Semaine du 19 au 25 Août 2015 - Numéro 1089
Introuvable paix entre les deux Corées
Maha Al-Cherbini avec agences19-08-2015
 
  Un regain de tension plane sur la péninsule coréenne, suite à une attaque à la mine antipersonnelle imputée par Séoul à Pyongyang, et à de nouveaux exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington.

Après plusieurs mois de calme relatif, la tension est montée d’un cran à la péninsule coréenne. En riposte aux nouveaux exercices militaires conjoints qui doivent durer jusqu’à la fin du mois entre Séoul et Washington, Pyongyang a brandi samedi la menace d’une guerre nucléaire visant les Etats-Unis et la Corée du Sud. « La Corée du Nord prendra toutes les mesures nécessaires face aux provocations américaines et sud-coréennes », a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, qualifiant ces manoeuvres d’exercice en vue d’une guerre nucléaire surprise contre la Corée du Nord. « Si cet exercice n’est pas vite annulé, Washington serait responsable de toutes les conséquences », a mis en garde Pyongyang.

Chaque année, ces exercices conjoints dits « Ulchi Freedom » regroupent des dizaines de milliers de soldats, mobilisés pour cette opération qui est une simulation par ordinateur d’une invasion de la Corée du Sud par le Nord. Il s’agit de l’un des nombreux exercices annuels menés par les deux pays et qui sont présentés par Washington et Séoul comme purement « défensifs ». Mais, Pyongyang les condamne chaque année avec virulence, y voyant une répétition de l’invasion de son territoire et à ce titre comme « une provocation ».

En effet, ce regain de tension est beaucoup plus grave que les années précédentes, car il survient à un moment particulièrement délicat : les tensions ont redoublé dans la péninsule ces derniers jours à la suite d’une attaque à la mine antipersonnel imputée par Séoul à Pyongyang. Le 4 août, la Corée du Sud a accusé des soldats nord-coréens d’avoir traversé subrepticement la frontière pour déposer des mines antipersonnel, coûtant la vie à deux soldats sud-coréens. En représailles, Séoul a promis de faire payer à sa voisine un « prix sévère », ordonnant la reprise de la guerre de propagande à la frontière avec Pyongyang. Pour la première fois depuis 11 ans, le ministère sud-coréen de la Défense a annoncé que les haut-parleurs installés à la frontière allaient diffuser des messages dénonçant les provocations nord-coréennes. Démentant avoir joué le moindre rôle dans ces explosions, Pyongyang a exigé que Séoul arrête vite sa guerre de propagande sous peine de déclencher une action militaire « aveugle ». « Nous allons transformer Séoul en mer de feu si les autorités sud-coréennes ne cessent pas cette guerre de propagande. Si notre armée voulait atteindre un objectif militaire à Séoul, nous utiliserions des armes à feu puissantes, pas trois mines antipersonnel », a indiqué l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Pure coïncidence : ce regain de tension intervient à un moment critique qui devait rapprocher les deux Corées, à savoir la célébration du 70e anniversaire de la libération de la péninsule après la capitulation du Japon en 1945. Les célébrations de samedi dernier avaient suscité l’espoir d’un début de rapprochement entre les deux soeurs qui se sont, au contraire, enlisées dans une guerre verbale qui ne risque pas d’apaiser les tensions.



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