Semaine du 22 au 28 mai 2019 - Numéro 1276
Le peintre qui fait voyager
  Dans son exposition Rêves de voyage, le peintre Mohamad Abla propose de parcourir avec lui le monde arabe et les pays d’Orient. Ses peintures, hautes en couleurs, associent le réel à la fantaisie.
Le peintre qui fait voyager
Le Yémen, surtout ses habitants.
May Sélim06-02-2019

Marcel Proust disait : « Levéritable voyage de découvertene consiste pas à chercher denouveaux paysages, mais àavoir de nouveaux yeux ». Et avec les yeuxdu peintre-voyageur, Mohamad Abla, nousvisitons presque tout l’Orient. Et ce, à traverssa dernière exposition « Rêves de voyage »,tenue à la galerie Safarkhan.

Le peintre nous propose des paysagestantôt fantaisistes, tantôt réels, à l’huile ouà l’acrylique, créés par de rapides coups depinceaux. Des tableaux de petits formats,d’autres plus grands nous suggèrent de lesuivre dans ses voyages qui ressemblent àde beaux rêves d’Orient. « Cette expositionconstitue une célébration de la nature, del’air, de la lumière et des odeurs de diverspays », confie Mohamad Abla.

Ce dernier dépeint par exemple le Yémend’autrefois. Un beau paysage d’architectureprimitive. Mais en réalité, le Yémen estaussi présent par ses habitants. Abla montrele peuple, avec ses habits ethniques : desfemmes couvertes de voile marchent dans larue, des hommes en Djellaba et en pantacourtsdans le marché, etc. « Chaque pays a sesbeaux paysages qui m’incitent à peindre.Au Yémen, les citoyens avec leurs coutumeset leurs couleurs m’ont impressionné. Pourmoi, L’aspect humain y était plus présent quela nature », souligne Abla.

Le rouge et le doré sèment la chaleur sur lestoiles, notamment dans les tableaux inspirésde la Chine ou de l’Extrême-Orient. Abla seplaît à jouer avec les couleurs en acrylique,adoptant la même technique que la peinture àl’huile : des coups de pinceaux rapides et descouches superposées sur la toile.

Deux tableaux, grands formats, quiremontent à 2016, résument une aventurepicturale, un tournant dans la carrière dupeintre. « Mes premiers voyages en Europeont commencé en 1978. J’étais influencépar les paysages européens et l’histoire dela peinture européenne. Parfois, on pouvaitretrouver quelques mosquées au sein de cespaysages. Tout au long de ma carrière, jen’aimais pas utiliser la couleur verte. J’avaisl’impression que je ne pourrais jamaisdessiner avec du vert. En Chine, j’ai visitéun village merveilleux, Dibu, où le vert étaitpartout. Le paysage était fascinant. J’étaistrès ému et j’ai voulu le peindre. J’ai mêmeosé jouer avec les nuances de vert et lescoups de pinceaux ». Et depuis, le peintren’a de cesse de jouer avec le vert dans sestableaux.

Dessiner l’avenir

Le peintre qui fait voyager
La ville de Jérusalem, imaginée par Abla.

Au milieu d’une vingtaine de tableauxexposés, on reconnaît Jérusalem dans uncollage. En papier doré, la coupole de lamosquée Al-Aqsa brille de mille éclats. Elleest entourée de couches de couleurs rouge,rose, orange et violet. La ville prend une allurechaleureuse. « J’ai toujours voulu visiterJérusalem, mais j’étais souvent attaqué etcritiqué de vouloir la représenter de façonréaliste. J’ai donc imaginé mon Jérusalemà moi. Le tableau porte tous mes sentimentsenvers cette ville : une nostalgie, un désir, unespoir ... C’est un rêve que je vais réaliserun jour, j’en suis sûr », indique le peintre quiimagine le changement, le meilleur comme lepire.

Pour ce qui est de l’Egypte, ses tableauxrevisitent les paysages sereins d’Al-Fayoumet du Caire. Il peint des silhouettes decouples, venus de loin. Dans un tableau signéen 2011, Abla peint le Nil parsemé de fleurs.

« A l’époque, l’eau du Nil était basse. LeNil semblait épuisé. Les fleurs étaient monpetit cadeau au fleuve. C’était juste avantla révolution de 2011 ». Il anticipait déjà lechangement ? Abla affirme qu’il voyait déjàla révolution venir. Il en était presque sûr.

Les Rêves de Voyage, tous les jours, de 11h à20h, sauf le dimanche, à la galerie Safarkhan.Rue Brésil, Zamalek.




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