Semaine du 4 au 10 octobre 2017 - Numéro 1194
Le handball égyptien se revigore
  Avec cinq joueurs évoluant en Europe, le handball égyptien aspire à retrouver son niveau d'antan.
Le handball égyptien se revigore
Mohamad Hachem a brillé avec l'équipe d'AIX cette saison. (Photo : Site officiel du club AIX)
Mohamed Mosselhi04-10-2017

Mohamad Sanad (Nîmes, France), Mohamad Mamdouh Hachem et Ali Zein (AIX, France), Yéhia Al-Dera (Ribe-Esbjerg, Danemark) et le gardien Karim Hindawi (Besiktas, Turquie), tels sont les noms des 5 joueurs de handball égyptiens évoluant actuellement dans des clubs européens. Ils ont réussi à faire un début de saison idéal, réalisant de grands succès avec leurs équipes respectives. Ainsi, le duo égyptien d’AIX a mené son équipe vers une actuelle quatrième place dans le Championnat français, l’un des principaux championnats du monde. Faisant partie de l’équipe depuis la saison dernière, après son transfert de Zamalek, Hachem est l’une des stars d’AIX et montre une performance solide en attaque comme en défense. Le pivot égyptien a marqué jusqu’à présent 8 buts en 3 rencontres et est devenu l’un des joueurs essentiels de l’équipe française. Quant à Zein, le fait qu’il n’a pas réussi à réaliser le même succès que son compatriote peut s’expliquer par le fait que l’arrière égyptien est en train de retrouver sa forme après une longue période d’absence due à une grave blessure au genou.

Avec un total de 16 buts en 3 rencontres, Sanad est l’auteur de la meilleure performance égyptienne en Europe. L’ancien ailier d’Héliopolis et de Zamalek réalise une performance forte et stable avec son équipe, qui occupe actuellement la sixième place du championnat. Révélation de la sélection nationale lors du dernier Championnat du monde en janvier 2017, Yéhia Al-Dera joue lui aussi bien dans son équipe danoise de Ribe-Esbjerg, pour laquelle il a inscrit 19 buts en 5 rencontres. Un excellent bilan pour un joueur qui fait ses premiers pas en Europe dans une compétition aussi importante que le Championnat danois. Enfin, n’oublions pas Karim Hindawi, gardien qui a mené son équipe turque vers une victoire contre Metalurg en Ligue des champions d’Europe.

« Le succès des joueurs égyptiens en Europe va avoir une bonne influence sur la sélection nationale et le handball égyptien. Les joueurs vont acquérir l’expérience nécessaire grâce à la confrontation avec des joueurs de classe mondiale », déclare Magdi Aboul-Magd, entraîneur de Zamalek. « Notre génération souffrait de ce manque d’expérience et de confrontation. En effet, malgré la présence de joueurs très doués, nous avons dû passer beaucoup de temps à faire des stages de préparation en Europe et à disputer des rencontres amicales avec des équipes européennes pour remédier à cette faiblesse. Maintenant, plus besoin de tout cela », ajoute Aboul-Magd, ancien membre de l’équipe égyptienne qui a réalisé l’exploit d’une 4e place au Mondial de France en 2001.

Une décision regrettable

C’est au début des années 1990 que les Egyptiens ont commencé à suivre les nouvelles de l’équipe nationale de handball, lorsque celle-ci a réussi à se qualifier pour le Mondial de 1993 pour la deuxième fois de son histoire après 1964. Cette équipe était à la hauteur des aspirations des Egyptiens, déçus par les nombreux échecs de l’équipe de football, et a réussi une belle performance lors du Mondial. Le handball égyptien a ensuite atteint son apogée en 2001, lorsque les Pharaons ont décroché une 4e place au Championnat du monde en France.

Depuis, le handball égyptien a connu une grande régression, l’équipe nationale n’ayant plus réussi à franchir le cap des 8es de finale lors d’un Mondial, avant de retrouver la forme au cours des trois dernières années. Elle présente aujourd’hui un niveau prometteur, qui démontre qu’elle est sur la bonne voie. « Nous n’avons pas réussi à poursuivre sur la lancée de notre succès en 2001. Cette génération était très douée, et plusieurs joueurs ont reçu des offres d’équipes européennes renommées. Mais malheureusement, ces offres ont été rejetées par la Fédération égyptienne de handball à l’époque », regrette Gohar Nabil, ancienne star du handball égyptien. Nabil fait allusion à une époque où le transfert des joueurs de la sélection nationale vers l’Europe était interdit avant l’âge de 30 ans. La fédération avait alors expliqué son refus par ses craintes que les joueurs égyptiens ne restent sur la touche dans les grandes équipes européennes et ne perdent leur niveau. « Le handball égyptien a beaucoup souffert de cette décision, surtout que le niveau de la majorité des joueurs de la sélection était supérieur à celui de la compétition locale, assez faible », indique Nabil.

L’arrière d’Ahli, Achraf Awad, et son homologue chez Zamalek, Hussein Zaki, sont les seuls à avoir eu l’occasion de partir en Europe. Awad a été transféré à Montpellier en France, tandis que Zaki s’est dirigé vers l’Espagne pour rejoindre la Ciudad Real. Le grand nom de ces équipes, figurant parmi les meilleures au monde, avait convaincu la fédération d’accepter leur transfert. Après la retraite de Awad et la majorité de cette génération dorée, Zaki a dû assumer, seul, la responsabilité de la sélection nationale, mais il y avait une grande différence entre son niveau et celui de ses coéquipiers.

Aujourd’hui, il apparaît que les responsables du handball égyptien ont tiré la leçon du passé. Cela a commencé avec le transfert de la star de la sélection Ahmad Al-Ahmar, qui a joué pour la très bonne formation allemande de Flensburg en 2015, avant de retourner à Zamalek. Selon Nabil, les 5 joueurs qui évoluent actuellement en Europe ont le potentiel de constituer le noyau d’une sélection égyptienne puissante, capable de rééditer les exploits du passé. « Je suis ravi du succès de nos joueurs en Europe. Eux et d’autres joueurs, à l’image de l’exceptionnel Ahmad Al-Ahmar, vont garantir un bel avenir au handball égyptien », conclut Nabil.




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