Semaine du 4 au 10 octobre 2017 - Numéro 1194
Libye : Des petits pas vers un règlement
Maha Salem avec agences04-10-2017
 
  Réunis à Tunis sous l'égide de l'Onu, les représentants des différentes autorités se disputant le pouvoir en Libye tentent de trouver un terrain d'entente pour un règlement politique à la crise libyenne. Une deuxième réunion est prévue la semaine prochaine.

Sous une forte pression de la communauté internationale, les deux camps rivaux libyens avancent dans les négociations de paix pour arriver à un accord sur la transition politique dans ce pays. C’est donc sous l’égide du nouveau représentant de l’Onu pour la Libye, Ghassan Salamé, que les représentants des autorités libyennes se sont retrouvés cette semaine en Tunisie afin de s’accorder sur les amendements à apporter à l’accord de Skhirat signé fin 2015 au Maroc pour mettre fin à la crise politique en Libye. « Après une semaine de travail commun, nous sommes arrivés à des consensus sur un nombre de points importants qui doivent être amendés pour que cet accord (de Skhirat) corresponde aux développements de la situation en Libye », a affirmé Salamé, en ajoutant qu’ils vont poursuivre leurs négociations. « Les deux camps rivaux vont reprendre les négociations dans une semaine pour continuer l’examen des points encore en suspens », a ajouté le diplomate onusien.

De son côté, Abdessalem Nssya, représentant du parlement libyen loyal aux autorités de l’est du pays, a déclaré que les pourparlers de Tunis ont abouti à « des compromis très importants pour réformer le pouvoir exécutif », a indiqué Nssya. Partageant le même avis, Moussa Fraj, représentant du Haut Conseil de l’Etat, un organe législatif siégeant à Tripoli, a affirmé que « l’ambiance était positive, sérieuse et franche. Nous voulons des amendements qui ouvrent la voie à la formation des instances d’un Etat actif et capable de diriger cette étape de l’histoire de la Libye ».

Salamé a présenté une nouvelle feuille de route pour la Libye pour redonner un avenir aux Libyens. Cette nouvelle feuille prévoit plusieurs étapes institutionnelles dont la plus importante est la création d’un comité exécutif rassemblant des représentants de toutes les factions et les communautés libyennes. Ensuite, une nouvelle Constitution devrait être soumise à référendum d’ici un an. Cette Constitution ouvrirait la voie à des élections générales dans le pays. « Si une dynamique se met en place, plusieurs étapes dans mon plan d’action vont se suivre, petit à petit, notamment au niveau législatif et au niveau constitutionnel », a fait valoir l’émissaire de l’Onu. Pour les renforcer à s’entendre, Ghassan Salamé a promis aux Libyens d’organiser, à l’Onu, une conférence nationale pour réintégrer tous les acteurs ostracisés ou marginalisés sur l’échiquier.

En effet, Salamé a présenté cette feuille de route après sa prise de fonctions en juillet dernier et au cours de multiples déplacements et rencontres sur le terrain. Selon lui, les accords de Skhirat restent le seul cadre valable. Signé fin 2015 au Maroc, sous l’égide de l’Onu, l’accord interlibyen de Skhirat a été appliqué, et un Gouvernement d’entente nationale (GNA), reconnu internationalement mais très faible politiquement, a été formé.Même s’il a réussi à étendre son influence dans la capitale depuis son installation à Tripoli en mars 2016, le GNA, dirigé par Fayez Al-Sarraj, peine à établir son autorité et est contesté par un cabinet et un parlement rivaux dans l’est du pays, appuyés par le maréchal Haftar, à la tête d’une armée nationale autoproclamée.

Haftar, interlocuteur incontournable

Parallèlement aux efforts de Salamé, l’homme fort de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, s’est rendu à Paris et à Rome cette semaine. Objectif : renforcer son statut d’interlocuteur indispensable pour résoudre la crise libyenne, source d’inquiétudes pour les pays européens en première ligne face à la crise migratoire et la menace terroriste. Paris avait organisé en juillet une rencontre entre le chef du GNA, Fayez Al-Sarraj, et le maréchal Haftar, qui avaient agréé une déclaration de principe pour sortir le pays du chaos. « Le gouvernement de Sarraj doit être réellement prêt au concept d’une réconciliation, d’un gouvernement d’union nationale. Il faut non seulement intégrer les autres factions et partager le pouvoir et les ressources avec eux, mais aussi il faut donner un poste-clé au maréchal Haftar », explique Dr Ayman Shabana, professeur à la faculté d’économie et de sciences politiques à l’Université du Caire. Car, selon l’analyste, « Haftar est considéré actuellement comme la clé pour résoudre la crise libyenne. Au cours de toutes ces années, Haftar a réussi à faire preuve de ses capacités et son influence. Maintenant, il devient de plus en plus plus fort, plus puissant et plus influent. Tout le monde, en Libye comme au sein de la communauté internationale, a fini par comprendre cette réalité ».



Mots clés:

Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire