Semaine du 17 au 23 avril 2019 - Numéro 1271
Egypte-France : Une danse à deux
  L’année culturelle Egypte-France a été inaugurée par une soirée de danse donnée à l’Opéra du Caire et celui d’Alexandrie. Des danses classiques à deux et des chorégraphies plus contemporaines ont engagé le dialogue entre les deux pays.
Egypte-France : Une danse à deux
Dalia Chams16-01-2019

Le chorégraphe français Marius Petipa (1818- 1910) a été le roi de la soirée de danse donnée à l’Opéra du Caire, à l’occasion du lancement de l’année culturelle Egypte-France 2019.

Car cinq des six ballets classiques présentés durant la première partie de la soirée sont chorégraphiés par lui. Il s’agissait notamment de « pas de deux », interprétés par des danseurs français et égyptiens, soit des extraits des chefs-d’oeuvre classiques : Le Carnaval de Venise (1859), Le Lac des cygnes (1895), Don Quichotte (1869), Raymonda (1898), Diane et Actéon (1899).

Ce dernier héros thébain a été interprété sur scène par le danseur égyptien Ahmad Yéhia, incarnant ce personnage de la mythologie grecque qui s’est transformé en cerf pour avoir surpris Artémis (en grec) ou Diane (en latin), en train de se baigner toute nue. En fait, ces deux derniers ballets, peu connus du public égyptien ou rarement dansés sur les planches cairotes, étaient de belles découvertes attirant de plus en plus l’attention sur le parcours de ce chorégraphe exceptionnel né à Marseille, qui a permis à la Russie de s’imposer comme la plus grande nation du ballet.

Ayant célébré ses 200 ans au mois de mars dernier, la Russie, qui l’a accueilli pendant 60 ans et l’a nommé à la tête de ses ballets impériaux pendant 40 ans, lui doit la base de son répertoire classique. C’est lui qui a fixé également le déroulement des « pas de deux », obligeant les deux partenaires de danse à un travail conjoint précis et empreint de virtuosité. Car dans la tradition classique, le « pas de deux » représente l’apogée virtuose du ballet, l’instant où le couple d’étoiles brille de tous ses feux. D’où le caractère de la soirée qui a mis l’accent sur le talent des jeunes danseurs égyptiens et français.

Ces derniers venus spécialement de l’Opéra de Paris, tout comme le chorégraphe Gregory Gaillard qui a signé la deuxième partie de la soirée, notamment une danse contemporaine interprétée par le groupe français créé en juin 2018 Indépendance. Deux jeunes danseurs de l’Opéra de Paris, à savoir Eugénie Drion et Isaac Lopes-Gomes, ont été à l’origine de cette initiative qui vise à repenser l’approche traditionnelle des arts de la performance.

Danse orientale de Aïda

Le groupe a ainsi interprété une chorégraphie inédite de Gaillard, sur une musique de Florian Astraudo composée spécialement pour l’occasion. Ensuite, sur un air du fameux opéra Aïda de Verdi, a dansé Sahar Helmi, la plus ancienne du ballet de l’Opéra du Caire. Vêtue d’un costume inspiré de l’ancienne civilisation égyptienne, mais aussi de celui des danseuses orientales, la chorégraphie n’était pas sans rappeler ce genre de danse très sensuel propre à l’Orient. Un clin d’oeil sympathique à l’Egypte et à sa danse traditionnelle, qui aurait pu inspirer quelque chose de plus long et de plus élaboré.

Chose que nous attendons avec d’autres spectacles prévus dans le cadre de l’année culturelle Egypte-France, dont les principales activités ont été annoncées par l’ambassadeur de France au Caire, Stéphane Romatet, la ministre égyptienne de la Culture, Inès Abdel-Dayem, et son homologue des Antiquités, Khaled El-Enany. Durant une conférence de presse tenue avant la soirée de danse, les trois responsables ont passé en revue le programme conjoint et pluridisciplinaire qui s’étendra durant toute l’année 2019, aussi bien en Egypte qu’en France.

Par exemple, le chorégraphe Walid Aouni présentera, au mois de mars prochain à Aix-en- Provence et au Caire, sa nouvelle chorégraphie de danse contemporaine Les Larmes Hadid, inspirée de l’architecte internationale d’origine iraqienne Zaha Hadid. De même, une sélection de photographes égyptiens seront invités à montrer leurs oeuvres en France.

Et une exposition sur l’Egypte à travers la caricature entre 1970 et 2010 est prévue à Paris, du 5 au 11 février prochain. En outre, l’exposition sur Toutankhamon, qui a déjà eu lieu à Los Angeles, se tiendra à Paris du 23 mars au 15 septembre. Et l’exposition sur le Canal de Suez, tenue à l’Institut du monde arabe à Paris, sera en partie reprise, probablement au Palais du Manial, au Caire.
Bref, une vingtaine de manifestations, organisées dans les deux pays, donneront une résonance particulière aux relations égyptofrançaises.



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