Semaine du 25 juin au 1er juillet 2014 - Numéro 1031
Condamné à disparaître
  Créé en 1962, le théâtre de la Télévision a connu des années de gloire. Il disparaît sous les Frères musulmans pour crise budgétaire.
Sékket al-salama
Sékket al-salama (le bon chemin).
25-06-2014

Après le lancement de la Télévision égyptienne en 1960, sous la férule du ministre de l’Information, Abdel-Qader Hatem, il a semblé nécessaire d’enrichir les heures de diffusion par des émissions saisissantes. D’où l’idée du théâtre de la Télévision, ayant vu le jour en 1962 (aujourd’hui le théâtre Youssef Al-Sébaï à Héliopolis, aux alentours de l’Ecole militaire).

A sa fondation, ce théâtre fut géré par le comédien et metteur en scène Al-Sayed Bédeir, avec l’idée de base de monter des pièces et de les filmer, afin de les diffuser à grande échelle par la télévision. Ce théâtre visait aussi à servir comme lieu de formation ou d’incubation pour les comédiens, dramaturges et metteurs en scène.

D’abord, le théâtre a lancé trois troupes aux noms très significatifs : Al-Nahda (la renaissance), Al-Horriya (la liberté) et Al-Salam (la paix). Et en 1963, quatre autres troupes ont suivi, à savoir : Al-Comédiya, Al-Chaab (le peuple), Al-Nasr (la victoire) et Al-Tahrir (la libération). Progressivement, on pouvait compter 12 compagnies en tout et pour tout. De quoi engendrer une ambiance de concurrence entre ces formations théâtrales. Mais aussi le théâtre de la Télévision était en concurrence avec celui de l’Etat et du secteur privé.

D’une certaine manière, le théâtre de la Télévision a contribué au foisonnement artistique et a attiré des stars tels Samiha Ayoub, Fouad Al-Mohandess, Mohamad Awad et d’autres. Il s’est doté d’un répertoire assez riche, avec notamment des chefs-d’oeuvre, tels que Sékket al-salama (le bon chemin), Al-Motazawigoune (les mariés), etc.

Grosso modo, il produisait 50 pièces par an, appartenant à des genres très variés. Chaque spectacle était donné sur les planches, pendant une durée de 5 à 15 jours, pour être ensuite diffusé sur le petit écran.

Les spectacles faisaient parfois le tour des quartiers populaires du Caire comme en province. Mais après ces années de gloire, le théâtre de la Télévision s’est éteint. Et ce, après avoir donné lieu à une série de productions tout à fait commerciales, soit un prélude à son arrêt dans les années 1990.

Et quand plus tard on a voulu le réhabiliter, on a annoncé, autour de l’année 2003, que les planches de deux théâtres, Al-Nil (dans la Cité des médias au 6 Octobre) et Al-Sébaï (à Héliopolis, près de l’Ecole militaire) lui seront consacrées. Les tentatives de son directeur à l’époque, Essam Al-Sayed, n’aboutissent pas, et l’existence du théâtre reste menacée. Et ce, malgré la présentation de deux spectacles réussis.

En 2008, Ayman Al-Cheoui est nommé directeur du théâtre de la Télévision, mais la bureaucratie ne tardera pas à étouffer ses essais. Et en 2010, ce fut le tour du metteur en scène Adel Abdou d’être nommé à la tête de cet établissement précaire. Enfin, le régime des Frères musulmans lui donna le coup de grâce, pour des raisons budgétaires. Les rideaux tombent sur une expérience assez marquante




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