Semaine du 22 au 28 mai 2019 - Numéro 1276
Hany Kechta : Après avoir retrouvé l’esprit de combat, les athlètes ont commencé à réaliser de bonnes performances
  Après une période difficile, la sélection égyptienne de karaté a fait de grands pas vers la qualification pour les Jeux Olympiques (JO) de Tokyo 2020. Entretien avec le nouveau directeur technique de l’équipe dames, Hany Kechta.
Après avoir retrouvé l’esprit de combat, les athlètes ont commencé à réaliser de bonnes performances
Hany Kechta (à gauche) célèbre les médailles avec les athlètes.
Doaa Badr08-05-2019

Al-Ahram Hebdo : Comment êtes-vous arri­vé à la tête de l’équipe dames de karaté ?

Hany Kechta : J’ai pris en charge la sélection nationale dames et la sélection juniors en janvier dernier. Mohamad Abdel-Rahman a pris en charge l’équipe hommes. Lorsque le président de la Fédération égyp­tienne, Mohamad Al-Dahrawi, m’a contacté pour diriger l’équipe de karaté, j’ai accepté tout de suite. C’est un grand honneur d’être le directeur technique de la sélection égyptienne. J’étais moi-même un karatéka au niveau international, j’ai fait partie de la génération d’or du karaté égyptien et j’ai remporté plu­sieurs médailles aux Mondiaux et dans les compétitions internatio­nales. Après avoir arrêté le jeu, j’ai pris en charge la sélection de Malaisie. Durant une durée de 3 années, j’ai réalisé de bonnes perfor­mances pour le karaté malaisien, qui a remporté, sous ma direction, sa première médaille mondiale en 2017. Sous ma direction, l’équipe a remporté 3 médailles aux Mondiaux juniors, 3 médailles aux élimina­toires qualificatives et des médailles aux championnats d’Asie.

— L’année dernière, le karaté égyptien a réalisé sa plus mau­vaise performance aux Mondiaux depuis des années. Pourquoi cela est-il arrivé, selon vous ?

— Lors des Championnats du monde de karaté, qui se sont dérou­lés en novembre 2018 à Madrid, en Espagne, le résultat de l’Egypte n’était pas à la hauteur de notre niveau. Pour la première fois depuis les Mondiaux de Paris en 2012, l’Egypte a perdu sa place dans le carré d’or. Les Egyptiens ont termi­né la compétition à la 17e place, loin derrière les leaders. Avec seulement 3 médailles de bronze, ils ont réalisé la plus mauvaise performance égyp­tienne depuis 2004. En effet, lors des Mondiaux 2016 en Autriche, l’Egypte avait pointé à la 4e place avec 5 médailles, dont une d’or, 2 d’argent et 2 de bronze. Et aux Mondiaux 2014, l’Egypte avait ter­miné 2e au tableau final des médailles, avec un total de 6 médailles, dont 3 d’or, 2 d’argent et une de bronze.

— Vous avez pris en charge l’équipe égyptienne dans un moment critique. Quel était l’état de la sélection à votre arrivée ?

— L’Egypte possède des athlètes très talentueux qui comptent parmi les meilleurs karatékas du monde. Lorsque j’avais pris en charge l’équipe, j’ai réalisé que le problème n’était pas technique, mais plutôt moral. Les athlètes avaient besoin de retrouver leur esprit. J’ai donc travaillé sur ce problème, j’ai com­mencé à parler avec les karatékas tout en les encourageant. Après avoir regroupé l’équipe et avoir retrouvé l’esprit de combat, les ath­lètes ont commencé à réaliser de bonnes performances.

— Comment jugez-vous le niveau de la star égyptienne Giana Farouk ?

— La septuple championne du monde Giana Farouk est la vedette de l’équipe égyptienne, après avoir rem­porté 7 titres aux Mondiaux seniors et juniors. Après 7 ans à la tête des Mondiaux, juniors et seniors, elle a perdu son titre aux derniers Mondiaux en 2018. Un résultat logique, puisque la jeune karatéka de 25 ans avait arrêté la compétition pendant un an après son dernier titre mondial en 2016, ce qui a affecté son niveau. La meilleure karatéka égyptienne n’a repris les compétitions internatio­nales qu’au début de l’année 2018. Cette année, elle a retrouvé son niveau ; dès le début de l’année, elle a disputé 3 finales dans les compéti­tions internationales, ce qui affirme qu’elle est sur la bonne voie.

— Quels sont les meilleurs résul­tats égyptiens durant les derniers mois ?

— La première compétition sous ma direction était l’Open de Paris. Nous avons disputé ce tournoi avec 20 athlètes et nous avons remporté 3 médailles, dont une d’argent pour Giana Farouk (-61 kg) et 2 de bronze pour Menna Shaaban (68 kg) et Mohamad Ramadan (-84 kg). Puis, nous avons disputé la Premier League de Dubaï et l’équipe a réalisé une prouesse en décrochant 4 médailles, dont une d’or, une d’argent et 2 de bronze. Ensuite, dans la Series A d’Autriche, la sélection continue sur son élan en obtenant 4 médailles dont une d’or, une d’argent et 2 de bronze. Enfin, l’équipe a disputé, le mois dernier, la Premier League de Rabat au Maroc. Et nos karatékas ont rem­porté 4 médailles, dont une d’or, 2 d’argent et une de bronze. La vedette de l’équipe, Ali Elsawy, a remporté la médaille d’or (-67 kg). Les médaillées d’argent sont Radwa Sayed (-50 kg) et la star égyptienne plusieurs fois championne du monde Giana Farouk, (-61 kg). Tandis que la médaille de bronze a été décrochée par Hesham Abdelgawad (-67 kg).

— Quelle est l’importance de ces médailles ?

— Ces médailles sont très impor­tantes pour les karatékas égyptiens, car elles leur offrent des points pré­cieux pour le classement olympique qualificatif pour les JO de Tokyo 2020. Grâce à ces médailles, plu­sieurs athlètes égyptiens ont confir­mé leur place dans la « Tokyo 2020 Standing », le classement qui per­mettra aux 4 meilleurs karatékas, et aux 2 premiers de chaque conti­nent, de chaque catégorie olym­pique de se qualifier directement pour le Japon. Actuellement, plu­sieurs athlètes égyptiens possèdent un bon classement olympique dans les 3 catégories de poids en kumité chez les dames et chez les hommes. Ce sont Radwa Sayed (13e en -55 kg), Giana Farouk (2e en -61 kg), Faryal Ashraf (10e en +61 kg), Ali Elsawy (6e en -67 kg), Abdullah Mamdouh (10e en -75 kg) et Mohamed Elkotbi (20e en +75 kg). De plus, en kata, Ahmed Shawki occupe la 10e place chez les hommes et Sara Assem se trouve à la 9e place chez les dames.

— Quel est le système de qualifi­cation olympique pour Tokyo 2020 ?

— Il faut savoir que le karaté fera son entrée comme discipline olym­pique lors des JO de Tokyo 2020. Un symbole fort pour cet art martial né sur Okinawa, une île située au sud du Japon. Pour ces prochains JO, les épreuves de karaté se dérouleront au Nippon Budokan, l’antre mythique des arts martiaux à Tokyo. 8 catégo­ries seront représentées — 4 pour les hommes et 4 pour les femmes — et seulement 80 athlètes pourront parti­ciper aux épreuves. Les points rem­portés aux Championnats du monde et aux Premier league et Series A compteront dans la « Tokyo 2020 Standing », le classement qui per­mettra aux 4 meilleurs karatékas de chaque catégorie olympique de se qualifier directement pour le Japon. De plus, les 2 premiers de chaque continent se qualifient. Ensuite, il y aura des éliminatoires mondiales qualificatives pour les JO pour ceux qui ne sont pas qualifiés.

— Quel est votre but principal cette année ?

— Notre but cette année est la qua­lification olympique pour Tokyo 2020 avec le maximum d’athlètes possible, dont 3 hommes et 3 dames en kumité plus un homme et une dame en kata. Afin de réaliser cela, nous avons planifié un programme qui compte plusieurs compétitions de Premier League et Series A pour améliorer les classements olympiques de nos athlètes. De plus, nous devrons disputer les Jeux africains qui auront lieu en août prochain au Maroc. Durant cette année, nous devrons effectuer deux stages de préparation à l’étranger, un en France pour s’entraî­ner avec l’école européenne et un autre stage au Japon pour s’adapter à l’école asiatique.




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