Semaine du 26 octobre au 1er novembre 2016 - Numéro 1148
Mohamad Abdel-Latif : Jérusalem est une ville arabe
  Mohamad Abdel-Latif, ex-directeur du secteur des antiquités coptes et islamiques et professeur à l’Université de Hélouan, commente la récente résolution de l’Unesco sur Jérusalem.
Mohamad Abdel-Latif : Jérusalem est une ville arabe
Nasma Réda26-10-2016

Al-Ahram Hebdo : L’Unesco a adopté formellement deux projets de résolution pour sauvegarder le patrimoine culturel palestinien, surtout les lieux saints et le caractère distinctif de Jérusalem-Est. Comment voyez-vous ce vote ?

Mohamad Abdel-Latif : C’est une décision correcte sans aucun doute. Jérusalem, sur le plan archéologique, est une ville à 100 % arabo-islamique. Bien que cette décision soit venue en retard, elle a été enfin adoptée. L’Unesco aurait dû, depuis longtemps, adopter une position claire envers la protection des monuments palestiniens en tant que pays occupé.

— Mais Israël a fortement protesté contre cette résolution et l’a décrite comme étant mauvaise ...

— C’est une réaction très normale de sa part. Les allégations israéliennes sur le temple de Salomon et le mur des Lamentations ne tiennent pas. Le monde doit savoir que les fouilles et les recherches ont prouvé qu’il n’y a pas la moindre trace de l’existence d’un temple juif dans cette région.

— Mais les archéologues israéliens affirment avoir trouvé des vestiges qui prouvent l’existence de ce temple dans la région. Qu’en pensez-vous ?

— Il nous arrive parfois, nous les archéologues, de trouver parfois l’étoile de David gravée sur certains monuments. Cela est-il un prétexte pour dire que les juifs sont les vrais propriétaires de l’Egypte ? C’est la même chose pour les territoires palestiniens.

— Alors pourquoi les fouilles israéliennes se poursuivent-elles sans condamnations internationales ?

— Il y a des essais de la part d’Israël d’agiter le sol sous la mosquée Al-Aqsa, espérant la détruire ou plutôt endommager ses murs. Ils veulent éliminer cet édifice qui témoigne d’une partie importante de l’histoire islamique et arabe.

— D’après vous, est-ce que les pays arabes, qui ont voté pour cette décision, ont accompli leur rôle ?

— La Ligue arabe ainsi que toutes ses organisations telles que l’Isesco (Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture) doivent prendre des mesures afin de renforcer cette décision et prouver que les Arabes sont le peuple d’origine de Jérusalem d’après l’Histoire et les documents qu’ils possèdent. Nous, les Arabes et les scientifiques internationaux, avons bien étudié l’histoire de cette ville. Nous devons informer le monde entier de la réalité et révéler les attaques et les dégradations continuelles qu’Israël exerce jour après jour.

— Croyez-vous que le monde ne soit pas au courant que le patrimoine culturel palestinien est en danger ?

— On doit saisir l’opportunité de cette décision de l’Unesco pour organiser des conférences internationales afin d'informer le monde de la réalité. Mais Jérusalem doit bénéficier d’une protection internationale, pour empêcher les Israéliens de détruire cette civilisation et l’histoire palestinienne.

— Que pensez-vous des déclarations israéliennes qui se moquent de la décision onusienne ?

— Cette décision est un grand choc pour les Israéliens. Israël n’a jamais trouvé le temple de Salomon. Depuis qu’ils occupent les territoires palestiniens, rien n’a été découvert.

— Que cherchent-ils alors ?

— Les Israéliens ne cherchent pas un temple. Ils veulent seulement prouver que la terre leur appartient, ce qui est faux. Ils essaient d’anéantir l’identité palestinienne et de falsifier l’Histoire.

— Croyez-vous qu’après la suspension des aides israéliennes à l’Unesco, les agressions israéliennes contre les sites archéologiques palestiniens soient accentuées ?

— Plus ils commettent des agressions contre les sites culturels, plus ils seront condamnés.

— Cette résolution peut-elle les dissuader de détruire les monuments islamiques ?

— Ils ne cesseront de le faire que si le monde entier réagit et protège l’identité palestinienne et arabe.

— La résolution de l’Unesco assure également que la vieille ville de Jérusalem est une ville sacrée pour les trois religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Peut-on dire que le patrimoine palestinien est indivisible ?

— La tolérance et le respect de l’histoire ne se partagent pas. Jérusalem est une ville arabe. Elle est devenue islamique grâce au voyage exceptionnel du prophète Mohamad. Donc, on doit tous vivre dans un monde de diversité tout en conservant nos identités. L’église du Saint-Sépulcre, également appelée basilique de la Résurrection, la mosquée d’Al-Aqsa et le dôme du Rocher témoignent de l’existence et de l’identité arabes.




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