Semaine du 17 au 23 mai 2017 - Numéro 1176
L’Egypte sur la bonne voie
  Le Fonds Monétaire International (FMI) a applaudi les réformes du gouvernement égyptien. L'institution monétaire a donné son accord pour débloquer la deuxième partie de la première tranche du prêt accordé à l'Egypte.
L’Egypte sur la bonne voie
Le chef de la mission applaudit les réformes du gouvernement égyptien. (Photo : Reuters)
Névine Kamel17-05-2017

L’egypte va recevoir la deuxième partie de la pre­mière tranche du prêt du FMI fin juin. C’est ce qu’a affirmé Chris Jarvis, chef de la mission de l’Egypte auprès du FMI, à la fin de sa visite samedi dernier. Une mission du FMI dirigée par Jarvis a visité Le Caire du 30 avril au 11 mai 2017 pour le premier examen du programme de réforme économique égyptien, soutenu par le FMI, de trois ans.

A la fin de la visite, la mission a approuvé le déblocage des 1,25 milliard de dollars qui restent de la première tranche du prêt. Cette somme doit encore être avalisée par le conseil d’administration du FMI, après un accord au niveau des experts. Des procédures qui néces­sitent au moins 6 semaines, avant que la somme ne soit versée au Trésor égyptien fin juin. « La conclusion de l’accord avec le gou­vernement égyptien reflète la confiance du FMI vis-à-vis du gou­vernement égyptien et sa capacité à appliquer ce qui reste du pro­gramme de réforme égyptien. Le gouvernement égyptien a prévu un budget très fort. Une fois approuvé par le gouvernement, nous assiste­rons à une baisse tangible du défi­cit budgétaire. Ce sera un bon départ », a dit Jarvis dans commu­niqué de presse publié à la fin de sa visite.

Cette approbation de l’institution monétaire internationale est inter­venue suite aux mesures de réforme introduites par le gouvernement comme l’application de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), le flotte­ment de la L.E. et la restructuration des subventions à l’énergie. « Des réformes qui se sont tout de suite reflétées sur les indices écono­miques », explique Jarvis.

Ces mesures, poursuit le chef de la mission, ont réussi à résoudre la pénurie des devises étrangères sur le marché égyptien ainsi qu’à rega­gner la confiance des investisseurs étrangers. « L’appétit des investis­seurs pour l’achat des obligations en dollars souligne cette réalité ».

Plus important encore. Les indices économiques témoignent d’un rebond de l’économie. Selon les chiffres du ministère des Finances, le taux de croissance a atteint 3,9 % au cours du premier trimestre de 2019, le déficit budgé­taire a enregistré une baisse de 2 % du PIB au cours de la même période, et les exportations ont enregistré une hausse comprise entre 3 et 5 % au cours de la même période. L’Egypte est donc sur la bonne voie. Car le gouvernement vise à réduire le déficit à 9,1 % en 2017/18, contre 10,5 à 10,7 % au cours de l’année fiscale en cours, et 12,2 % l’année passée.Et ce n’est pas tout. « Nous applau­dissons également le plan du gou­vernement visant à introduire une deuxième hausse de la taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que la pour­suite de la réforme des subventions sur une période de 3 ans », a dit Jarvis.

Les réformes adoptées au niveau juridique sont aussi importantes, selon un rapport du FMI qui évoque l’approbation des deux lois sur l’in­vestissement et les permis indus­triels. « Ces deux lois permettront au pays d’attirer de nouveaux investisseurs et de relancer les exportations et la production indus­trielle », assure Jarvis.

La protection sociale, une priorité

Le rapport souligne la nécessité de mettre en place des mesures de protection sociale en parallèle, pour que les classes pauvres puissent faire face aux répercussions de la réforme. « Nous sommes satisfaits des mesures de protection sociale engagées par le gouvernement. Takafol we Karama est une bonne initiative », dit Jarvis. « Faire face à la hausse de l’infaltion est un défi important pour assurer la protec­tion sociale. Et la BCE possède les outils nécessaires pour réaliser un tel objectif. Nous sommes confiants », assure Jarvis.

Selon les chiffres de l’Organisme central pour la mobilisation et le recensement, le taux d’inflation tourne autour des 30 % depuis le début de 2017. « Malgré ce chiffre élevé, la hausse a été freinée au cours des deux derniers mois », explique Alia Kamel, analyste éco­nomique auprès d’une banque d’in­vestissement.

Le gouvernement égyptien avait présenté, fin juillet dernier, une demande auprès du FMI pour obte­nir un prêt de 12 milliards de dol­lars. Une délégation du FMI était alors venue en Egypte, et les deux parties avaient discuté, deux semaines durant, du programme de réforme présenté par le gouverne­ment. Suite à ces discussions, le FMI a approuvé la demande égyp­tienne et le pays a reçu la première tranche d’une valeur de 2,75 mil­liards de dollars en novembre. Le prêt de 12 milliards de dollars sera remboursé sur 10 ans avec un délai de grâce de 4 à 5 ans.

En échange du prêt, l’Egypte devait mettre en application les réformes mentionnées. « La mission a applau­di les réformes que le gouvernement égyptien et la BCE entendent mettre en place au cours de la prochaine période. Le citoyen sera notre prio­rité au cours de la prochaine période. Ne vous inquiétez pas », a conclu le ministre des Finances, Amr Al-Garhi, en dévoilant la hausse du budget de Takafol we Karama de 50 %, et celui des subventions des produits ali­mentaires de 30 % dans le nouveau budget .




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