Semaine du 27 août au 2 septembre 2014 - Numéro 1039
Ukraine : De mal en pis
Maha Al-Cherbini avec agences27-08-2014
 
  La visite de la chancelière allemande, Angela Merkel, en Ukraine intervient en pleine escalade, alors que l'entrée du convoi humanitaire russe dans l'est ukrainien déclenche un concert de protestations.

L’Ukraine a célébré sa fête nationale de l’indépendance avec une grande parade militaire, mais toujours « sous les bombes». Outre 2000 morts et 400000 réfugiés en 4 mois, une nouvelle catas­trophe humanitaire s’est produite, dimanche matin, quand un hôpital a été touché par les tirs d’artillerie des autorités ukrainiennes déterminées à reprendre le contrôle des régions rebelles, alors que 6 civils, dont un enfant, ont succombé, la veille, dans le centre de Donetsk (est), chef-lieu des insurgés pro-russes.

En pleine tension sur terrain, la chance­lière allemande, Angela Merkel, s’est ren­due samedi à Kiev, lors d’une visite « hau­tement symbolique », à la veille de l’anni­versaire de l’indépendance de cette ex-République soviétique. Mme Merkel est la plus haute dirigeante occidentale à se rendre en Ukraine depuis le début de la crise. Lors de sa rencontre avec le prési­dent ukrainien, pro-européen, Petro Porochenko, la chancelière allemande a défendu l’intégrité territoriale de l’Ukraine et n’a pas exclu de nouvelles sanctions contre Moscou en cas de poursuite de l’escalade. Selon les analystes, cette visite envoie un signal à la Russie: l’Occident n’a nulle intention de céder dans son bras de fer avec Moscou sur l’Ukraine.

Moscou défie

A la veille de la visite de Mme Merkel, Moscou a défié Kiev et l’Occident, en décidant, unilatéralement, après une semaine d’attente, d’envoyer dans l’est ukrainien 130 camions, chargés d’aides humanitaires destinées à la population civile « sans inspection complète ». Justifiant son acte, le président russe Vladimir Poutine a affirmé que tout nou­veau retard du convoi aurait été « inaccep­table », considérant qu’il y a urgence face à la situation humanitaire dans l’est, rava­gé par des combats. Selon les experts, ces bonnes intentions chantées par Moscou ne sont qu’un « faux prétexte » pour renfor­cer sa mainmise sur l’ex-République soviétique, pour ne pas voir à ses fron­tières une Kiev pro-européenne. Cet acte russe a vite provoqué un concert de protes­tations de la part de Kiev et de l’Occident. Qualifiant cet acte d’« invasion », les auto­rités ukrainiennes ont affirmé que les 34 camions inspectés étaient quasi vides et qu’ils pourraient porter des renforts aux séparatistes. Kiev craint aussi que ce convoi, qui se déplace en territoire rebelle et en proie à des combats intenses, ne fasse l’objet d’une « provocation » qui pourrait servir de prétexte à une intervention mili­taire russe. Outre la colère de Kiev, l’Union européenne, les Etats-Unis et l’Otan ont fermement condamné l’acte russe, estimant que Moscou s’était enga­gée dans une « dangereuse escalade ». Vendredi soir, le Conseil de sécurité de l’Onu s’est réuni en urgence, mais s’est contenté, à l’issue de ses consultations, de faire état d’une « vaste inquiétude sur cette action illégale de la Russie ». Cette vague d’inquiétude, que les superpuis­sances ne cessent de manifester, se tradui­ra-t-elle, un jour, par « un acte positif » susceptible de freiner les bains de sang qui inondent le sol ukrainien ?




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