Semaine du 14 au 20 novembre 2018 - Numéro 1250
Mohamed Dawood : L’Egypte doit commencer par émettre des sukuk souverains internationaux sur les marchés mondiaux
  Mohamed Dawood, responsable mondial du financement par les sukuk auprès de la banque HSBC, revient sur l’évolution des émissions de sukuk au niveau international.
Mohamed Dawood
Gilane Magdi31-10-2018

Al-Ahram Hebdo : Quel rôle les institutions financières jouent-elles en matière de création d’un climat attrayant pour l’émission de sukuk au niveau mondial ?

Mohamed Dawood : Les institutions financières jouent sans aucun doute un rôle majeur. La meilleure preuve en est la hausse des actifs financiers islamiques, y compris des actifs bancaires et des sukuk, à 2 200 milliards de dollars en 2016. Je prévois une hausse de ce chiffre à 3 800 milliards d’ici à la fin de 2022. La plus grande partie de cette croissance revient notamment à la hausse des actifs bancaires de 7 % par an en moyenne. Il y a vraiment une forte demande de sukuk grâce à la connaissance croissante de cet outil par les investisseurs qui veulent investir dans des outils de financement islamique. Il ne faut pas oublier le rôle majeur des gouvernements, qui ont fait un travail de pionnier en adaptant leurs législations pour pouvoir émettre des sukuk souverains dans un premier temps, puis ensuite des sukuk corporate. Citons comme exemple la Malaisie, l’Indonésie, le Pakistan, le Royaume-Uni et la Turquie.

D’après vous, quel est le montant minimum de sukuk que le gouvernement égyptien doit émettre pour garantir la réussite de sa première expérience en la matière ?

— Les expériences au niveau mondial ont révélé que la question du volume est très importante pour faire réussir les émissions et attirer différentes catégories d’investisseurs étrangers. Le montant actuel des émissions varie entre 1 et 3 milliards de dollars. Plusieurs émissions effectuées par l’Arabie saoudite ont franchi le seuil des 9 milliards de dollars et d’autres de 2 milliards de dollars. En prenant en considération le volume de la demande de la part des investisseurs, il faut qu’il ne soit pas au-dessous d’un milliard de dollars. De même, il faut utiliser le dollar comme monnaie de référence. De même, il faut que les prix des sukuk soient inférieurs à ceux des obligations pour encourager le plus grand nombre d’investisseurs à opter pour cet outil de financement.

Quel est le meilleur moyen de lancer ce nouvel outil de financement en Egypte ?

— L’Egypte doit commencer par émettre des sukuk souverains internationaux sur les marchés mondiaux dans une première phase, puis sur le marché local via les institutions. Finalement, il faut ouvrir la porte aux particuliers pour leur permettre d’investir dans cet outil de financement islamique.



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