Semaine du 20 au 26 septembre 2017 - Numéro 1192
Gymnastique : Farah Hussein, une championne en devenir
  A 16 ans, la gymnaste Farah Hussein a décroché deux médailles dès sa première participation à une compétition internationale seniors. Coup de projecteur sur une athlète prometteuse.
Gymnastique : Farah Hussein, une championne en devenir
Après ses deux médailles, Farah a les yeux fixés sur les JO de 2020. (Photo : Facebook)
Marianne Youssef20-09-2017

Agée de 16 ans, la gymnaste Farah Hussein n’est pas passée inaperçue lors de la Coupe du monde Challenge de gymnastique artistique qui s’est achevée en Bulgarie la semaine dernière. Il suffisait d’ob­server quelques instants la jeune athlète pour remarquer l’explosivité des figures, la détermination du regard et la confiance en soi.

Tous les regards étaient braqués sur la talentueuse athlète, qui a raflé, lors de sa première participa­tion internationale à la Coupe du monde Challenge avec les seniors, deux médailles : l’argent aux barres asymétriques avec un score de 12,850 et le bronze au sol avec un score de 12,750. « La Coupe du monde Challenge est un tournoi très disputé, auquel toutes les grandes nations de la discipline ont partici­pé. J’ai réalisé un exploit en rem­portant deux médailles. La plus pré­cieuse pour moi est la médaille d’argent, car j’ai réussi à devancer la Brésilienne Rebeca Andrade, une gymnaste très forte qui a remporté plusieurs médailles internatio­nales », se réjouit Farah Hussein.

Les performances de la gymnaste n’ont fait que confirmer son talent et son travail sérieux. « Je me suis beaucoup entraînée pour présenter des mouvements parfaits aux barres asymétriques, qui exigent une grande coordination et de la finesse, afin d’exploiter l’élasticité des barres », dit-elle. Les barres asymétriques sont en effet un agrès qui exige une grande force au niveau des bras, car la discipline consiste à réaliser des figures de voltige entre deux barres rondes et placées parallèlement à des hauteurs différentes.

L’exploit de Farah Hussein n’est pas dû au hasard, puisqu’elle a travaillé d’arrache-pied pour parvenir à ce niveau. Depuis deux ans, elle quitte sa famille à Alexandrie durant les mois d’été pour rejoindre un camp d’entraînement au Centre olym­pique de Maadi, au Caire. « Dès que les examens de fin d’année se terminent, je rejoins la sélection au Centre olympique de Maadi et ne rentre que quelques jours avant le début de l’année scolaire. Mon programme d’entraînement est très strict. J’ai une grande volonté de pro­gresser, surtout qu’il s’agit d’une disci­pline très technique qui exige un travail continu », confie-t-elle. Son entraîneur Amani Gamaleddine loue, quant à elle, le sérieux de la jeune fille : « Farah fait preuve de beaucoup de rigueur dans son travail. Elle fait tout pour progresser et essaie toujours de donner le meilleur d’elle-même ».

Un talent précoce

Farah Hussein a commencé la gymnas­tique artistique à l’âge de 5 ans. Originaire d’Alexandrie, elle a fait ses premiers pas au Club de l’Institution militaire d’Alexandrie. « Au début, j’ai fait de l’aérobic, un genre de gymnas­tique qui se limite à exercer des figures acrobatiques. Mon entraîneur a remar­qué mon talent et a suggéré que je me mette à la gymnastique artistique. J’ai rejoint l’équipe du Club de l’Institution militaire. Grâce à mes bons résultats aux Championnats de la République, j’ai pu rejoindre la sélection juniors à l’âge de 12 ans », raconte Farah. Malgré son jeune âge, Farah a raflé une série de médailles dans les tournois arabes, africains et internationaux.

En 2015, elle a ainsi décroché une médaille d’or aux Championnats arabes juniors aux barres asymétriques. En 2016, elle a remporté l’or sur le même agrès au Championnat inter­national d’Ukraine. La même année, elle a décroché une médaille d’argent aux barres asymétriques et une de bronze à la poutre aux Championnats d’Afrique juniors. « Mes deux agrès préférés et sur lesquels j’ai remporté le plus de médailles sont les barres asymétriques et la poutre. Ce qui me passionne dans la gym­nastique ? Les défis qu’on se fixe à soi-même. Le mien est d’améliorer mon niveau à la poutre, qui me fait encore perdre des points. C’est aussi l’agrès qui comporte le plus de risques de chute. On ne dispose que de 10 centimètres pour réaliser ces mouvements », explique Farah. Et de poursuivre : « L’équilibre est la condition sine qua non pour progresser à la poutre avec maîtrise et souplesse. Un pas de travers et c’est la chute ».

Après ses débuts couronnés de succès au sein de la sélection des seniors, Farah Hussein a commencé à réfléchir aux prochaines étapes. « Le prochain défi, ce sont les Mondiaux au Canada en octobre prochain. Mon rêve est de remporter une médaille sur un des agrès. Mon autre rêve, c’est de me qualifier pour les Jeux Olympiques (JO) de Tokyo en 2020 », conclut la gymnaste.




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