Semaine du 9 au 15 août 2017 - Numéro 1187
Des transports en commun 5 étoiles
  De nouveaux minibus offrant des services de luxe sont entrés en service au Caire. Une alternative proposée aux propriétaires des voitures privées, dans le but de désengorger les rues de la capitale asphyxiée par les embouteillages.
Des transports en commun 5 étoiles
May Al-Maghrabi09-08-2017

De nouveaux minibus climatisés et équipés « luxueusement », similaires à ceux vus dans les rues des villes occidentales, sont désormais en service aux rues du Caire, habité par 22,9 millions de personnes et où le nombre de voitures privées est estimé à plus de 2 millions. En phase expérimentale, 50 minibus climatisés sont entrés en service depuis le 1er août. « En offrant ce service distingué à un bon prix, on cherche à encourager les propriétaires des voitures à utiliser les moyens de transport en commun. Cela permettra de réduire le taux de pollution et surtout d’alléger l’embouteillage. En cas de réussite de l’expérience, elle sera généralisée au niveau de tous les gouvernorats », a déclaré Rezq Ali, président de l’Organisme du transport public. Les 50 véhicules en question servent quarte lignes desservant les zones de Choubra, l’aéroport international du Caire, Imbaba, centre-ville, Ramsès, Héliopolis et la ville d’Al-Obour.

Les nouveaux minibus sont équipés d’un certain nombre d’options, y compris un wi-fi gratuit et un accès USB pour permettre aux passagers de recharger leurs portables. Il y existe aussi des caméras de vidéosurveillance, des écrans numériques signalant les stations d’arrêt et le trajet ainsi que des écrans de divertissement. Le tarif du nouveau minibus transportant 26 personnes est de 5 L.E., payé par le biais d’une carte à puce prépayée. L’utilisateur pourra la recharger par la somme qu’il veut. A savoir que les bus publics « normaux » vient de passer à 2.5 L.E.

Ce projet est une première coopération entre le gouvernement et le secteur privé dans le domaine du transport public. Ainsi, comme l’indique Ali, le rôle de l’Organisme du transport se limitera à superviser le fonctionnement de ce projet financé à 70 % par l’entreprise privée Emirats National Group. Dans un communiqué, l’entreprise émiratie a déclaré que dans une première phase de ce projet, elle envisage faire entrer en service 180 autobus et minibus qui serviront 18 lignes au Caire. Les véhicules seront mis en service graduellement d’ici juin 2018. « Nous allons superviser de près du service offert, la connexion wi-fi, la climatisation, etc. Il ne sera pas acceptable de faire payer au passager 5 L.E., voire le double du tarif du transport public, et après un mois, il trouve que les options du service distingué sont hors service. L’Organisme appliquera un contrôle strict sur ce projet et tout bus où les services ne sont pas au beau fixe sera immédiatement suspendu », a souligné Ali. Outre les 180 autobus privés, Ali a déclaré que l’autorité envisage de mettre en service environ 170 bus de style européen avec les mêmes caractéristiques. Il s’agit notamment de 13 double-deckers qui seront mis en service au Caire avant la fin de l’année 2017 et de 150 minibus qui entreront en service d’ici juin 2018. L’Organisme du transport public envisage aussi faire circuler 300 bus à gaz naturel dans la capitale pour réduire le taux de la pollution.

Le député Hussein Aboul-Wafa, membre du comité de transport au parlement, qualifie cette initiative de « positive », appelant à sa généralisation. « La coopération entre le secteur privé et public dans le domaine du transport est nécessaire pour relancer ce secteur qui souffre de déficit budgétaire et enregistre des pertes annuelles estimées à 260 millions de L.E. Cette coopération permettra d’améliorer le service et augmentera les ressources de l’Organisme du transport public », estime Aboul-Wafa. Il ajoute que pour garantir la réussite de l’expérience, il faut surveiller la qualité de service des nouveaux bus et surtout assurer que le tarif n’augmente pas.




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