Semaine du 5 au 11 décembre 2018 - Numéro 1253
Salah, roi d’Afrique
  L'Egypte s'est emparée de la part du lion lors des prix de la Confédération Africaine de Football (CAF), remis jeudi 4 janvier à Accra : les Pharaons et Hector Cuper décrochent respectivement les titres de meilleure sélection et de meilleur entraîneur, et le majestueux Mohamad Salah celui du meilleur joueur africain en 2017.
Salah, roi d’Afrique
(Photo : AFP)
Karim Farouk10-01-2018

« Ne cessez jamais de rêver, ne cessez jamais d’y croire ». C’est ce qu’a dit l’Egyptien Mohamad Salah dans un message aux enfants d’Afrique. Car c’est ce que lui-même a fait. En 2014, après avoir été éliminé de la liste finale pour le titre de meilleur joueur africain de l’année, Salah avait écrit sur son compte Instagram, en réponse à un message de consolation de l’un de ses fans, qu’il n’aillait pas seulement être parmi les finalistes, mais qu’il allait remporter le titre bientôt. L’attaquant des Pharaons a poursuivi son rêve et y a cru jusqu’à remporter le sacre en 2017 lors de la cérémonie des prix de la Confédération Africaine de Football (CAF) jeudi 4 janvier à Accra. « Pour moi, c’est un rêve qui se réalise. 2017 a été une année exceptionnelle où j’ai vécu des moments incroyables en menant l’Egypte à la Coupe du monde pour la première fois depuis 28 ans, et d’autres avec Rome et Liverpool. Je veux remercier ma famille et mes coéquipiers qui m’ont supporté tout au long de l’année et je veux dédier ce trophée à tous les enfants d’Afrique et d’Egypte. Ne cessez jamais de rêver, ne cessez jamais d’y croire », a-t-il dit sur la scène après avoir reçu son trophée.

Grâce à une année pléthorique (voir page 23), Salah a largement dominé le vote avec un total de 625 points devant son coéquipier de Liverpool Sadio Mané (Sénégal), qui a récolté 507 points, et le fer de lance de Dortmund, Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon), avec 311 points. La flèche de Liverpool devint ainsi le premier joueur égyptien à décrocher l’honneur depuis le sacré de la légende des Pharaons et d’Ahli Mahmoud Al-Khatib en 1983, à une époque où le prix était encore décerné par le magazine français France Football.

Mais pour Salah (25 ans), qui a déjà décroché le prix de meilleur jeune joueur africain en 2012, ce prix n’est qu’un début. « Depuis que je suis devenu un joueur professionnel, je voulais être le meilleur joueur de l’histoire de l’Egypte. Je travaille très dur chaque jour pour progresser et me développer. Je prends des risques pour évoluer et j’aime me mettre sous pression. Mon rêve ne s’arrête pas à ce titre seulement, mais je veux le remporter une deuxième, troisième et vingtième fois aussi. Donc, je sais ce que je veux et je sais comment le réaliser. Je dois continuer à travailler et poursuivre mes rêves », dit la flèche de Liverpool qui a des ambitions sans limites.

Les Pharaons et Cuper

Salah, roi d’Afrique
(Photo : AFP)

L’exploit de la sélection d’Egypte et de son sélectionneur Hector Cuper a aussi été récompensé. Les Pharaons ont remporté le titre de la meilleure équipe nationale, devançant le Cameroun et le Nigeria. Et bien que le choix ait été un peu critiqué en présence des Lions indomptables, champion d’Afrique, l’Egypte a réussi une formidable remontée en 2017. Le septuple champion d’Afrique s’est hissé jusqu’à la finale de la CAN après sept ans de galère et a pu qualifier son équipe à la Coupe du monde en Russie, en dépit du grand favori ghanéen, de l’Ouganda et du Congo, pour mettre fin à une longue traversée du désert depuis 1990.

« Ce que l’on a constaté en tout premier lieu, à notre arrivée, c’est que cette équipe manquait d’assurance en défense. Moi, je savais que l’on pouvait toujours marquer au moins un but. Il fallait donc essayer de ne pas en prendre. Ça faisait 28 ans que l’équipe ne jouait pas une Coupe du monde. Alors peut-être qu’on n’a pas proposé un football très léché, mais on est une équipe humble, travailleuse, disciplinée, qui sait donner de l’importance aux petits détails qui font gagner les matchs », a dit le sélectionneur des Pharaons, Hector Cuper, dans un entretien accordé au site de la FIFA.

Le technicien argentin a lui-même écopé le titre de meilleur entraîneur en Afrique, devançant l’Allemand Gernot Rohr, sélectionneur du Nigeria, et le Marocain Hussein Amoutta, vainqueur de la Ligue d’Afrique avec le Wydad.

« Ce que l’Egypte m’a apporté ? Un surcroît d’humilité. Je suis descendu du piédestal, je n’ai jamais dit : J’ai fait ci, j’ai dirigé ces joueurs-là. J’ai agi comme un entraîneur de football qui doit atteindre un objectif et qui doit apporter des idées et comprendre son groupe pour faire avancer les choses », ajouta l’ancien entraîneur de Valence et Inter Milan.

« J’ai la satisfaction d’avoir trouvé un grand groupe, composé de joueurs qui regorgent d’humilité. Aujourd’hui, c’est difficile de trouver quelque chose de tel dans le football, où il n’y a plus que des stars. Ici, il y a aussi des stars, mais avec une philosophie et des habitudes qui m’ont mis à l’aise. Je me suis senti à nouveau entraîneur de football ! », conclut-il.

2018 témoignera du plus grand défi pour Cuper et ses poulains : la Coupe du monde. Placés dans le groupe A aux côtés de la Russie, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, les Egyptiens rêvent d’un passage historique au second tour. « Je pense que nous avons une bonne équipe et l’on a bien joué en Coupe d’Afrique et lors de la phase de qualification pour le Mondial. Je suis très excité pour la Coupe du monde et je suis sûr que l’on ferra quelque chose de spécial », avait dit Salah qui est devenu l’icône, l’espoir et le héros de toute une nation.

Palmarès du meilleur joueur africain

1970 : Salif Keita (St-Etienne, et Mali)

1971 : Ibrahim Sunday (Asante Kotoko et Ghana)

1972 : Cherif Souleymane (Hafia et Guinée)

1973 : Tshimen Bwanga (TP Mazembe et Zaïre)

1974 : Paul Moukila (CARA Brazzaville et Congo)

1975 : Ahmed Faras (Mohammedia et Maroc)

1976 : Roger Milla (Canon Yaounde et Cameroun)

1977 : Tareq Dhiab (Espérance et Tunisie)

1978 : Karim Abdoul Razak (Kotoko et Ghana)

1979 : Thomas Nkono (C. Yaoundé et Cameroun)

1980 : Jean Onguene (C. Yaoundé et Cameroun)

1981 : Lakhdar Belloumi (Mascara et Algérie)

1982 : Thomas Nkono (Espanyol et Cameroun)

1983 : Mahmoud Al-Khatib (Ahli et Egypte)

1984 : Theophile Abega (Toulouse et Cameroun)

1985 : Mohamed Timoumi (FAR Rabat et Maroc)

1986 : Badou Ezaki (Real Majorque et Maroc)

1987 : Rabah Madjer (FC Porto et Algérie)

1988 : Kalusha Bwalya (Cercle Bruges et Zambie)

1989 : George Weah (Monaco et Liberia)

+1990 : Roger Milla (St-Denis et Cameroun)

1991 : Abedi Pele Ayew (Marseille et Ghana)

1992 : Abedi Pele Ayew (Marseille et Ghana)*

1993 : Abedi Pele Ayew (Lyon et Ghana) / Rashidi Yekini (Vitoria Setubal, Portugal et Nigeria)*

1994 : George Weah (Paris Saint-Germain et Liberia) et Emmanuel Amunike (Sporting Lisbon et Nigeria)*

1995 : George Weah (AC Milan et Libéria)

1996 : Nwankwo Kanu (Inter Milan et Nigeria)

1997 : Victor Ikpeba (Monaco et Nigeria)

1998 : Mustapha Hadji (D. La Corogne et Maroc)

1999 : Nwankwo Kanu (Arsenal et Nigeria)

2000 : Patrick Mboma (Parme et Cameroun)

2001 : El Hadji Diouf (Rennes et Sénégal)

2002 : El Hadji Diouf (Liverpool et Sénégal)

2003 : Samuel Eto’o (Real Majorque et Cameroun)

2004 : Samuel Eto’o (Barcelone et Cameroun)

2005 : Samuel Eto’o (Barcelone et Cameroun)

2006 : Didier Drogba (Chelsea et Côte d’Ivoire)

2007 : Frederic Kanoute (Séville et Mali)

2008 : Emmanuel Adebayor (Arsenal et Togo)

2009 : Didier Drogba (Chelsea et Côte d’Ivoire)

2010 : Samuel Eto’o (Inter Milan et Cameroun)

2011 : Yaya Toure (Manchester City et Côte d’Ivoire)

2012 : Yaya Toure (Manchester City et Côte d’Ivoire)

2013 : Yaya Toure (Manchester Cityet Côte d’Ivoire)

2014 : Yaya Toure (Manchester City et Côte d’Ivoire)

2015 : Pierre-Emerick Aubameyang (Borussia Dortmund et Gabon)

2016 : Riyad Mahrez (Leicester City et Algérie)

2017 : Mohamad Salah (Liverpool et Egypte)

NB : Le prix a été décerné par le magazine français France Football de 1970 à 1994.

*La CAF avait commencé son prix officiel en 1992, mais les éditions de 1992, 1993 et 1994 avaient, elles, deux lauréats.

Les prix de la CAF 2017 :

Meilleur joueur : Mohamad Salah (Egypte).

Meilleur entraîneur : Hector Cuper (Egypte).

Meilleure sélection : Egypte.

Meilleur club : Wydad Casablanca (Maroc).

Meilleur jeune joueur : Patson Daka (Zambie).

Meilleure joueuse : Asisat Oshoala (Nigeria).

Meilleure équipe dames : Afrique du Sud des -20 ans.

Prix de légende : Sunday Ibrahim (Nigeria), meilleur joueur africain en 1971.

Prix Platinium : Président du Ghana, Nana Akufo-Addo, président du Liberia, George Weah.

Meilleur dirigeant : Ahmed Yéhia, président de la Fédération mauritanienne de football.

Equipe type d’Afrique (choix des fans) :

Aymen Mathlouthi (Tunisie), Ali Maalouli (Tunisie), Eric Bailly (Côte d’Ivoire), Ahmad Fathi (Egypte), Mohamed Ounajem (Maroc), Karim Al-Ahmadi (Maroc), Achraf Bencharki (Maroc), Khaled Boutalib (Maroc), Taha Yassine Khenissi (Tunisie), Mohamad Salah (Egypte), Junior Ajayi (Nigeria).




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