Semaine du 6 au 12 décembre 2017 - Numéro 1203
Le chasseur de prix
  Le « Sindbab d’Egypte », c’est le surnom attribué à Sayed Abdel-Rassoul, par le critique d’art Mohamad Kamal, dans le catalogue du centenaire de l’artiste à Ofoq1.
Le chasseur de prix
Al-Sabahiya.
Névine Lameï17-05-2017

Cet artiste qui a sillonné l’Egypte, de long en large, a d’abord obtenu en 1936 un diplôme en poterie des écoles industrielles, au Caire. Puis, il a décidé de poursuivre ses études en 1936, à l’Institut Léonard De Vinci, ensuite à la faculté des beaux-arts (section libre), entre 1939 et 1946. C’est d’ailleurs aux beaux-arts qu’il a fait la connaissance de son maître et mentor, l’artiste-peintre Ahmad Sabri. Contrairement à ce dernier, favorisant la composition académique occidentale, Abdel-Rassoul se libère de toute fascination pour l’école européenne de la peinture.

Entre 1946 et 1949, il a résidé, comme pas mal d’artistes de son époque, à l’Atelier de Louqsor. Et a même bénéficié d’une bourse du gouvernement égyptien, qui lui a permis de financer son séjour là-bas. La ville de Louqsor l’a fasciné de par ses temples et ses tombes. Les dessins pharaoniques sur ceux-ci l’ont d’ailleurs marqué à vie, notamment l’aspect anthropomorphiste (tendance à attribuer aux divinités des caractéristiques propres à l’homme et aux animaux).

Abdel-Rassoul part ensuite pour l’Italie, en 1950, et obtient un diplôme en peinture de l’Académie des arts à Rome. Il a par la suite effectué des études en poterie à l’Institut Conti Verdi, et de lithographie à l’Institut Saint-Giacomo. Là-bas, il a fait une autre ren­contre déterminante avec le journaliste et peintre Massimo Campigli, à qui il a emprunté un style figuratif très proche de l’abstraction, de par sa composition et des dessins géomé­triques influencés par le purisme de l’esprit nouveau, qui s’attache à la vie quotidienne.

Professeur de peinture à l’Institut Léonard De Vinci, à la faculté des arts appliqués, à l’Uni­versité de polytechnique, à l’Université de Aïn-Chams et à l’Académie des arts, Abdel-Rassoul a été de même un chasseur de prix. Sa sculp­ture Les Porteuses de jarre lui a valu, en 1940, le premier Prix de l’Etat égyptien, à la compéti­tion de Mahmoud Mokhtar. En 1958, il a été le premier artiste à recevoir la Médaille de la science et des arts du président Gamal Abdel-Nasser. Il a ensuite remporté le Prix de l’en­couragement de l’Etat, pour sa peinture Al-Sabahiya (le premier jour de mariage). Cette peinture montrait le cortège familial qui devait se rendre le matin chez les nouveaux mariés, afin de leur souhaiter bonheur et leur ramener un repas succulent à la hauteur de l’occasion.




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