Semaine 12 au 18 juillet 2017 - Numéro 1183
Le « non » de l’opposition turque
 
Le « non » de l’opposition turque
(Photo : Reuters)
Maha Al-Cherbini avec agences12-07-2017

Le chef de l’opposition turque a bouclé dimanche sa « marche pour la justice », menée depuis le 15 juin dernier d’Ankara à Istanbul pour protester contre l’incarcération d’un élu de sa formation, et s’adresser à la foule lors d’un rassemblement géant devant une prison près d’Istanbul. Kemal Kiliçdaroglu, chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a effectué à 68 ans une marche de 450 km de la capitale turque jusqu’à Istanbul, pour dénoncer la condamnation à 25 ans de prison du député Enis Berberoglu, reconnu coupable d’avoir fourni au quotidien d’opposition Cumhuriyet des informations confidentielles. Cette initiative s’est transformée en une marche rassemblant des milliers d’opposants au président Recep Tayyip Erdogan. Le président Erdogan, lui, a accusé M. Kiliçdaroglu de se ranger du côté des « terroristes » et l’a même mis en garde contre une possible convocation judiciaire.

Kemal Kiliçdaroglu, qui avançait sans insigne partisane et avec « Justice » comme seul mot d’ordre, est entré dans Istanbul vendredi, rallié par une foule croissante de dizaines de milliers de participants et applaudi dans la rue et aux fenêtres par de nombreux spectateurs du cortège. Des milliers de personnes se sont ensuite rassemblés à Maltepe, un district d’Istanbul, devant la prison où est incarcéré depuis le 14 juin Enis Berberoglu. Dans une déclaration écrite à l’AFP, le chef du CHP a dénoncé un pays « dirigé d’une manière arbitraire » où « les limites du droit ont été dépassées ». « A l’heure actuelle, le parlement en Turquie est hors service et le pays est dirigé par décrets par Erdogan », poursuit-il, ajoutant que « l’indépendance judiciaire a été complètement abolie ». L’opposition en Turquie dénonce une dérive autoritaire du président Erdogan, notamment depuis l’adoption par référendum en avril d’un renforcement de ses pouvoirs et depuis les purges effectuées après la tentative de putsch il y a un an : environ 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.



Mots clés:

Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire