Semaine du 11 au 17 octobre 2017 - Numéro 1195
27 ans après ...
  Avec sa victoire de 2 à 1 contre le Congo, la sélection nationale de football s'est assuré une place au Mondial 2018, une première depuis 1990. Un exploit historique pour Hector Cuper et ses hommes qui ont réussi à transformer le rêve en réalité.
27 ans après ...
(Photo : AFP)
Mohamad Mosselhi11-10-2017

Ils en ont rêvé et ils l’ont fait. Les Pharaons sont finalement qualifiés pour la Coupe du monde de Russie 2018 après leur victoire de 2 à 1 contre le Congo, dimanche au Stade de Borg Al-Arab, à Alexandrie. Un exploit historique pour cette génération de joueurs qui a réussi à qualifier l’Egypte au Mondial pour la première fois depuis 1990. A une journée de la fin des qualifications, les Pharaons ont garanti leur place à la tête du groupe E avec 12 points, 4 points de plus que l’Ouganda, qui vient à la deuxième place. Mathématiquement, cette dernière ne possède aucune chance de dépasser l’Egypte. « Je n’arrive pas à croire qu’on va disputer le Mondial. Je suis fier de faire partie de cette génération qui a réalisé cet exploit historique », a déclaré Ahmad Hégazi, défenseur de West Bromwich et de la sélection.

Suite au nul vierge de l’Ouganda face au Ghana samedi, l’Egypte a pris une grande option sur la qualification pour la Coupe du monde. Une simple victoire contre le Congo à domicile était nécessaire pour ouvrir la porte du Mondial. Et, personne n’avait prévu que les Congolais pouvaient résister face à une sélection égyptienne enthousiaste et soutenue par la présence de près de 80 000 supporters.

Mais les Congolais, habitués à jouer les trouble-fêtes dans le groupe, n’ont pas facilité la tâche aux Pharaons tout au long de la rencontre. Après une première mi-temps sans but, c’est le milieu prodige de la sélection Mohamad Salah qui a ouvert le score à la 62e minute. C’est alors que les Pharaons ont joué sur un ton notamment défensif afin de sécuriser la victoire. Mais c’était le choc qui a frappé le Stade de Borg Al-Arab à 3 minutes de la fin de la rencontre quand le remplaçant congolais Arnold Bouka a égalisé le score. Les Egyptiens ont vécu des moments difficiles à la suite du but congolais avant que Mohamad Salah — lui encore — ne concrétise un penalty au temps additionnel offrant à l’Egypte la victoire à la dernière minute. « On a vécu des moments noirs après le but congolais. C’était très difficile pour les joueurs de voir le rêve de se qualifier pour le Mondial s’effondrer devant nos yeux, mais on a réussi rapidement à regagner notre concentration et on a achevé notre mission », a déclaré le remplaçant Mahmoud Hassan, dit Trezeguet, qui a gagné le penalty de la victoire.

Qualification méritée

La qualification de l’Egypte pour la Coupe du monde est bien méritée. Les Pharaons ont réalisé un parcours presque parfait tout au long des qualifications. C’est vrai qu’ils ont tiré profit du fait d’être placés dans un groupe relativement facile. Mais les hommes d’Hector Cuper n’ont pas raté cette chance. Dès le tirage au sort, il était clair que la concurrence dans ce groupe E sera concentrée entre l’Egypte et le Ghana. Mais cette dernière a payé cher son mauvais début dans les qualifications avec ses deux matchs nuls à domicile avant de perdre contre l’Egypte à Alexandrie. Il était aussi clair que les Black Stars n’étaient plus l’équipe terrifiante de 2013 qui a humilié l’Egypte 6-1 à Kumasi lors du match de barrage pour le Mondial 2014.

En fait, c’était l’Ouganda qui avait un peu irrité l’Egypte, mais elle n’a pas réussi à faire pression sur les Pharaons qui ont finalement décroché le ticket du groupe à une journée de la fin des qualifications. « Cette qualification est bien méritée. C’est le fruit d’un grand travail de la part des joueurs et du cadre technique. On a déployé beaucoup d’efforts durant plus de deux années afin de réaliser cet objectif », confie Oussama Nabih, entraîneur de la sélection et adjoint de Cuper.

L’effet Cuper

Ce dernier est le principal artisan du sacre du Mondial. Aux commandes depuis mars 2015, Hector Cuper a réussi à construire une équipe assez puissante qui ne garantissait pas un grand spectacle, mais elle s’est montrée difficile à manoeuvrer pour ses adversaires. Ce réalisme de Cuper a mené les Pharaons, qui ont même disparu de la Coupe d’Afrique des nations pendant sept ans après leurs trois victoires consécutives en 2006, 2008 et 2010, à retrouver la compétition continentale une autre fois en 2017. Cette année, les champions historiques de la compétition avec 7 titres ont fait un retour en force en atteignant la finale de la CAN 2017, avant de rater la dernière marche contre le Cameroun.

Cuper a donc confirmé ses grandes capacités comme un grand entraîneur en concrétisant le rêve le plus cher pour les Egyptiens, en menant la sélection nationale vers le Mondial après 28 ans d’absence. « Je suis ravi de mener l’Egypte à la Coupe du monde. C’est formidable de dessiner la joie sur les visages d’un peuple fou de football comme celui de l’Egypte. Je remercie les supporters pour leur soutien. Ils ont joué un rôle primordial dans notre qualification avec leur présence massive dans les rencontres à domicile », a déclaré Cuper.

Critiqué pour son jeu défensif et réservé, Cuper fait partie de cette école d’entraîneurs qui préfèrent la défense. L’ancien entraîneur de l’Inter Milan choisissait toujours les tactiques qui conviennent avec les capacités de ses joueurs. C’est clair que cette génération de joueurs n’est pas la meilleure du football égyptien. Au moins, elle est inférieure à celle d’Abou-Treika, Ahmad Hassan, Hosni Abd-Rabbo, qui a remporté 3 titres consécutifs de la CAN. Mais cette génération a échoué d’atteindre le Mondial avant que Cuper ne réalise cet exploit avec la génération de Mohamad Salah.

« Le football est plus compliqué que les supporters ne le pensent. C’est normal qu’il y ait une grande différence entre la vision de l’entraîneur et celle des supporters. Mais c’est l’entraîneur qui possède toutes les informations et c’est lui qui assume la responsabilité », explique Cuper. « L’important est qu’on soit réaliste. On peut jouer avec un ton offensif et on assure le spectacle mais ça ne garantit pas la victoire. L’important c’est la victoire, c’est réaliser ses objectifs et je pense que j’ai réussi ma mission », ajoute-t-il.

Maintenant que le sélectionneur argentin a accompli sa mission avec la sélection, il est important de le laisser travailler tranquille pour préparer son équipe qui va représenter pour la Russie. « Jusqu’à présent, je suis l’entraîneur des Pharaons et je vais conduire l’équipe à la Coupe du monde. Si la Fédération égyptienne de football possède le désir de me limoger c’est une autre chose et je vais quitter mon poste directement », déclare le sélectionneur des Pharaons.

Les qualifications sont une étape qui s’est achevée en beauté. Place maintenant à la Coupe du monde. La fédération est appelée à faire un programme de préparation qui correspond à l’événement le plus important dans le monde du football afin de bien représenter le football égyptien à la compétition mondiale.

Parcours

Tour préliminaire

Tchad-Egypte 1-0

Ezechiel Ndousal 74’

Egypte-Tchad 4-0

Mohamad Al-Nenni 4’, Abdallah Al-Saïd 11,

Ahmad Hassan « Kouka » 36’,41’

Phase de poules

Congo-Egypte 1-2

Ferebory Dore 24’, Mohamad Salah 41’,

Abdallah Al-Saïd 58’

Egypte-Ghana 2-0

Mohamad Salah 45’ (pen), Abdallah Al-Saïd

Ouganda-Egypte 1-0

Emmanuel Okwi 51’

Egypte-Ouganda 1-0

Mohamad Salah 6’

Egypte-Congo 2-1

Mohamad Salah 62’, 90 (pen), Arnold Bouka 87’




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