Semaine du 8 au 14 août 2018 - Numéro 1237
Les Arabes face au racisme israélien
Mohamed Al-Saïd Idriss08-08-2018
 
 

Pendant des années, les fondateurs et les alliés de l’entité sioniste, avec à leur tête la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, n’ont fait que voiler les enjeux cachés derrière sa création. La stratégie de domination de l’entité sioniste a de tout temps reposé sur deux astuces : la ruse et les chocs contre ses adversaires.

Au moment opportun, les Israéliens provoquent des chocs en déclenchant des guerres expansionnistes et en adoptant des politiques oppressives vis-à-vis du peuple palestinien et des Etats arabes voisins.

Les dirigeants israéliens se sont empressés de proclamer Israël Etat démocratique pour cacher sa réalité raciste, toujours pour gagner du temps et pour duper le monde. Ils ont choisi la duperie comme stratégie de base et ont caché leur identité raciste et expansionniste. C’est la raison pour laquelle ils ont refusé l’initiative de paix arabe lancée au cours du Sommet de Beyrouth en 2002. Cette même initiative stipule le retrait total d’Israël des territoires arabes occupés en 1967 en contrepartie d’une normalisation totale entre les Arabes et Israël. Les Israéliens ont rejeté l’initiative parce qu’ils voulaient arracher aux Arabes une paix et une normalisation totales sans en payer le prix.

Aujourd’hui, ils cherchent à imposer sur le terrain cette vision. D’où cette « loi de l’Etat-nation » qui fait de la Palestine la terre et la nation du peuple israélien seulement. Selon cette loi, seuls les juifs ont le droit à l’autodétermination sur cette terre, l’hébreu est la langue officielle et les Arabes sont une simple minorité. Partant, les Arabes de la Palestine n’ont qu’à choisir entre deux options : quitter les lieux ou accepter un statut de citoyens de seconde zone.

Ainsi, Israël a dévoilé au grand jour son racisme sans se soucier le moindre du monde des principes démocratiques. Ce n’est pas tout. Israël a légitimé ce racisme en adoptant cette loi qui donne la primauté à la judaïsation. La loi stipule qu’Israël est la patrie du peuple juif, et qu’il possède, seul, le droit à l’autodétermination. Le texte considère donc la présence arabe comme « colonialiste » et la guerre de 1948 comme une guerre d’indépendance. Pour Israël, l’occupation des terres à Jérusalem et en Cisjordanie n’est pas une colonisation, mais une opération d’expansion au profit de la patrie israélienne. La loi mentionne littéralement que « le Grand Jérusalem unifié est la capitale d’Israël », que l’hébreu est « la langue officielle » et que l’immigration, qui garantit la citoyenneté, est « réservée aux seuls juifs ». Ceci dit, le droit au retour des Palestiniens est spolié.

Le chef du gouvernement, Benyamin Netanyahu, a eu l’audace de déclarer, en s’adressant au monde entier et bien entendu au monde arabe : « 122 ans après que Théodore Herzl eut lancé son rêve, nous voilà en train d’établir la loi qui est la pierre angulaire de notre existence ». Ce qui a attiré également l’attention, c’est que le député Avi Dechter, promoteur de la loi, a tenu à clarifier aux dirigeants et aux députés du peuple palestinien à la Knesset qu’ils sont appelés à respecter les limites de la loi. Selon lui, l’ultime objectif des Arabes est l’égalité avec les autres minorités, et non pas l’égalité sur le plan national. « Aucune minorité ne peut changer les symboles de l’Etat. Israël n’est pas un Etat binational ou bilingue et ne le sera jamais. Israël est un Etat national pour les juifs », stipule par ailleurs la loi dont l’application s’étend à Jérusalem et à la Cisjordanie dans le cadre d’un plan expansionniste.

La loi, pour ainsi dire, anéantit complètement la solution des deux Etats et même l’option d’un Etat binational composé d’Arabes et de juifs. Le message qu’ils veulent transmettre à travers cette loi est que les Palestiniens et les Arabes n’ont plus d’alternative que d’accepter le fait que la Palestine soit réservée aux seuls Israéliens. Les Arabes sont appelés donc à oublier complètement le principe du droit au retour des Palestiniens.


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