Semaine du 15 au 21 novembre 2017 - Numéro 1200
L’éternel Baïram
  Trois spectacles musicaux à succès, actuellement sur les planches, sont écrits par Baïram Al-Tounsi (1893-1961). Ce dernier continue à nous marquer quelque 60 ans après sa mort.
L’éternel Baïram
May Sélim 12-07-2017

Leila min alf leila (une des mille nuits) sur les planches du théâtre National, Youm Al-Qiyama (le dernier jugement), de temps en temps sur les planches du théâtre Al-Falaki ou dans les locaux de la troupe Al- Warcha, Al-Assal Assal (le miel est le miel) au théâtre Baïram Al-Tounsi à Alexandrie, ces trois spectacles musicaux récemment présentés au grand public suscitent moult intérêts et s’avèrent d’une grande actualité, bien qu’écrites il y a longtemps par le poète et dramaturge Baïram Al- Tounsi (1893-1961).

D’origine tunisienne, ce dernier est réputé pour ses poèmes sarcastiques et politiques, en dialectal, et pour ses maqamate (petites histoires rimées en prose), à mi-chemin entre l’arabe classique et le dialectal, ainsi que pour ses oeuvres lyriques ayant marqué les esprits. 56 ans après sa mort, l’auteur revit sur les planches, son succès devient presque phénoménal, enregistrant des recettes records dans les annales du théâtre égyptien.

En écrivant l’opérette, Leila Min Alf Leila (une des mille nuits) pour la radio dans les années 1930, Al-Tounsi était sans doute hanté par l’ombre magique des contes anciens des Mille et une nuits. Il était également très influencé par le roman de l’auteur irlandais Justin Huntly McCarthy If I Were a King (le roi des gueux). Il a alors situé son texte à Bagdad, évoquant l’époque des Abbassides, sans vraiment le dire explicitement. Il dote son texte d’une valeur universelle, tout comm les Mille et une nuits, optant pour un langage poétique rimé, à mi-chemin entre le classique et le dialectal. La pièce, autrefois mise en musique par Ahmad Sedqi, devient au fil des ans une oeuvre du répertoire classique égyptien, à portée universelle. De par sa nostalgie et sa grande éloquence, la pièce fait salle comble depuis des mois.

C’est la fin !
Youm Al-Qiyama (le dernier jugement) l’opérette écrite par Al-Tounsi, pour la radio, dans les années 1940, est composée par son compagnon de route Zakariya Ahmad. Elle a été récemment reprise par la troupe Al-Warcha de Hassan Al-Guéretli qui explique : « Les héritiers de Zakariya Ahmad m’ont demandé de célébrer son anniversaire. Après avoir fouillé dans son patrimoine, j’ai trouvé que l’oeuvre de Youm Al-Qiyama m’a paru de grande actualité ». Le spectacle, s’inspirant d’une histoire vraie qui a eu lieu en Egypte vers le XVIIIe siècle, évoque une rumeur que les gardes de la sécurité ont propagée, afin de détourner les regards de la crise économique battante qui touchait le pays. Pour ce faire, ils ont répandu parmi les petites gens que la fin du monde serait dans deux jours. Toutes les tares de la société sont ainsi de mise, à travers une forme lyrique, abordant des sujets comme la corruption, la guerre, l’amour, la désobéissance, etc. Le public est toujours touché par les paroles, la musique et l’interprétation des interprètes. « Les paroles des chansons nous proviennent de loin ; elles sont gravées dans nos mémoires. Je ne peux dire où et quand je les ai entendues, mais elles ont un impact particulier sur mon âme », lance un spectateur, à la sortie du théâtre.

Un autre, après avoir assisté au spectacle Al-Assal Assal, dit en souriant : « Ces vers continuent à décrire notre quotidien ». L’authenticité de Baïram Al-Tounsi touchent les âmes plus que jamais. La sincérité finit toujours par l’emporter .




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