Semaine du 26 avril au 2 mai 2017 - Numéro 1173
Karim Youssef : En termes d’infrastructures arbitrales, l’Egypte s’en sort bien
  Karim Youssef, expert international reconnu en matière d’arbitrage, revient sur la situation de l’arbitrage en Egypte.
Karim Youssef
Sarah El-Gindi26-04-2017

Al-Ahram Hebdo : Quelle est la position de l’Egypte vis-à-vis de l’arbitrage ?
Karim Youssef : L’Egypte est, et a toujours été, l’un des pays qui ont le plus recours à l’ar­bitrage dans la région. Le pays a été confronté à des affaires majeures dans l’histoire de l’arbi­trage, dont l’affaire des pyramides et d’autres après le Printemps arabe. En termes d’infras­tructures arbitrales, l’Egypte s’en sort bien. Elle a une loi sur l’arbitrage calqué sur le modèle CNUDCI et possède l’une des institutions arbi­trales les plus importantes de la région : le Centre régional du Caire. Dans certaines affaires, les juges ont adopté des positions avant-gardistes reflétant la jurisprudence fran­çaise ou américaine.

— Quels sont les principaux problèmes de l’arbitrage en Egypte ?
— Parmi les problèmes, je peux citer l’inco­hérence de la jurisprudence, car les tribunaux peuvent parfois faire preuve de chauvinisme. De plus, les règles applicables ne sont pas tou­jours claires, notamment en matière d’exécu­tion des sentences étrangères

— La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) prépare actuellement une formation afin de familiariser les juges égyptiens aux modes alternatifs de règlement des différends (ADR) dont l’arbitrage. Qu’en pensez-vous ?
— Je pense que c’est une très bonne idée. De telles initiatives ont déjà été prises par le passé, notamment par Farouq Seif Al-Nasr, remar­quable ministre de la Justice. Les juges en exercice devraient être familiarisés avec ces mécanismes, notamment l’arbitrage.

De même, il ne s’agit pas d’une simple ques­tion de sensibilisation. Ce type de formation permet à l’autorité judiciaire d’être consciente des problématiques spécifiques à l’arbitrage, ce qui est une condition sine qua non pour établir un environnement juridique favorable à l’arbitrage. Ce phénomène est apparu en Egypte depuis un peu plus de 10 ans comme peuvent en témoigner les décisions qui sont régulièrement émises par la Cour de cassation et la Cour d’appel du Caire l




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