Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2014 - Numéro 1047
Quel système économique pour l’Egypte ?
Chérif Delwar20-03-2013
 
 

La situation préoccupante actuelle exige de nous dépêcher d’appliquer un nouveau système économique prenant en considération les résultats négatifs de notre expérience avant et après la révolution, ainsi que les expériences relatives au développement économique et social au niveau international.

La nouvelle Constitution égyptienne a laissé la porte ouverte en ce qui concerne la détermination de l’identité économique de l’Egypte. Les principes économiques cités dans la Constitution se contentent de faire allusion à l’égalité des chances pour tous les citoyens, à leurs droits politiques et sociaux et à la nécessité de donner la priorité à la justice sociale. La troisième partie du premier chapitre fixe des cadres généraux convenables à des applications économiques variées au niveau des opportunités de travail, de la production, de la garantie de la justice dans la distribution des revenus, de la protection des droits du consommateur et de la protection des droits des travailleurs. Et les articles 205, 206 et 207 abordent les prérogatives de l’Organisme central des comptes, la Banque Centrale et la création des conseils économiques et sociaux. Le fait que le législateur n’a pas déterminé l’identité de l’économie égyptienne dans la Constitution est une chose positive pour deux raisons.

Premièrement, parce que la détermination d’une identité fait perdre aux partis politiques le droit de former des visions politiques de gauche, de droite ou de centre. La seconde raison est que l’environnement économique est en changement continu aux niveaux intérieur et extérieur, ce qui nécessite une mise à jour dynamique des stratégies et des politiques de développement.

Avant tout, nous devons nous demander pourquoi le système économique et social de l’Egypte a échoué au point de provoquer cette explosion en janvier 2011, puis l’insatisfaction des foules envers les gouvernements de l’après-révolution. Y a-t-il des systèmes économiques appliqués dans d’autres pays et que l’on peut adopter ? Le radicalisme qui a connu une large propagation à l’époque de Reagan et de Thatcher et qui a été adopté en Egypte par les gouvernements de Atef Ebeid et d’Ahmad Nazif en Egypte, voit dans la libération du marché la meilleure solution aux problèmes de développement.

Or, depuis la crise de 2008, le monde a assimilé les répercussions destructives de la libération monétaire accompagnée par une hausse croissante de l’activité monétaire dans le PNB au détriment des taux de production et des actifs producteurs. C’est ainsi que les articulations de l’Etat national ont été détruites pour être remplacées par l’Etat-marché qui s’est effondré dans nombreuses parties du monde, y compris en Occident. C’est alors que de nouvelles élites se sont formées dont l’unique moteur est l’argent et qui n’accorde aucun intérêt aux problèmes généraux. Ceci a alors causé la destruction du tissu social et les peuples ont réclamé directement leurs droits sociaux et économiques dépassant les partis politiques traditionnels devenus impuissants en raison du manque de sources de financement des campagnes électorales, ce qui a anéanti leurs bases populaires. Dans ce contexte d’affolement pour l’argent, les médias se sont aussi transformés en agences de relations privées avec les hommes politiques et les hommes d’affaires au lieu de jouer le rôle de conscience et de mémoire des nations.

La participation aux risques constitue la base éthique de l’action économique dans l’objectif de réaliser une consistance sociale. De plus, le système monétaire en Chine, en Inde et jusqu’à récemment dans de nombreux Etats asiatiques qui ont réalisé un progrès, reste fermé en ce qui concerne la libération de la monnaie nationale et des restrictions sévères sont appliquées sur les flux monétaires entrant et sortant des pays. Il faut surtout compter, malgré la pauvreté, sur l’épargne et non sur les prêts pour activer le développement.

La problématique en Egypte réside dans le fait que les gouvernements consécutifs n’ont pas assimilé que le système appliqué pendant la première décennie du siècle devait être radicalement modifié. Cela reste donc à faire.



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