Semaine du 22 au 28 février 2017 - Numéro 1164
Coopération renforcée entre l’Egypte et le Kenya
  Le président Abdel-Fattah Al-Sissi s'est rendu samedi dernier au Kenya. Une première visite officielle qui vise à renforcer les échanges entre Le Caire et Nairobi sur les plans économique, social et sécuritaire.
Coopération renforcée entre l’Egypte et le Kenya
Le président Sissi a souligné le soutien de l’Egypte au Kenya dans la lutte contre le terrorisme et les efforts mis en place pour assurer la paix régionale. (Photo : AFP)
May Al-Maghrabi22-02-2017

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi s’est rendu au Kenya, samedi 18 février, pour une visite éclair. Accompagné d’une délégation, le président égyptien est arrivé en début de matinée dans la capitale Nairobi, où il a été reçu par le prési­dent kényan, Uhuru Kenyatta, au palais présidentiel. Lors de la ren­contre, les deux pays se sont enga­gés à accroître leurs échanges bila­téraux afin de renforcer leurs liens déjà solides. Selon le porte-parole de la présidence, Alaa Youssef, les deux présidents ont discuté de la coopération entre Le Caire et Nairobi, sur les plans économique, politique, sécuritaire et hydraulique.

Le président Sissi et son homolo­gue kényan se sont entretenus à huis clos avant de tenir une conférence de presse conjointe. « Le Caire sou­haitait intensifier ses échanges avec le Kenya, un élément-clé pour ren­forcer les liens historiques entre les deux pays », a annoncé le président Sissi. Lors de la conférence, les deux présidents ont déclaré avoir discuté de la menace des groupes terroristes sur la stabilité des pays africains, ainsi que des possibilités d’accords sécuritaires pour y faire face. Avec une volonté affichée d’élargir leurs domaines de coopé­ration bilatérale, les deux présidents ont apporté une attention particu­lière à la lutte contre « l’extrémisme violent » et « la radicalisation en Afrique ». A cet égard, le président Sissi a réaffirmé « le soutien de l’Egypte au Kenya dans la lutte contre le terrorisme et les efforts mis en place pour assurer la paix régionale ». A ce propos, le prési­dent Kenyatta a déclaré : « Le Kenya reconnaît le bon travail de l’Egypte dans la lutte contre ces vices, et j’ai réitéré notre volonté de nous associer à cette tâche ».

Concernant la coopération écono­mique, il a indiqué que les deux pays préparent des accords visant à surmonter les obstacles qui entra­vent les échanges commerciaux et les investissements entre les deux pays.

Le volume total des échanges entre le Kenya et l’Egypte s’élevait à environ 450 millions de dollars en 2015 alors qu’il approchait les 597 millions de dollars en 2012, selon les statistiques officielles. L’Egypte est d’ailleurs le deuxième plus grand importateur de thé kényan. « Il ne suffit pas de signer des accords, nous devons veiller à ce qu’ils soient respectés dans l’intérêt mutuel des populations de nos deux pays », a affirmé Kenyatta. Ce der­nier est par ailleurs revenu sur la nécessité de mettre en oeuvre les accords signés par le passé et d’en établir de nouveaux pour éviter la double imposition ou encore pro­mouvoir et protéger les investisse­ments. Des objectifs que les deux pays pourront atteindre via la Commission mixte de coopération Kenya-Egypte, qui en est aujourd’hui à son sixième cycle et est considérée par Kenyatta comme « le bon outil de promotion de la coopération politique, économique et sociale entre les deux pays ». La septième session de cette commis­sion mixte devra se dérouler en Egypte avant la fin de cette année. Pour conclure la conférence de presse, Kenyatta a salué la coopéra­tion technique entre les deux pays, revenant sur les formations propo­sées par l’Agence égyptienne de partenariat pour le développement pour les travailleurs publics kényans, dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de la sécuri­té, des TIC et de la diplomatie.

Cette visite a été courte, mais elle a porté ses fruits selon le poli­tologue, Mohamad Ezz Al-Arab, spécialiste des affaires africaines. Ce dernier salue la politique de l’Egypte qui tente de se faire une place sur le continent noir et de sécuriser ses intérêts. Sous les régimes des présidents Sadate et Moubarak, l’Egypte a presque dis­paru de la scène politique afri­caine. « Ce retour progressif de l’Egypte sur la scène africaine a été principalement motivé par la nécessité de régler des contentieux avec l’Ethiopie et le reste des pays du bassin du Nil, concernant le partage des eaux de la rivière. Il vise à rétablir les relations sur une base d’intérêts mutuels », explique Ezz Al-Arab. Et d’ajouter : « Les intérêts de l’Egypte en Afrique ne s’arrêtent pas à la seule question de sécurité nationale mais concer­nent également les questions de développement économique ». « Considérée comme un acteur central de l’Afrique, l’Egypte renoue avec les autres pays du continent en vue de maintenir la paix, en proposant des solutions aux conflits africains et en renfor­çant le développement économique et social sur le continent », conclut-il.




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