Semaine du 25 au 31 octobre 2017 - Numéro 1197
Les armes interdites de l'Unesco
Mohamed Salmawy25-10-2017
 
 

Pendant ma présence à Paris pour suivre lesélections pour le poste de directeur généralde l’Unesco, un journaliste travaillant pour un siteInternet m’a appelé pour m’interroger à ce sujet.Je lui ai répondu que cette session était différentede toutes les précédentes, et que des « armesinterdites » y ont été employées. Exactementcomme le recours à des armes interdites telles quele napalm (une arme chimique) que les Américainsont employé pendant la guerre de Vietnam, et lesbombes à fragmentation lancées par Israël sur leshabitants de Gazaen 2006Certes, ce n’est pas la première fois qu’estemployée l’arme interdite des pots-de-vin, ceque l’on nomme « l’argent politique ». Maiscette fois, les sommes versées sont évaluées à desdizaines de milliards de dollars comme le cite lejournal ironique français Le Canard Enchaîné.D’un autre côté, les Etats-Unis et Israël onteu recours à une autre arme interdite, à savoir lechantage politique, à tel point que les Etats-Unisont annoncé, avant le dernier round d’élections,leur retrait de l’Unesco, comme refus du soutienaccordé par l’organisation aux Arabes, puisque2 candidats arabes approchaient du poste dudirecteur général de l’Unesco. Il est clair quele timing de cette décision avait pour objectifd’influencer les résultats des élections. Etquelques heures après, Israël a suivi la positionaméricaine à la lettre en annonçant son retraitpour la même raison.

Je ne sais vraiment pas pourquoi les Etats-Unissont les seuls au monde à accuser l’Unesco departi pris contre Israël ? Qu’en serait-il s’il y avaitune organisation internationale qui serait vraimentalignée contre un pays quelconque comme laHollande, le Pakistan et la Norvège ? Est-ce queles Etats-Unis adopteraient la même position ? Etil est surprenant que l’autre prétexte avancé parles Etats-Unis est que l’organisation est en pleinecrise financière à cause de l’accumulation desdettes. Or, l’une des raisons principales de cettecrise est que les membres ne payent pas leursparts annuelles. Or, les Etats-Unis doivent prèsd’un demi-milliard de dollars à l’Unesco.Là, on doit se demander qui a permis aux Etats-Unis de pratiquer tous ses droits à l’intérieurde l’organisation sans pour autant assumer sesdevoirs ? Comment lui permettre d’être membreau Conseil exécutif chargé d’élire le directeurgénéral et d’avoir le droit de voter sans payerannée après année sa part annuelle dans le budgetde l’organisation ?

Il est étonnant que les Etats-Unis n’aient pasannoncé leur retrait immédiat de l’Unesco commeil s’était passé quand l’organisation avait annoncél’acceptation du membership de la Palestine.Mais cette fois-ci, il était question d’un retrait àla fin de l’année, ce qui signifie que c’est plutôtune menace qui sera exécutée dans environ deuxmois si les choses ne changeaient pas. Et cettemenace n’a été annoncée que quand le nombre devoix de la candidate égyptienne est devenu égal àcelui de la candidate française, et que toutes lesdeux étaient devancées par le candidat qatari. Lacrise financière de l’Unesco n’est pas nouvelle. Etce n’est pas la première fois que les Etats-Unisrépètent cette accusation de l’alignement contreIsraël. Cette fois-ci, cette menace peut-elle avoirune autre raison à part faire pression sur lesmembres en plein milieu du combat électoral ?Le chantage américano-israélien est apparuaprès une campagne secrète exécutée par lescercles juifs de pression depuis l’annonce dela candidature de l’ex-ministre française de laCulture d’origine juive, Audrey Azoulay. Cettecampagne a été menée par le Conseil représentatifdes institutions juives de France, le CRIF et ellea atteint son apogée pendant le combat électoralquand le représentant d’Israël a annoncé que lesArabes constituaient un danger contre l’Unesco.Une déclaration qu’il a vite fait de retirer, car cettefois, le plan du lobby juif devait rester secret, alorsqu’en 2009, l’attaque contre le candidat égyptienFarouq Hosni était franche.

Pendant les 2 derniers jours des élections, laFrance avait augmenté sa pression après quele nombre de voix obtenues par la candidatefrançaise eut atteint 18, alors que les voix des 2candidats arabes ne cessaient d’augmenter d’unround à un autre. Les personnes proches de lacampagne de la candidate égyptienne savent quele représentant d’un des Etats occidentaux a arrêtéde soutenir l’Egypte parce qu’il avait reçu desordres de son pays de voter pour la Française. Etce, à la suite d’un appel au niveau présidentiel enprovenance de Paris. Il est connu que le CRIF avaitannoncé son soutien pour le président EmmanuelMacron pendant sa campagne électorale, eten contrepartie, il a été appelé à s’intéresser auproblème de l’Unesco. Selon le Conseil juif,l’Unesco promulguerait des décisions qui, l’uneaprès l’autre, sont contre les agressions commisesenvers le patrimoine humain qui se trouve sur lesterritoires arabes occupés. C’est pour cela queMacron a tenu à la candidate de Hollande quin’était pas appréciée par les cercles français euxmêmes.

Voici une partie de ce qui s’est passé avecl’Egypte pendant le combat électoral dans lequelelle s’est engagée avec honneur, respectant toutesles règles, sans qu’aucune critique ne lui soitadressée. L’Egypte a négligé les dessous-de-tablequi étaient échangés entre certains membres et s’estabstenue de recourir à la menace et au chantagepour influencer les résultats des élections. Tousles Etats du monde ont des intérêts avec l’Egyptequi diffèrent d’un Etat à un autre, que ce soitdes intérêts économiques ou des coordinationspolitiques, ou même des fouilles archéologiques.

L’Egypte aurait donc pu à n’importe quel momentmontrer ses griffes, mais elle a préféré s’engagerdans le combat avec ses armes légitimes, seconcentrant sur la compétence de sa candidateet sur le droit de l’Egypte d’obtenir ce poste, sebasant sur son patrimoine et sa civilisation.Les armes interdites ont des effets graves, etdans le cas des élections de 2017 de l’Unesco, ilest clair qu’elles auront des répercussions graveset que la situation sera différente des 70 dernières années.



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