Semaine du 20 au 26 septembre 2017 - Numéro 1192
Une Blanche Neige à l’égyptienne
  Le metteur en scène Mohsen Rizq propose une nouvelle adaptation du conte de Blanche Neige. Il s’agit d’une comédie musicale éblouissante, semant l’humour et la gaieté sur les planches du théâtre Abdel-Moneim Madbouli.
Une Blanche Neige à l’égyptienne
Blanche Neige et les Sept Nains. (Photo: Bassam Al-Zoghby)
May Sélim 09-08-2017

Quand un metteur en scène choi­sit d’adapter une oeuvre légendaire connue de par le monde, il se trouve face à un grand défi. Comment peut-il réussir à créer sa propre version de l’histoire, sans rester collé à l’image stéréotypée de l’oeuvre ? Comment dépasser son succès universel ? Le metteur en scène Mohsen Rizq en est bien conscient. Il a adapté et monté, merveilleusement, depuis juin der­nier, Blanche Neige et les sept nains sur les planches du théâtre Abdel-Moneim Madbouli. Ce conte collecté par les frères Jacob et Wilhelm Grimm est paru en 1812 et avait été inspiré par un mythe ger­manique. En 1937, le conte a été repris par Walt Disney, dans un film animé au succès indéniable.

La nouvelle Blanche Neige égyp­tienne (campée par la star des drames télévisés Marwa Abdel-Moneim) joue, chante et parle en arabe dialectal. Elle sème l’humour à tout va, inculque la morale de l’histoire aux enfants, tout en évo­quant des sujets du quotidien.

Rizq a présenté une adaptation qui situe l’histoire dans un contexte local. Il transforme le récit en un cadre fonctionnel et mise sur le jeu du théâtre dans le théâtre. Il ajoute aussi à cette version égyptienne quelques personnages comme Hour, une jeune fille qui prépare sa fête d’anniversaire. Elle se croit la plus belle de toutes et refuse d’invi­ter ses copines de l’école, alors sa mère décide de lui raconter l’his­toire de Blanche Neige. On passe ainsi, dans le spectacle, à la narra­tion fantaisiste.

Rizq n’a pas hésité à retoucher le conte original, tout en respectant la ligne dramatique de base. Il sup­prime des séquences, modifie quelques relations entre les person­nages, invente d’autres, etc.

Son adaptation est plus conforme aux normes égyptiennes d’au­jourd’hui. Le prince charmant n’est pas un homme qui tombe amoureux soudainement de Blanche Neige, mais plutôt un cousin qui l’aime depuis fort longtemps. Les nains ne sont pas des ouvriers dans une mine, mais de petits voleurs qui agissent en représailles contre la société.

L’écran de toutes les fantaisies
La mise en scène est éblouissante, misant sur les couleurs variées de l’éclairage, du décor lumineux et des toiles en 3D de Hazem Cheb ainsi que les costumes attirants de Naïma Agami. Les toiles, peintes en 3D et couvrant l’arrière-fond et les côtés des planches, miroitent tantôt l’image du palais royal, de la forêt, de la chambre terrifiante de la méchante reine, etc. Cheb réussit à travers de simples motifs, riches en détails, de nous transporter d’une scène à l’autre, aisé­ment. De plus, il a recours à un grand écran sur lequel sont projetés des des­sins de l’époque monarchique, afin de mieux introduire l’histoire. L’écran sert aussi à accentuer l’ambiance fan­taisiste. Par exemple, le feu de la jalousie qui s’empare de la reine lorsqu’elle se rappelle la présence de Blanche Neige embrase la scène, à travers l’image sur écran. De même, la fuite de Blanche Neige dans la forêt est bien révélée par un mouvement rapide de vol de chauves-souris, tou­jours sur l’écran.

Sur les planches, les comédiens jouent avec brio. Ils chantent et dan­sent ensemble et sèment un air de gaieté, accentuée par les paroles de Khaled Al-Chibani et les composi­tions de Hassan Donia. Dans la salle, les enfants suivent le rythme par leurs applaudissements et chantent avec les comédiens. La chorégraphie simple, mais assez dynamique, de Moustapha Al-Hag (interprétant le rôle du cou­sin), met en relief l’ambiance specta­culaire de la pièce.

Bref, Blanche Neige réussit à capter l’attention des petits, semant rires, chants et danses.

Dates et spectacles

Pour les vacances d’été, plusieurs formations théâtrales prévoient des spectacles pour enfants, au Caire comme à Alexandrie. En voici quelques-uns :
— Blanche Neige, au théâtre Abdel-Moneim Madbouli, à Ataba, à 19h30 (relâche lundi).
— Sahsah Lamma Yéngah, au Théâtre des marionnettes, à Ataba, à 18h30 (relâche mardi)
— Réhlat Nour, au théâtre Baïram Al-Tounsi, à Alexandrie, à partir de fin septembre.
— Les Fantômes de Hamada, au théâtre de la Bibliothèque d’Alexandrie, à partir du 19 septembre.
— Harry Potter, au Lycée Concordia à Tagammoe, le 29 août.




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