Semaine du 22 au 28 février 2017 - Numéro 1164
Mini-mouvement des gouverneurs
May Al-Maghrabi22-02-2017
 
  Cinq gouvernorats sur 27 ont également été changés jeudi dernier. Et, pour la première fois, une femme a été nommée gouverneur.

Après avoir prêté serment, les nouveaux gouverneurs se sont réunis avec le président Abdel-Fattah Al-Sissi qui a souligné la nécessité de réformer les municipalités et de servir les citoyens. Selon un communiqué de la présidence, le président a demandé aux gouverneurs de mettre en place des projets de développement. « Les gouverneurs doivent être en contact direct avec les gens à leurs gouvernorats pour connaître leurs besoins et régler leurs problèmes », a ajouté le président.

Dans le cadre de ce changement, deux gouverneurs ont été déplacés d’un gouvernorat à l’autre. Il s’agit de Mohamad Sultan, gouverneur de Béheira, qui a été désigné gouverneur d’Alexandrie. Celui d’Alexandrie, le général Réda Farahat, est devenu le gouverneur du Caire. Trois nouveaux gouverneurs ont été désignés dont le général Mahmoud Al-Achmawi, gouverneur de Qalioubiya, et le général Mahmoud Al-Zamalout, gouverneur de la Nouvelle Vallée.

De plus, pour la première fois, une femme est devenue gouverneur de la province de Béheira dans le nord-ouest du Delta. Il s’agit de Nadia Abdou, qui a été jusque-là vice-gouverneur de Béheira. Un pas qui a été fort salué par les ONG féministes, puisque c’est la première fois qu’une femme occupe ce poste. Il existe des femmes ministres et juges mais jamais de femmes gouverneurs. Cette Alexandrine a été surnommée « la dame de fer » du fait de ses nombreuses batailles contre des hommes qui n’acceptaient pas qu’une femme soit aux commandes, surtout dans les provinces conservatrices. Elle avait fondé en 2006 l’Arab Countries Water Utilities Association, une association réunissant 12 pays arabes et traitant des services publics en eau dans ces pays. Depuis lors, elle en préside l’assemblée générale. Sa carrière réussie lui a valu aussi de présider la Compagnie d’eau d’Alexandrie pendant 10 ans de 2002 à 2012. Son ambition, désormais, est de faire de la région de Rosette (la ville portuaire de la région) un grand pôle touristique. Elle envisage aussi de lancer plusieurs projets industriels et infrastructurels au sein du gouvernorat, avec notamment la construction d’hôpitaux, d’écoles et d’universités.

A l’exception de ce pas franchi, l’ensemble de ce remaniement a été jugé « classique », comptant toujours sur les anciens généraux de la police et de l’armée. C’est ce qu’estime Fathi Al-Nadi, conseiller administratif et expert en développement des ressources humaines. Selon lui, en l’absence des critères déterminés et annoncés sur le choix des gouverneurs ou même des ministres, c’est difficile d’évaluer un remaniement. « Il est clair que rien n’évolue, ce sont toujours les anciens généraux qui occupent ce poste. Par ailleurs, je trouve que le déplacement des gouverneurs d’un gouvernorat à un autre envoie un message négatif. C’est comme s’il n’existait pas de cadres performants et un second rang apte à assumer la responsabilité, ce qui n’est pas le cas », estime Al-Nadi.




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