Semaine du 8 au 14 janvier 2014 - Numéro 1007
A Madagascar, l’introuvable stabilité
Sabah Sabet avec agences08-01-2014
 
  Malgré l’annonce des résultats de la présidentielle malgache, la crainte d’une instabilité est toujours probable.

Hery Rajaonarimampianina, soutenu par le président de transition Andry Rajoelina, est proclamé vainqueur de la présidentielle à Madagascar. Les résultats ont été publiés le vendredi dernier par la Commission Electorale Nationale Indépendante pour la Transition (CENIT). Ces résultats donnent Rajaonarimampianina, ancien ministre des Finances du régime, gagnant au second tour avec 53,5 % des voix contre 46,5 % pour son rival Jean-Louis Robinson. Ce candidat adoubé par l’ancien président Marc Ravalomanana, crie à la fraude depuis le scrutin du 20 décembre, et a déposé des recours en annulation auprès de la Cour électorale spéciale. Cette instance a 15 jours pour se prononcer et donc confirmer ou non la victoire d’Hery Rajaonarimampianina. En outre, le parti de l’ancien président malgache Marc Ravalomanana a menacé samedi de faire descendre ses partisans dans la rue si la Cour Electorale Spéciale (CES) ne reconnaissait pas la victoire de son candidat. « On n’a pas l’intention de vous terroriser, ni de vous menacer. Mais on vous prévient seulement : attention, vous risquez de subir la fureur du peuple », a-t-il poursuivi.

« Encore une fois on ne terrorise pas, on ne menace pas. Ne nous forcez pas à faire une bêtise », a lancé le nouveau chef de la mouvance Roland Ravatomanga, lors d’un meeting samedi. « Nous avons un juriste de confiance au sein de la CES. Si jamais nous savons avant l’heure que ça va dans le mauvais sens, alors, nous nous en excusons à l’avance, mais le peuple va se lever », a-t-il menacé. En outre et pour éviter ses troubles, la Confédération des grands corps de l’Etat qui regroupe environ 26 syndicats de fonctionnaires a lancé un « appel pour le salut public ». D’après son président, Dr Ndatason Frédéric, la situation explosive actuelle due à la tension qui existe entre les deux camps, ceux de Hery Rajaonarimampianina et de Jean-Louis Robinson, risque d’aboutir aux troubles, voire à une guerre civile. D’une part, le résultat provisoire affiché à la CENIT donne la victoire au candidat Hery Rajaonarimampianina. D’autre part, le candidat Jean-Louis Robinson conteste catégoriquement ce résultat de la CENIT en déclarant publiquement qu’il a gagné et non son adversaire. « Cette situation contradictoire nous inquiète, notre pays est à quelques pas seulement d’une guerre civile », a souligné Frédéric. Face à cette situation, la Confédération a proposé 4 mesures urgentes : publication du tableau de répartition des bulletins uniques par bureau de vote selon le numéro de série, confrontation des procès-verbaux des bureaux de vote, vérification contradictoire des bulletins exprimés et des bulletins non utilisés et recomptage des voix réellement obtenues par les deux candidats. Les grands commis de l’Etat ont en même temps mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue malgacho-malgache en lançant un appel pressant. Par ailleurs et malgré ces tensions entre les deux rivaux, les Malgaches estimaient que cette élection parviendrait à faire sortir le pays de la grave crise politique, économique et sociale que vit depuis trois ans ce pays où plus de neuf habitants sur dix vivent désormais avec moins de 2 dollars par jour, selon la Banque mondiale.




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