Semaine du 7 au 13 septembre 2016 - Numéro 1142
Hani Abou-Rida: Nous sommes tous là pour la rénovation
  Membre au bureau exécutif de la FIFA et de la CAF; le nouveau président de la Fédération égyptienne de football (EFA), Hani Abou-Rida, évoque ses ambitions pour réformer et restructurer le football égyptien durant son mandat.
Hani Abou-Rida
Hani Abou-Rida, nouveau président de la Fédération égyptienne de football (EFA).
Amr Moheb07-09-2016

Al-Ahram Hebdo : En por­tant la double casquette de membre du bureau exécutif de la CAF et de la FIFA, que représente pour vous votre avènement à la tête de la Fédération égyptienne de foot­ball ?

Hani Abou-Rida : Sans nul doute, être élu président de la Fédération de football de mon pays est un honneur inestimable pour moi. C’est un grand plaisir de mettre en place mes expé­riences pour améliorer le football égyptien, c’est l’un de mes rêves en fait de servir le football de mon pays et d’aider à son amélioration. Ma réussite aux élections de la Fédération égyptienne de football avec ce grand nombre de voix révèle la grande confiance qu’ont les membres de l’Assemblée générale en ma per­sonne. Face à cette grande confiance, je ne ménagerai aucun effort pour réaliser leurs rêves et être à la hauteur de la confiance de tout le monde.

— Les fans et amateurs de foot­ball attendaient impatiemment votre arrivée à la tête de l’EFA pour voir une réforme réelle et une amélioration palpable dans le foot­ball égyptien qui souffre depuis des années …

— Oui, j’ai beaucoup de choses à réaliser pour l’amélioration de la per­formance et du niveau de gestion de la fédération ainsi que du niveau du football égyptien et la performance des clubs. J’ai beaucoup d’ambitions, mais pour être clair, j’ai un style de travail qui exige que je ne prenne pas des décisions individuelles. J’ai de bons membres au sein du conseil d’administration et je ne prendrai pas de décisions sans les avoir bien étu­diées avec mes collaborateurs.

— Vous dites améliorer le niveau de la gestion au sein de la fédéra­tion … ?

— Oui, tout à fait. Il y aura des départements professionnels à la fédération. Chaque département assu­mera ses responsabilités et je ne per­mettrai pas aux membres du conseil d’administration de se mêler des affaires des départements ou des commissions, ni de s’ingérer dans leur travail à l’instar de ce qu’il y avait lieu par le passé. Chaque dépar­tement doit assumer ses responsabili­tés et doit être géré avec profession­nalisme sans la moindre intervention ni des membres du conseil ni d’autres personnes non concernées.

Autrement dit, les membres du conseil d’administration ne supervi­seront plus aucune commission de la fédération ni équipe nationale. Aucun membre du conseil n’aura le droit de s’immiscer dans le travail des diffé­rentes commissions de la fédération. Chacun sera autonome et assumera son travail sans qu’il ne soit surveillé ni supervisé par qui que ce soit.

Il arrive aux membres du conseil d’administration des fédérations de penser que, parmi leurs attributions, figure l’obligation d’intervenir dans tout ce qui se passe au sein de la fédé­ration. Ils assument parfois eux-mêmes les tâches administratives des commissions et des départements de la fédération ; ce qui n’est pas juste. Dorénavant, chacun fera son tra­vail et rien que son travail. Et c’est ce qui se passe ailleurs. Je veux faire évoluer le système administratif de la fédération. A la FIFA par exemple, il y a des com­missions chargées des tâches exé­cutives. Les membres du Bureau exécutif de la FIFA n’assument pas le travail exécutif ni la sur­veillance. Chaque département fait son travail sans la moindre intervention d’autrui.

— Mais les membres de l’EFA ne sont pas habitués à cela ?

— Ils vont s’y habituer, ce n’est pas difficile. Les membres du conseil d’administration sont de bons éléments. Je suis sûr que nous tous, nous avons l’objectif de promouvoir le football égyp­tien et je ne vais pas avoir des litiges au sein de la fédération. Sinon, nous ne pourrons jamais améliorer l’EFA et le football égyptien et réaliser nos objectifs escomptés. En tout cas, je vais discuter avec les responsables de la fédération pour prendre des décisions et mettre tout en ordre.

— Et quels sont vos objectifs ?

— L’actuel conseil d’administra­tion que je dirige est venu pour le bien du football égyptien. Notre objectif est de promouvoir dans ce pays la pratique de cette discipline, prendre soin des intérêts des clubs, les enri­chir, résoudre les problèmes des ter­rains, mettre en place des structures bien organisées pour les compétitions des cadets et des juniors. Augmenter la base des pratiquants du jeu et découvrir les talents. Nous espérons que durant notre mandat nous pour­rons résoudre les problèmes dont la fédération a souffert ces dernières années.

— L’ex-conseil a connu pas mal de problèmes et beaucoup de démissions …

— C’est fini. Je ne vais jamais accepter qu’il y ait des problèmes entre les membres du conseil ou avec d’autres départements. Cela n’arrivera jamais sous ma direction. Nous sommes tous là pour l’évolu­tion et la rénovation, celui qui veut travailler avec nous qu’il reste et celui qui cherche à créer des pro­blèmes ne sera pas avec nous.

— Avez-vous déclaré à la presse qu’une de vos priorités actuelles est de trouver des solutions aux problèmes de la sécurité dans les stades ?

— Tout à fait. Nous allons nous réunir avec la commission des com­pétitions et les autorités sécuritaires pour résoudre ce problème le plus tôt possible avant le début du cham­pionnat. Nous allons nous concentrer sur la rénovation des stades, en met­tant en place des caméras de sur­veillance et en organisant des confé­rences de presse avec beaucoup plus de professionnalisme. En plus, amé­liorer l’état des vestiaires. Il y aura huit terrains seulement, mais bien équipés, sur lesquels seront joués tous les matchs du championnat, à l’instar de ce qui a été fait lors de la CAN 2006 en Egypte.

Nous allons faire en sorte que la majorité des matchs soient joués les jeudis, vendredis ou samedis. Nous allons annoncer dans quelques jours le calendrier complet du cham­pionnat de cette saison.

— En parlant des élections, d’aucuns voient que la grande surprise de cette élection était la défaite de Hassan Farid et Waël Gomaa. Vous attendiez-vous à leur défaite ? Que pensez-vous des deux membres qui ont réussi en dehors de votre liste électo­rale, à savoir Magdi Abdel-Ghani et Khaled Latif ?

— Pas du tout. Leur défaite m’a beaucoup attristé. Je voulais que les deux soient avec moi au sein du conseil. En tout cas, nous allons profiter de leur expérience dans la période à venir. Quant à Magdi Abdel-Ghani et à Khaled Latif, ils sont familiers à la fédération. Nous sommes tous responsables — sans distinction — devant l’Assemblée générale et les supporters du foot­ball de réaliser notre programme qui vise à faire évoluer la fédéra­tion et le football égyptien. Nous avons un grand défi dans la période à venir. Personnellement, je vois que l’Etat doit donner plus d’impor­tance dans la prochaine période au sport et surtout au football. Si nous voulons nous qualifier régulièrement pour les coupes du monde, nous devons avoir un système bien rodé pour l’évolution du sport et du foot­ball en particulier. Si le football relève de la « sécurité nationale » comme on dit, pourquoi l’Etat n’accorde-t-il pas de grande importance au sport sco­laire ? Il faut lui accorder plus d’im­portance et le ranimer afin de décou­vrir les jeunes talents.

— Et le problème du retour des supporters ?

— J’espère que les supporters reviendront à nouveau dans les tri­bunes et assisteront aux matchs sur les gradins. Mais je ne peux pas prendre une telle décision sans avoir recours à la sécurité. Ce qu’il faut retenir, c’est que nous voulons le retour des supporters dans les stades. Les tribunes ne doivent pas rester vides sans supporters. En tout cas, le comportement et l’attitude des sup­porters durant la période à venir montreront si les matchs seront joués avec ou sans supporters.

— Le grand rêve des supporters du football égyptien reste la qualifi­cation des Pharaons pour la Coupe du monde en Russie en 2018, 28 ans après leur dernière qualification. Voyez-vous que ce rêve est réali­sable ?

— Oui, sans doute. Les Pharaons ont une grande chance de se qualifier pour la prochaine Coupe du monde. J’ai une grande confiance dans le staff technique de l’équipe nationale égyp­tienne, sous la direction de l’Argentin Hector Cuper et dans les joueurs. Le rôle de la fédération est de résoudre les problèmes de l’équipe nationale et lui fournir ce dont elle a besoin, sans la moindre intervention dans les aspects techniques ni le choix des joueurs. Il est difficile de faire des pronostics en football, mais je pense que nous avons une grande chance de nous qualifier pour le prochain Mondial.




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