Semaine du 16 au 22 août 2017 - Numéro 1188
Karim Mohsen : Le tourisme reprendra très prochainement
  Le Conseil suprême du tourisme vient de tenir sa première réunion avec le président Abdel-Fattah Al-Sissi. Entretien avec Karim Mohsen, président de la Chambre du tourisme et membre du conseil.
Karim Mohsen
Karim Mohsen, président de la Chambre du tourisme et membre du conseil suprême du tourisme.
Dalia Farouq15-02-2017

Al-Ahram Hebdo : Comment s’est déroulée cette première réunion du Conseil suprême du tourisme ?

Karim Mohsen : Cette première réunion du Conseil suprême du tourisme, organisée par le président Abdel-Fattah Al-Sissi, s’est déroulée dans une atmosphère positive et dynamique. La tenue de cette réunion signifie que la plus haute autorité politique du pays est consciente de l’importance du secteur touristique. Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a d’ailleurs tenu un discours clair et approfondi détaillant les causes et les problèmes qu’affronte le secteur actuellement. Il est convaincu qu’il s’agit de l’un des domaines les plus attrayants pour l’investissement. Il a souligné à plusieurs reprises que la coopération entre les 15 ministres présents à la réunion et les représentants du secteur privé était un élément-clé. Enfin, il a insisté sur l’importance majeure du maintien de la stabilité et de la sécurité dans le pays afin d’assurer la relance du tourisme.

— Quel est le rôle de ce conseil dans le développement du secteur du tourisme ?

— Ce conseil a avant tout pour rôle d’assurer la coordination et le dialogue entre tous les ministères dans le but de résoudre l’ensemble des problèmes du secteur et de lui assurer un développement durable. Ce conseil sera également chargé de proposer au gouvernement une nouvelle politique nationale en matière de tourisme ainsi que des mesures garantissant sa mise en vigueur.

— Quelles ont été les décisions prises lors de cette réunion ?

— Il est difficile de prendre des décisions lors d’une première réunion qui n’a duré que quelques heures. Mais nous avons discuté de toutes les questions relatives au dossier touristique, tout en exposant les défis auxquels fait face le secteur et les moyens de les résoudre. Le président a ensuite donné ses directives dont les plus importantes étaient l’application du visa électronique et l’octroi de ces visas via Internet. Cette mesure devrait être appliquée d’ici mai prochain. La plupart des touristes européens, russes et ceux de quelques pays arabes sont autorisés à acheter leurs visas à leur arrivée dans les aéroports égyptiens. Cette mesure vise à faciliter les démarches administratives pour les touristes. Le président a aussi donné de nouvelles directives concernant la planification des destinations touristiques afin d’exploiter au maximum les atouts des stations touristiques égyptiennes.

Le tourisme reprendra très prochainement
Le visa électronique va encourager les touristes à voyager davantage vers l'Egypte.

— Quels sont les autres sujets qui ont été abordés lors de cette réunion ?

— Le président a parlé de l’importance de développer les sites archéologiques qui attirent le monde entier, en ajoutant que ceux-ci ne doivent pas faire de l’ombre aux autres sites touristiques égyptiens. Il a rappelé que le tourisme thermal et le tourisme religieux étaient deux secteurs très prometteurs. Il a également demandé qu’un agenda culturel soit mis en place afin de promouvoir les festivals, événements et conférences qui ont lieu toute l’année, surtout à Charm Al-Cheikh, à Hurghada, à Louqsor et à Assouan.

— Qu’en est-il du dossier de l’aviation ?

— Ce dossier est d’une importance capitale, puisque 90 % des touristes voyagent par voie aérienne. Le président a demandé aux responsables d’appliquer une politique de « ciel ouvert » et d’encourager les agences de voyages charters et low coast à organiser plus de vols à destination de l’Egypte.

— Quand reprendra le tourisme en Egypte ?

— Je pense que le tourisme reprendra très prochainement. Le gouvernement allemand a rétabli ses lignes à destination de Charm Al-Cheikh et a supprimé les dernières restrictions. Le Danemark et les Pays scandinaves viennent aussi de lever toutes les restrictions qui avaient été mises en place pour les voyages à destination de l’Egypte. Les rapports positifs des experts en sécurité russes, qui ont audité les aéroports égyptiens et ont confirmé l’efficacité des mesures de sécurité, devraient certainement amener la Russie à rétablir ses vols vers l’Egypte. A noter qu’au cours des deux derniers mois, il y a eu une augmentation du nombre de touristes en provenance d’Allemagne, d’Ukraine, de Chine et du Japon. Ces touristes se sont principalement rendus à Louqsor et à Assouan. Ce qui est un indice encourageant pour ces régions qui souffrent de la désertion des touristes depuis plus de six ans.

— Selon vous, quels sont les problèmes auxquels est confronté le secteur touristique à l’heure actuelle ?

— Le problème majeur du secteur touristique est le manque de rentrées d’argent. La désertion touristique a causé la fermeture de plusieurs complexes hôteliers, le licenciement du personnel, la dégradation des services et la baisse brutale des prix. Le fonds créé par la Banque Centrale pour soutenir le secteur n’a pas suffi à résoudre le problème, puisque ce fonds débloque des prêts à intérêts élevés et qui ne font que s’accumuler. De la même façon, lorsque le ministère des Finances a décidé de rééchelonner l’ensemble de nos dettes, impôts et assurances, afin de nous aider à sortir de cette crise, les intérêts se sont accumulés et l’affaire est devenue encore plus compliquée. Dernièrement, l’application de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) de 13 % sur tous les services proposés a été un nouveau coup dur. Car tous les contrats déjà signés avec les agences de voyages et les particuliers ne peuvent pas être modifiés. Et c’est le personnel du tourisme qui a payé la TVA. Une démarche difficile à assumer quand on sait que la plupart des établissements sont en déficit.




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