Semaine 12 au 18 juillet 2017 - Numéro 1183
Des préoccupations communes et des relations solides
  Les relations égypto-françaises iront en se renforçant autour d'intérêts communs, notamment la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine.
Des préoccupations communes et des relations solides
(Photo : AFP)
Chaïmaa Abdel-Hamid12-07-2017

L’Egypte reste pour la France un partenaire essentiel dans une région en pleine ébullition. La France partage peu ou prou avec l’Egypte la même convergence de vues sur les intérêts et sur les crises régionales en cours. Les domaines d’intérêt communs sont multiples entre les deux pays. Sous la nouvelle direction du président Macron, il n’y aura pas de virage dans les relations bilatérales solides et straté-giques comme le fait remarquer le polito¬logue Hicham Mourad, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire. « On ne peut pas parler d’une nouvelle politique franco-égyptienne sous Macron, mais plutôt d’une conti¬nuité des bonnes relations bilatérales qui existaient déjà sous Hollande », estime Mourad. La lutte contre le terrorisme reste le dossier le plus épineux qui a plaidé pour le renforcement des liens. Comme pour tous les pays européens, la France s’in¬quiète de la montée en puissance du ter¬rorisme dans le monde.

Elle soutient l’Egypte dans la guerre qu’elle mène contre les entités terroristes implantées dans le Sinaï et provenant des frontières. Elle a été elle-même cible de graves attentats terroristes, notamment en jan¬vier et en novembre 2015. C’est ce que rappelle Saïd Issa, spécialiste des rela¬tions internationales au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, qui explique aussi que « dans le fond, les risques posés par l’expansion de la menace terroriste à l’est de la Libye n’ont fait qu’accentuer la convergence de vues entre Paris et Le Caire sur la priorité que constitue la lutte antiterro¬riste et la nécessité de maintenir un par¬tenariat étroit ». La France, comme beaucoup d’autres pays européens, s’in¬quiète de la présence en Libye de milliers de terroristes de l’EI qui menacent les frontières sud de l’Europe et pourraient provoquer un exode massif de la popula¬tion vers le vieux continent. La question libyenne Pareillement pour l’Egypte qui, elle aussi, est menacée par la porosité des frontières avec la Libye. La frontière égypto-libyenne constitue depuis long¬temps une menace pour la sécurité inté¬rieure égyptienne. Des armes et des combattants traversent la frontière et rejoignent le Sinaï où officie une autre branche de l’EI. Comme l’explique Hicham Mourad : « La France est aujourd’hui l’un des plus importants fournisseurs d’armes et d’engins mili¬taires à l’Egypte. Si cette coopération s’est dernièrement accentuée, c’est pour garantir et aider à la stabilité de l’Egypte, pivot d’un Proche-Orient en proie au chaos. La France considère que l’Egypte est l’un des rares pays qui restent relati¬vement stables dans une région quasi¬ment en recomposition. Elle maintient une armée forte qui peut jouer un rôle central et efficace contre le terrorisme qui se propage dans la région et qui sûre¬ment atteint un bon nombre de pays européens », précise le politologue.

C’est dans ce contexte que plusieurs accords ont été conclus dans le domaine militaire, poursuivant ainsi une coopération entre les deux pays qui s’est accentuée pendant les quelques dernières années. A rappeler que l’Egypte avait conclu des contrats d’armement avec la France pour plus de 6 milliards d’euros, comprenant notam¬ment des avions Rafale, une frégate, deux porte-hélicoptères Mistral et des missiles. De même, les deux pays sont détermi¬nés à soutenir la mobilisation internatio¬nale pour lutter contre le financement des organisations terroristes qui menacent la sécurité régionale et mondiale. « La France a soutenu les propos de la direc¬tion égyptienne concernant la nécessité de faire face non pas seulement au terro¬risme et à l’extrémisme, mais surtout aussi aux pays qui soutiennent, héber¬gent ou financent ces organisations », souligne Mourad. Syrie et Palestine Les conflits dans la région, notamment en Syrie et en Palestine, sont aussi l’objet de convergence de points de vue entre Le Caire et Paris. La Syrie, tout comme la Libye, menace l’Europe par la présence de groupes terroristes aussi bien que par ses grands nombres de réfugiés. Quant à la question palestinienne, l’initiative française de relance des négociations entre Israéliens et Palestiniens a été fortement soutenue par l’Egypte. Pour le rappeler, il y a plusieurs mois, la France avait lancé l’idée d’accueillir une conférence inter¬nationale pour relancer les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens. Paris avait promis de reconnaître l’Etat palestinien si les négociations échouaient avant que le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, n’ait indiqué que la reconnais¬sance ne serait pas automatique.



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