Semaine du 3 au 9 mai 2017 - Numéro 1174
Le président poursuit son dialogue avec les jeunes
  Le troisième Forum des jeunes s'est tenu cette semaine à Ismaïliya. L'occasion pour la jeunesse égyptienne de la région du Canal d'exprimer leurs soucis au président Abdel-Fattah Al-Sissi.
Le président poursuit son dialogue avec les jeunes
May Al-Maghrabi03-05-2017

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a participé au troi­sième Forum mensuel des jeunes, qui s’est tenu du 25 au 27 avril à Ismaïliya, ville proche du Canal du Suez. L’événement a coïn­cidé avec la célébration de la fête de la libération du Sinaï, région qui est actuellement le théâtre d’une guerre sans merci contre les groupes terro­ristes. « La guerre de la libération du Sinaï a suscité l’unité nationale à laquelle le terrorisme tente aujourd’hui de nuire. Nous sommes déterminés à vaincre le terrorisme dans le Sinaï », a affirmé le prési­dent. Il a contredit les rumeurs et assuré aux Sinawis qu’il n’était pas question d’évacuer le Sinaï. Le pré­sident a également mis en garde les pays qui financent et soutiennent le terrorisme. « Je préviens ces pays contre les dangers de ce fléau, qui reste proche d’eux ». Le président a également salué les efforts de l’ar­mée et de la police dans la lutte antiterroriste. Ceux-ci ont réussi à « assiéger et affaiblir les groupes terroristes qui n’occupent que 1 % de la superficie totale de la pénin­sule du Sinaï », a affirmé le prési­dent. « Le combat contre le terro­risme est mené sur plusieurs fronts, tant sécuritaire qu’idéologique », a-t-il précisé.

Il s’agit là de quelques-uns des sujets qui ont été abordés lors de la conférence de la jeunesse à laquelle ont participé 1 200 jeunes des villes avoisinant le Canal de Suez. Ceux-ci viennent de différentes universités, de différents partis politiques et syn­dicats, il s’agissait également de députés et de personnalités poli­tiques. Le premier ministre, Chérif Ismaïl, ainsi que de nombreux ministres — de la Défense, de l’In­térieur, du Logement, de l’Approvi­sionnement et du Transport — étaient présents afin de présenter aux jeunes les projets du gouvernement. Durant ces trois jours, le président Sissi a discuté avec les jeunes participants et a répondu à leurs questions, même les plus franches. « Je n’agirai pas contre la volonté des Egyptiens. Le sort du pays est entre les mains de son peuple », a-t-il affirmé mercre­di, pour répondre à la question d’un congressiste quant à son éventuel échec lors des prochaines élections. A cette occasion, le président a appelé les Egyptiens à participer massivement aux prochaines élec­tions présidentielles prévues en 2018.

Le président n’a pas hésité face aux questions sur la rétrocession des deux îles de Tiran et Sanafir à l’Ara­bie saoudite en vertu de l’accord sur la délimitation des frontières mari­times. « Le rôle du pouvoir exécutif dans cette affaire est terminé. Aujourd’hui, l’affaire est entre les mains de la justice et du pouvoir législatif. Il faut respecter les procé­dures constitutionnelles et le prin­cipe de séparation des pouvoirs », a-t-il affirmé.

La position du régime face à l’op­position politique a également fait l’objet de questions par les jeunes. Ceux-ci se demandaient si, dans un contexte de guerre contre le terro­risme, l’Egypte ne pourrait pas emboîter le pas à d’autres pays arabes en réprimant l’opposition. Une hypothèse que le président a catégoriquement rejetée, soulignant qu’il n’a pas pris et ne prendra pas de mesures réprimant l’opposition : « Je respecte et je soutiens toutes les forces politiques et partenaires au processus politique. Qu’il s’agisse de partisans ou d’opposants au régime, ils sont tous égyptiens ».

L’économique, une priorité

Cette conférence s’est de même et surtout penchée sur les problèmes quotidiens des citoyens, notamment la crise économique, la flambée des prix, la qualité des services sani­taires, les perspectives de dévelop­pement durable dans le secteur éner­gétique, le terrorisme ou encore la situation dans le Sinaï. Selon le pré­sident, qui s’est dit optimiste pour l’avenir, pour pouvoir surmonter ces défis, les Egyptiens doivent être « solidaires et loyaux ». La crise économique, ses répercussions et les solutions envisagées ont été les thèmes les plus abordés au cours de la conférence. « J’apprécie le fait que le peuple égyptien supporte les conditions économiques difficiles comme la hausse des prix. En dépit de ses répercussions, la réforme économique était une nécessité pour remédier à la défaillance structurale de l’économie », a affirmé le prési­dent, révélant que la dette publique a atteint 3,4 trillions de L.E. « La dette a été multipliée par 4 depuis 2011. Le problème de la dette réside dans le déséquilibre entre les impor­tantes dépenses de l’Etat et à ses revenus. Le gouvernement consacre toujours 350 milliards de L.E. à la subvention des produits élémen­taires, des carburants et de l’électri­cité », a détaillé le président. Il a souligné qu’avec une croissance démographique annuelle de 2,5 %, il est nécessaire que le taux de crois­sance économique atteigne les 8 %, afin que les conditions de vie des citoyens s’améliorent.

Sur le même dossier, il a rassuré que le plan de réforme économique va dans le bon sens et que ses résul­tats sont « prometteurs », faisant référence à la baisse des importa­tions et à l’augmentation des expor­tations depuis la dévaluation de la monnaie. Le président a aussi évo­qué les efforts de la lutte contre la corruption et les mesures prises pour contrôler les marchés.

Au terme des trois jours de confé­rence, le président s’est déclaré satisfait des résultats obtenus, sur­tout pour le maintien du dialogue entre les jeunes et le gouvernement. Il a également annoncé la tenue d’une conférence mondiale de la jeunesse en octobre 2017 à Charm Al-Cheikh. « Ce sera un message de paix et de développement qu’adres­sera l’Egypte à la communauté internationale », a-t-il déclaré. Il a aussi annoncé que 2018 sera décla­rée l’année des handicapés.

Enrichir la vie politique

Ces réunions mensuelles entre les jeunes et le président Al-Sissi ont été décidées lors de la 1re Conférence nationale des jeunes qui s’est tenue en octobre 2016 à Charm Al-Cheikh. Selon le député Jean Talaat, ouvrir des voix de communication entre les jeunes et l’exécutif est quelque chose de positif. « Ces réunions per­mettent surtout aux jeunes d’expri­mer leurs opinions sur les dossiers politiques, économiques et sociaux, mais aussi de proposer et de discuter de solutions avec les responsables. La participation des jeunes à travers des canaux légitimes enrichit la vie politique », pense Talaat.

Cette portée a également été souli­gnée par le président lors de son discours de clôture jeudi soir. Il a notamment indiqué que le gouverne­ment prend en considération les avis des jeunes recueillis dans le cadre de ces forums. « La réussite de ces ren­contres avec les jeunes m’a encou­ragé à les rendre périodiques. Les recommandations issues des précé­dentes réunions ont été sur l’agenda du gouvernement et certains d’entre elles ont été d’ailleurs mises en place. J’ai une confiance sans limite dans la jeunesse », a affirmé le prési­dent.




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