Semaine du 13 au 19 juin 2018 - Numéro 1229
A la découverte de nouveaux espaces sonores
  Les Journées de la musique contemporaine, organisées par la Société égypto-européenne de musique contemporaine (EECMS) du 14 au 29 avril, offrent une série de concerts et de rencontres artistiques exceptionnels.
A la découverte de nouveaux espaces sonores
Mosaik.
Névine Lameï11-04-2018

Rencontres musicales, débats, ateliers et concerts, tel est le programme des Journées de la musique contemporaine, organisées du 14 au 29 avril par la Société égypto-européenne de musique contemporaine (European- Egyptian contemporary Music Society, EECMS). A travers une programmation riche, l’événement invite des artistes de touts bords, venus notamment du pourtour méditerranéen, afin de partager leur savoir-faire et leurs talents. Le coup d’envoi est donné le 14 avril à l’espace Room, avec le percussionniste et compositeur espagnol Luis Tabuenca, fondateur et directeur du Festival international de la musique expérimentale de Burgos (Espagne). Ce dernier jouera en duo, avec l’Alexandrin Ayman Mabrouk, des improvisations libres. Mabrouk mêle tous genres de percussions — darbouka, riq, dohola, cajon, djembe, congas et autres — pour faire fusionner le son et représenter ses influences les plus diverses, jazz, latino, etc.

A la découverte de nouveaux espaces sonores
Kamilya Jubran.

Le 16 avril, Luis Tabuenca se produira en solo, au centre Ibdaa, à l’Opéra, pour y jouer quelques-uns de ses morceaux les plus célèbres, jonglant avec éléments composés réfléchis et recherches sonores subtiles, avec percussions et musique électronique, avec une liberté créative, intuitive et improvisée. Son projet Solos est inspiré de la série Los caprichos (les caprices), soit d’une série de gravures satiriques du peintre espagnol Francisco de Goya qui tourne en dérision la société espagnole de la fin du XVIIIe siècle.

Si, avec sa technique mixte d’eauxfortes, d’aquatinte et de pointe sèche, Goya utilisait ses empreintes pour condamner les « folies » et les « sottises » universelles de la société espagnole de son temps, Tabuenca offre, quant à lui, une compilation de quatre solos pour percussions, suivant une stratégie de compositions différentes. Ses Solos sont pleins de drame nuancé, de tension saisissante, de couleurs vibrantes, avec un ton chaud et résonnant. Un beau jeu de contraste entre le silencieux et le sonore, la raison et l’absurde ou encore la logique et la fantaisie.

A la découverte de nouveaux espaces sonores
Ayman Mabrouk.

L’Egyptien Saber Abdel-Sattar, professeur de qanoun (cithare orientale) à la Maison du luth arabe au Caire, sera au rendez-vous le 21 avril, à l’Institut Goethe. Il partagera la scène avec d’autres musiciens de la Troupe du Nil des instruments populaires, regroupant des virtuoses du rebab, du mizmar et de l’arghoul. Abdel-Sattar jouera également, le même soir, avec l’ensemble allemand de musique contemporaine Mosaik. Au programme, l’oeuvre du compositeur belge Gregory d’Hoop, inspiré du mowachah araboandalou Lamma Bada Yatathana ; Taqsim Aala Taqsim, de la Libanobritannique Bushra El-Turk ; White Eyes Erased, de l’Allemande Sarah Nemtsov ; Première mondiale 2018 pour qanoun, de la Philippine Feliz Anne Macahis. Ainsi que des oeuvres pour clavier et violon du Danois Kaj Duncan David.

En quête d’un art plus global

A la découverte de nouveaux espaces sonores
Oliver Schneller.

Composé de Bettina Junge (flûte), Christian Vogel (clarinette), Roland Neffe (percussions), Ernst Surberg (clavier-piano), Chatschatur Kanajan (violon), Karen Lorenz (violon), Mathis Mayr (violoncelle) et Arne Vierck (électro), l’ensemble allemand Mosaik jouera le 23 avril au Palais Manesterli. Au programme, Twilight Dialogues d’Oliver Schneller (Allemagne) ; Voix interdites d’Ahmed Essayad (Maroc) ; Integration de Amr Okba (Egypte-Autriche) ; Stitching II d’Ehsan Khatibi (Iran) ; Première mondiale pour qanoun, violon, violoncelle et percussions de Samir Amarouch (Maroc-France) ; Mannequin losses de Bushra El-Turk (Liban) et Il regno dell’acqua de Zad Moultaka (Liban).

Mosaik est un ensemble de jeunes instrumentistes et compositeurs fondé en 1997 à Berlin. Formation expérimentale polyvalente et particulièrement multiforme, créative et aventureuse, Mosaik est l’un des ensembles les plus renommés d’Allemagne en matière de musique contemporaine. A la recherche de nouvelles perspectives spectaculaires — via les médias numériques, les arts visuels ou l’art de la scène — pour ses compositions, Mosaik transcende les frontières en quête d’un art plus global. D’où le titre It’s Global ! donné à la soirée de Mosaik.




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