Semaine du 7 au 13 avril 2021 - Numéro 1369
Mohamad Sanad : J’ai accompli mon rêve de jouer en Europe, mais je ne suis pas encore rassasié
  Mohamad Sanad, le handballeur égyptien qui évolue au club français Nîmes, revient sur son exploit en Ligue européenne, où il a inscrit, à lui seul, 11 buts dans un seul match face au club allemand Fusche Berlin, l’un des clubs les plus forts de la Ligue européenne. Entretien.
Mohamad Sanad
Marianne Youssef31-03-2021

AL-Ahram Hebdo : Vous avez réalisé un record en remportant 11 buts à vous seul lors des 16es de finale de la Ligue européenne de handball qui se joue actuellement. Pouvez-vous nous en parler ?

Mohamad Sanad : C’était un match très fort contre le club allemand Fusche Berlin, un adversaire à craindre, car il est le 3e du Championnat d’Allemagne. Il a obtenu deux fois le titre de la Ligue européenne en 2015 et 2016, ainsi que deux fois le titre de la Coupe du monde des clubs en 2015 et 2018. Mon club était sur le point de perdre ce match, mais une demi-heure avant la fin, il y a eu un léger relâchement dans les rangs du club allemand, ce qui a permis à mon club de passer devant dans les dernières minutes. C’est pendant ce temps que j’ai pu marquer mes buts avec l’aide de mon collègue égyptien Ahmad Hicham, qui évolue avec moi dans le même club et qui a marqué 6 buts. Grâce à ces 17 buts, le club allemand, qui devait gagner le match, n’est plus le vainqueur, car on a abouti à un match nul 34-34. Après le match, la presse française a publié un article sur mon exploit en soulignant que je suis le meilleur buteur et le meilleur ailier droit du club français Nîmes.

J’étais comparé au footballeur Mohamad Salah, car ils ont écrit : « Liverpool football club a Mohamad Salah et Nîmes en handball a Mohamad Sanad ».

— Pouvez-vous nous parler de votre expérience d’évolution en Europe ?

— Depuis 2015, je tente de concrétiser un rêve qui m’anime depuis le début de ma carrière, qui est de jouer au handball en Europe. En 2015, j’ai reçu une offre d’un club hongrois, Komlo, promu en première division hongroise. C’était un petit club, mais je ne voulais pas regretter 10 ans après. Je n’avais rien à perdre, alors j’ai pris le risque. Après cette première expérience, où j’avais passé une seule saison, j’ai intégré le club espagnol La Rioja qui était en train de s’implanter parmi les plus grands en Espagne. J’ai par­ticipé à la Ligue des champions européenne, mais je devais quitter le club à la fin de l’année à cause d’un problème financier. Le club a perdu son sponsor numéro 1 et 10 joueurs sont partis, dont moi. En 2017, mon entraîneur Franck Maurice m’a pro­posé au président du club, David Tebib, qui a visionné plusieurs matchs dans lesquels j’ai participé. Il m’a ensuite intégré dans l’effectif nîmois. Là-bas, j’ai eu l’opportunité de jouer en Lidl Starligue, qui est l’un des meilleurs championnats au monde et qui regroupe les meilleures stars de la discipline. Avec le club Nîmes, mon niveau a nettement pro­gressé. J’ai disputé l’intégralité des journées du Championnat de France lors de ces premières saisons.

— Vous avez réalisé d’autres exploits pour votre club français. Pouvez-vous nous en donner un aperçu ?

— Oui, j’ai réalisé plusieurs exploits, dont le plus important était le trophée du meilleur ailier droit. Dans une campagne de vote organi­sée sur la page Facebook de la Ligue Nationale de Handball (LNH), j’ai remporté le vote en m’adjugeant le titre du meilleur ailier droit pour la saison 2019-2020. J’ai pu m’impo­ser parmi les handballeurs des 14 clubs professionnels que regroupe la LNH. J’ai réussi à devenir l’un des meilleurs buteurs du Championnat de France avec 288 buts pour une moyenne de 5 buts par match.

— Comment étaient vos débuts en handball ?

— Les débuts étaient en Egypte dans une famille où le sport occupe une place importante, surtout le volley, que mon père pratique par plaisir. Après la natation et le squash, j’ai découvert le handball vers mes 8 ans, poussé par mon père. Comme j’avais toujours une balle à la main, il m’a dit : « Je pense que tu devrais essayer le hand ». C’est au club Héliopolis que j’ai commencé mes premiers pas. J’ai intégré l’équipe première chez les seniors à seulement 15 ans. J’ai eu la chance de commencer dans ce club et d’avoir un coach qui aimait bien les jeunes. En 2011, j’ai intégré le club Zamalek. Pendant deux saisons, mon équipe a pris le pouvoir et a raflé tout sur la scène nationale et continentale : Championnat d’Egypte, une Ligue des champions et deux Supercoupes d’Afrique. Avec la sélection égyptienne, j’ai réalisé de nombreux exploits. En 2012 et 2014, j’ai réussi avec la sélection égyptienne de handball à décrocher une médaille de bronze aux Championnats d’Afrique des nations et une autre médaille d’or lors des mêmes championnats en 2016. La même année, j’ai participé avec la sélection aux Jeux Olympiques (JO) de Rio où l’Egypte a remporté une 9e place. En 2017, j’ai raflé avec la sélection égyptienne de handball une 13e place aux Championnats du monde en France. En 2018, j’étais finaliste des Championnats d’Afrique des nations et vainqueur des mêmes championnats en 2020.

— Quels sont vos objectifs à venir ?

— J’aspire à gagner encore des titres puisque je serai parmi le club nîmois jusqu’en juin 2023. Il est vrai que j’ai accompli mon rêve de jouer en Europe, mais je ne suis pas encore rassasié. Je rêve d’évoluer dans un autre club de première division en France ou au Danemark. Je me pré­pare bien pour les JO de Tokyo 2020 où je vais joindre la sélection égyp­tienne. Je suis ambitieux et pas encore satisfait. J’ai encore beau­coup de rêves à réaliser pour honorer l’Egypte.


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