Semaine du 7 au 13 décembre 2016 - Numéro 1154
Une exposition doublée d’un hommage
  Le Musée égyptien du Caire accueille une exposition exceptionnelle regroupant des pièces antiques issues de la contrebande. Il s’agit au passage de saluer les efforts des unités de lutte contre le trafic d’antiquités.
Une exposition doublée d’un hommage
Les pièces ont été restaurées avant leur exposition.
Nasma Réda07-12-2016

« Les antiquités saisies des ports égyptiens du 1986-2016 » est le titre d’une exposition tenue dans la salle 44 du Musée égyptien du Caire. Inaugurée par le ministre des Antiquités, Khaled Al-Anani, le 24 octobre dernier, elle va durer jusqu’au 15 décembre. Il s’agit de présenter 350 pièces de différentes époques de l’histoire égyptienne : pharaonique, gréco-romaine, byzantine, copte et islamique, avec une rare collection de monuments juifs et des pièces de l’ère de la famille de Mohamad Ali. « On a choisi les plus belles pièces, celles qui ont le plus de valeur du côté historique, on a aussi pris en considération que les pièces présentées au public soient de différentes époques », explique Ahmad Al-Raoui, directeur de l’unité des pièces archéologiques, assurant que cette exposition sera organisée chaque année.

De nombreux personnages fascinés par le thème de l’exposition ont assisté à son inauguration.

« Ces pièces sont exposées pour la première fois au public, elles ont toutes été saisies avant leur sortie clandestine du pays. Elles ont été restaurées dans le laboratoire du Musée égyptien avant leur exposition », souligne la directrice du musée, Sabah Abdel-Razeq. D’après elle, cette exposition a également pour objectif de rendre hommage à l’unité des pièces archéologiques saisies dans les ports maritimes et aériens, pour son travail depuis sa création il y a 30 ans. « Il s’agit aussi de célébrer l’excellente coopération entre le ministère des Antiquités et celui de l’Intérieur », ajoute-t-elle.

Une exposition doublée d’un hommage
Les pièces ont été restaurées avant leur exposition.

Dans la salle à droite, des monuments juifs sont exposés dans une vitrine, dont des boîtes cylindriques en bois tapissées de velours rouge et décorées de calligraphie hébraïque en argent. Ces boîtes servent à conserver l’Ancien Testament. Dans la même vitrine sont également exposées une ancienne couronne en argent, une lame de couteau remontant à 1890, deux petites cloches utilisées dans les synagogues égyptiennes, des boîtes métalliques sur lesquelles sont inscrits des textes en hébreu. C’est là que Magda Haroun, chef de la communauté juive en Egypte, s’est arrêtée pour examiner attentivement cette rare collection.

« Ces pièces ont été saisies en 2014 au port de Damiette à bord d’un énorme conteneur transportant des marchandises vers la Belgique », se souvient Mohamad Osman, directeur général des unités archéologiques dans les ports maritimes. Ces pièces d’art juives, qui sont au nombre de 42, ont été volées de plusieurs synagogues ainsi que des entrepôts des sites archéologiques et des musées.

Une statue en marbre blanc de taille moyenne remontant à l’époque gréco-romaine est exposée dans la même salle. Celle-ci avait été saisie en 2009 au port de Suez.

Une exposition doublée d’un hommage

Ainsi, derrière chaque pièce exposée il y a une histoire. Une des pièces les plus remarquables est celle d’un berceau en bois en forme ovale, décoré d’une couronne dorée avec une moustiquaire. « Ce berceau a été saisi à l’aéroport international du Caire en 1993. Ce lit remonte au règne du roi Farouq et a été mis en vente, selon les enquêtes judiciaires, à 5 millions de dollars », indique Osman.

Des icônes et des fragments de papyrus coptes occupent une partie de la salle d’exposition, ainsi que des plats et vases sur lesquels sont inscrits des épigraphes arabes et quelques versets du Coran.

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Les unités archéologiques de saisie

La première unité archéologique de la saisie des antiquités a été créée à l’aéroport international du Caire en 1986. Une étape qui a été suivie par la création d’autres unités à Louqsor, au port de Rafah, entre autres. « On en est aujourd’hui à une quarantaine d’unités dans la plupart des ports et aéroports d’Egypte. On souhaite couvrir tous les ports, afin de pouvoir mettre fin à la sortie de nos pièces antiques », explique Ahmad Al-Raoui, directeur du secteur des antiquités saisies. « Notre travail n’est pas facile. Chaque jour, les trafiquants inventent de nouvelles méthodes », souligne Mohamad Osman. « Le plus fréquent c’est le trafic des pièces de monnaie métalliques remontant à différentes époques. On trouve ces pièces avec des Egyptiens comme avec des étrangers », ajoute-t-il. Plusieurs pancartes de grande taille sont affichées dans la salle d’exposition, racontant l’acheminement des pièces saisies. Parmi les opérations les plus importantes, la saisie au port de Aïn-Sokhna de 1 120 pièces antiques en 2014.




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