunesse

Concrètement, qu’est-ce que ces conférences ont apporté aux jeunes, ce secteur important qui représente environ 60 % de la population, mais qui a du mal à trouver sa place dans le monde du travail ? Le taux de chômage est de 26,7 % parmi les jeunes de 18 à 35 ans. Ces derniers souffrent d’une sous-représentation dans l’espace public.

Force motrice des changements politiques en 2011 et 2013, « les jeunes étaient absents des périodes transitoires qui ont suivi ces deux révolutions. Ceci était clair avec la faible participation des jeunes dans les scrutins différents », selon Aymane Abdel-Wahab, chef de la section des études égyptiennes au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. Et d’expliquer : « Rétablir un dialogue au niveau institutionnel avec les jeunes, pour les réintégrer à la vie politique, était l’idée du président Abdel-Fattah Al-Sissi depuis son élection ».

Les initiatives présidentielles en faveur des jeunes se sont alors multipliées, explique pour sa part Ziyad Aql, chercheur au CEPS. Et d’ajouter : « Cet intérêt pour les jeunes s’est manifesté premièrement par le lancement d’un programme présidentiel pour la formation des jeunes au leadership sur les plans politique, administratif et social. Vient ensuite la décision d’organiser des conférences nationales pour la jeunesse ».

L’un des objectifs de ces conférences, comme l’indique Abdel-Wahab, est d’offrir un espace pour les jeunes qui ont une très faible présence au sein des partis politiques (3 %). Ces conférences constituent aussi un lieu d’interactivité avec les institutions de l’Etat autour des problématiques de la jeunesse. « Ces conférences permettent non seulement des échanges d’expertise entre les jeunes, mais aussi la diffusion des informations pour la première fois devant les projecteurs autour des visions et des politiques du gouvernement, puisque les ministres sont invités à prendre la parole, soit pour répondre aux questions des jeunes ou pour présenter leurs plans », ajoute Abdel-Wahab.

Le député Radwan Al-Zayati, membre de la commission de la jeunesse et du sport au parlement, estime que le succès de ces conférences réside encore dans « l’organisation parfaite, le contenu très riche et les initiatives ambitieuses des jeunes ». Toutefois, Al-Zayati regrette qu’« un grand nombre de recommandations de ces conférences restent encore à concrétiser ».

Jeunes et politiques publiques

Pourtant, beaucoup de promesses faites par le président lors de ces rencontres ont bel et bien été concrétisées, comme la création d’une instance pour développer des petites et moyennes entreprises, de l’Organisme général de la zone économique du triangle d’or, ou encore la création de l’Académie nationale des jeunes. Il y a aussi la formation d’un comité pour étudier la libération des jeunes emprisonnés, qui a gracié 878 jeunes, ainsi que le réexamen de la loi sur les manifestations. « On ne peut pas négliger les efforts déployés notamment par le ministère de la Jeunesse et du Sport. Le défi principal réside dans la manière de traduire ces recommandations en mécanismes et en une stratégie bien définie afin de donner plus de place aux jeunes dans le plan d’action de chaque ministère », conclut Aymane Abdel-Wahab.




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