Semaine du 18 au 24 avril 2018 - Numéro 1221
Le Salon du livre, un véritable rayonnement culturel
Mohamed Salmawy07-02-2018
 
 

J’ai été bien heureux de découvrir que la 49e édition du Salon international du livre du Caire a connu une énorme évolu­tion pour redevenir le plus grand foyer de rayonnement culturel. Et ce, après les années turbulentes qui ont fortement touché ce ren­dez-vous et face auxquelles les responsables du salon ne pouvaient rien. Je peux même dire que le salon est devenu cette année le principal foyer de rayonnement culturel du monde arabe. J’ai eu l’occasion de visiter tous les salons du livre des pays arabes sans exception. J’ai également participé ces der­nières années aux événements culturels qui abondent dans le monde arabe. Cependant, on ne peut trouver cette diversité et cette expan­sion qui caractérisent le Salon du Caire dans nul autre événement culturel. En effet, l’an­née dernière, plus de 4 millions de personnes ont visité le Salon du Caire, soit un chiffre plus grand que la population de certains pays membres de l’Onu. Cette année, tous les indices prouvent que le nombre de visiteurs sera encore plus grand. Dans ce contexte, le Salon international du livre du Caire devance les grands salons étrangers comme ceux de Frankfort, Londres et Toronto, ainsi que les autres salons que j’ai eu l’occasion de visiter ou auxquels j’ai assisté. J’ai également été reçu comme invité d’honneur dans certains événements similaires, comme le Salon du livre de Montréal au Canada, l’un des plus importants en Amérique du Nord.

Certains salons du livre, comme celui de Frankfort, sont spécialisés. La plupart des visiteurs sont alors des éditeurs qui recher­chent les dernières publications et qui concluent des contrats d’édition ou de traduc­tion. Par contre, les visiteurs du Salon du livre du Caire sont en majorité des citoyens ordinaires, car il représente une occasion pour acquérir des livres à des prix moins chers et pour assister à différentes activités culturelles qui s’y tiennent.

La 49e édition du Salon du livre a connu un essor dans plusieurs aspects. Il compte plus de 1200 pavillons pour 850 maisons d’édi­tion égyptiennes, arabes et étrangères. Les activités culturelles ont augmenté avec en tête la tente des arts et l’amphithéâtre qui présente des spectacles tout au long de la journée.

Ce qui m’a le plus ébloui cette année c’est le pavillon des enfants qui occupe une superficie de 2000 m2. Car il ne s’agit pas seulement d’une exposition de livres pour enfants. Il y avait aussi de nombreuses activités artistiques comme le dessin, les jeux, la pote­rie et le théâtre. Cet intérêt parti­culier accordé à l’enfant n’était pas présent dans les précédentes éditions du Salon du livre du Caire. Par ailleurs, je me suis lon­guement arrêté dans la tente de Halayeb et Chalatine où j’ai pris plaisir à admirer les arts de cette région qui sont présentés pour la première fois au public. On s’évertue à répéter jour et nuit que cette région constitue une partie indivisible du pays, cependant, on ignore tout de son patrimoine et de son folklore. Présenter ce patrimoine aux visiteurs du salon, en majorité jeunes, a un objectif évident. Je mesuis aussi longuement arrêté devant une autre superficie de 2000 m2 consacrée à Al-Azhar dans l’espoir que la pres­tigieuse institution religieuse aura saisi l’occa­sion pour répandre le rayonnement religieux qui contribue au renouvellement du discours religieux dans lequel elle peine à réaliser une quelconque avancée.

Cependant, le phénomène qui a le plus attiré mon attention est certainement le grand nombre de bénévoles, en majorité des étudiants, qui guident les visiteurs vers les différents pavillons. Les étudiants de la faculté de com­munication contribuent à la gestion médiatique du salon, alors que les étudiants des beaux-arts présentent aux visiteurs des pancartes de calli­graphie arabe.

En fait, le salon a accordé cette année un intérêt particulier aux jeunes. Dans ce contexte, il présentera les prochains jours un concours pour les initiatives des jeunes et octroiera des prix financiers importants pour les meilleures initiatives dans les divers domaines artistiques, culturels ou technologiques.

Il nous incombe de présenter toute notre estime et tous nos remerciements à tous ceux qui ont travaillé pour la réussite de cette impor­tante manifestation culturelle depuis la fin de la précédente édition, avec en tête le président de l’Organisme général du livre, Haytham Al-Hag Ali qui a travaillé jour et nuit pendant des mois. Il a présenté de nombreuses idées qui ont été exé­cutées avec succès et qui ont contribué à conférer un caractère particulier à cette édition. Nous ne pouvons ignorer l’intérêt par­ticulier accordé par l’ex-ministre de la Culture, Helmi Al-Namnam, qui a aplani tous les obstacles. Sans ses efforts, cette édition n’aurait pas été aussi distinguée. Tout ceci nous pousse à espérer l’année pro­chaine une session particulière sous la prési­dence de la nouvelle ministre de la Culture, Inès Abdel-Dayem, qui possède certes une vision culturelle distinguée, ainsi qu’un sens évident de la gestion. La prochaine édition marquera le cinquantenaire du Salon du Caire lancé pour la première fois par l’inoubliable Soheir Al-Qalamawi depuis le Terrain des congrès à Guézira sur lequel a été par la suite construit l’Opéra du Caire, dont Inès Abdel-Dayem a été la meilleure présidente. Nous aspirons à ce que la prochaine édition soit la meilleure parmi toutes les éditions précé­dentes. Il convient donc de la préparer dès maintenant non seulement au niveau local et arabe mais aussi au niveau mondial.




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