Semaine 12 au 18 juillet 2017 - Numéro 1183
La victoire du maréchal
Al-Ahram Hebdo12-07-2017
 
 

Des milliers d’habitants de Benghazi sont descendus dans les rues dans la nuit de mer­credi à jeudi pour fêter la libération de la ville, plongée dans le chaos depuis des années, des mains des djiha­distes. Mercredi soir, le maré­chal Khalifa Haftar, comman­dant de l’armée nationale libyenne, a annoncé la libéra­tion totale de Benghazi après plus de trois ans de combats meurtriers avec les groupes extrémistes. Ses forces armées sont venues à bout des derniers djihadistes qui étaient cernés depuis plu­sieurs semaines dans leurs derniers repaires, dans les quartiers de Soug Al-Hout et Al-Sabri au centre de la ville.En 2014, le maréchal Haftar avait lancé l’opération « Dignité » pour reprendre Benghazi, bastion de la révolu­tion libyenne de 2011 qui avait chassé du pouvoir Muammar Kadhafi. La ville était, après la révolution, tombée aux mains des djihadistes. Et depuis, des combats quasi quotidiens y opposaient les forces pro-Haf­tar aux groupes extrémistes, laissant des quartiers en ruine.

Quelle est la portée de cette victoire du général Haftar ? Va-t-elle changer les rapports de force en Libye ? Le pays est tiraillé entre un gouvernement d’union nationale basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, et des autorités non reconnues basées dans l’Est du pays, auxquelles est lié le maréchal Haftar. Avec cette victoire, le maréchal Haftar devient un acteur incontour­nable sur la scène libyenne. Exclu de l’accord de Skhirat en 2015, il est désormais en posi­tion de force face aux milices de Misrata, et au gouverne­ment d’union nationale de Fayez Al-Sarraj. Ce dernier, faible et incapable de former une armée, n’a jamais pu impo­ser son autorité. La conquête de Benghazi permet en outre au maréchal, qui s’érige en rempart contre les djihadistes, de mieux se positionner politi­quement et surtout de redo­rer son blason face aux Occidentaux, qui ont pris acte de ses victoires militaires. L’ambassadeur britannique en Libye, Peter Mllett, s’est félicité de « la libération de Benghazi » en affirmant que « le terrorisme n’a pas sa place en Libye. Espérons que cela apporte paix, sécurité et prospérité pour les gens de Benghazi ».

Haftar domine l’Est de la Libye et contrôle les puits pétroliers. Il a conquis des villes stratégiques au sud. Le premier défi auquel il sera confronté sera de sécuriser la ville de Benghazi. Car, en dépit de leur défaite, les djihadistes pourraient tenter de semer à nouveau le chaos en perpé­trant des attentats. Les vic­toires du maréchal Haftar vont peut-être bouleverser la scène libyenne .




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