Semaine du 18 au 24 octobre 2017 - Numéro 1196
Le musée Rommel restauré
  Après plusieurs années de restauration, le musée Rommel, situé dans une grotte près de la ville de Marsa Matrouh, a rouvert ses portes.
Le musée Rommel restauré
La grotte où se trouvent les affaires de Rommel.
Nasma Réda18-10-2017

Le ministère des Antiquités vient de rouvrir le musée dédié au maréchal allemand Rommel, situé dans une grotte sur une île à 2 km et demi de Marsa Matrouh. Après près de dix ans de fermeture et moyennant un budget de 2,5 millions de L.E. versé par le gouvernorat de Marsa Matrouh, le ministère a ainsi pu achever le grand projet de restauration, d’aménagement et de réhabilitation du musée. « Les travaux, suspendus depuis 2010 à cause d’un déficit budgétaire, n’ont repris qu’au début de cette année, par une restauration de la grotte et la conservation de ses pièces », explique Elham Salah, directrice du secteur des musées au ministère des Antiquités. Elle explique que l’équipe de restaurateurs a complètement refait la muséologie du site et installé de nouveaux systèmes d’éclairage, de drainage ainsi que des caméras de surveillance.

Erwin Rommel avait choisi cette grotte, que les Romains avaient utilisée pour stocker des céréales, pour en faire sa cachette lors de la Seconde Guerre mondiale, notamment pendant la bataille décisive d’Al-Alamein (à l’extrémité ouest de la Côte-Nord de l’Egypte). En 1977, le ministère de la Culture a transformé la grotte en un musée militaire au nom du commandant.

Le musée Rommel restauré
Quelques fusils utilisés par le « Renard du désert ».

La grotte Rommel se compose d’une simple petite porte conduisant à un couloir, puis d’une grande salle. Elle renferme quelques armes utilisées pendant la guerre. Le buste du maréchal accueille les visiteurs. Le musée comprend également une collection d’objets personnels du maréchal, offerts par son fils au gouvernorat de Matrouh, quelques années après le suicide du maréchal en Allemagne : son uniforme militaire, son célèbre manteau, son bureau et quelques photos prises avec ses soldats, en plus des cartes de la bataille d’Al-Alamein entre les Allemands et les Alliés, en particulier les Britanniques. « Les vitrines renfermant les objets ont été rendues plus résistibles, afin de les sécuriser », indique Salah. En effet, en 1994, le musée avait été menacé de clôture après avoir été complètement vidé par des voleurs. Quelques jours après la publication de la nouvelle, tous les objets ont été retrouvés, emballés et abandonnés à l’entrée du bureau du journal Al-Ahram à Marsa Matrouh. Les responsables du bureau les avaient remis au Conseil suprême des antiquités de l’époque et la grotte avait été rouverte. « Depuis, les responsables des antiquités tentent de sécuriser nos trésors de la meilleure manière possible », assure la directrice du secteur des musées. Salah ajoute que l’idée d’ouvrir le musée pendant la nuit sera mise en oeuvre dans quelques jours pour offrir aux visiteurs la possibilité d’une visite nocturne après une journée à la plage.

Qui était Rommel ?

Le musée Rommel restauré
Le buste du grand commandant.

Né en Allemagne en 1891, le maréchal Erwin Jones Rommel est l’un des commandants militaires les plus connus de l’histoire moderne. Contemporain de la Première Guerre mondiale, il est devenu en 1939 l’un des plus grands commandants de l’armée allemande sous Hitler. Il dirige l’Africa Corps, les troupes de l’Axe en Afrique du Nord. Rommel était connu pour sa ruse et sa capacité à tromper, on lui a attribué de nombreux surnoms, dont le plus célèbre est celui de « Renard du désert ». Sa défaite vers la fin de 1942 à la bataille d’Al-Alamein a marqué la fin de sa carrière militaire. A son retour en Allemagne, il se suicide. « Rommel a choisi de mettre fin à sa vie de manière dramatique. Il est respecté par les habitants de Matrouh », souligne Alaa Abou-Zeid, gouverneur de Marsa Matrouh, lors de la réouverture du musée. En dépit de sa défaite, les habitants de Matrouh l’ont, en effet, tenu en estime pour son insistance à respecter les coutumes et les traditions des bédouins. Il avait notamment refusé de piller les maisons et d’empoisonner l’eau des puits avant son retrait pour empêcher les Alliés de le pourchasser. Son nom est toujours présent sur les routes, les cafés et les hôtels de la région de Matrouh.




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